Je photographie beaucoup de choses, mais, le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne suis PAS une photographe animalière !
J’aime pourtant photographier les petites bébêtes que nous côtoyons quand l’occasion se présente, souvent des insectes communs ou des animaux de compagnie mais je ne suis à la recherche d’aucune performance photographique. L’espèce rare captée au 600mm à 5 heures du matin, ce n’est pas pour moi !!
Ainsi, l’image ci-dessous n’est pas une photographie animalière au sens où on l’entend généralement.
Cette simple mésange bleue posée sur la balustrade de mon balcon donne une photo plus « jardin » que « nature ».
La lumière n’a rien d’exceptionnel et la netteté laisse à désirer !!
On est bien loin de l’exploit photographique que recherchent nos compatriotes animaliers et pourtant, je trouve que cette image dégage une certaine poésie… justement, peut-être, parce que la lumière est douce, la photo légèrement floue, la mésange pas trop grande dans l’image et la balustrade présente…
Composition à l’inverse de notre sens de lecture et cadrage panoramique (cinématographique ?!) ajoutent encore à l’atmosphère sereine, assez zen… Enfin, les tonalités parfaitement assorties entre les plumes de mon modèle et le fer forgé moussu par endroits donnent la petite touche finale !
Encore une fois, on dirait que l’ambiance a primé sur la technicité… Et n’est-ce pas mieux ainsi ?
Bonne journée !
Subtilité et sensualité bien féminine. J’y suis réellement sensible et je préfère de loin cette poésie au parfait « piqué » recherché par les techniciens de la photo. Belle journée, dame poétesse.
L’exploit technique a déjà été réalisé 1000 fois et on a déjà vu 1000 fois les mésanges bien « piquées » . J’éprouve beaucoup de plaisir à les voir ainsi, parce que ces petits oiseaux sont vraiment « craquants ». Mais j’éprouve encore plus de plaisir à les regarder tels que tu nous les présente parce qu’effectivement, comme tu le dis, tu y as ajouté de la poésie.
Ceci dit, pour moi, c’est une photo « animalière » au sens où JE l’entend : le sujet est un oiseau ET pris dans son environnement (on les trouve dans les jardins) ET pris par l’oeil d’un photographe qui a son style !
Au fait, tu parles de panoramique : tu l’as pris directement comme ça ou c’est un recadrage? Parce que de mon côté, je viens de passer 1 semaine avec un panoramique, et pfiuuuu …. pas facile !
Laurence a tout dit.
Bien d’accord avec toi, Anne-Laure !
Je m’interesse peu ou prou à la photo animalière, étant bénévole à l’Afpan, qui organise le Festival de Photo Animalière et de Nature de Montier-en-Der, certainement une des plus importante (en France surement, en Europe et au Monde peut-être !) manifestation consacrée à ce genre de photos. On y voit pourtant tout ce qui se fait de mieux en la matière, et je me pose pourtant souvent la question de l’émotion. On y voit sans aucun doute possible de magnifiques « documents », des « exploits techniques » comme tu le dis, mais rares sont les photos qui expriment un réel sentiment ou suscitent une réelle émotion (il y en a, bien sûr, mais relativement peu en regard de la quantité de photos exposées).
En tout cas, ta petite mésange est fort sympathique, d’autant plus que les couleurs de l’oiseau et du décor se répondent.
Bonjour Anne-Laure
(ça faisait longtemps ^_^)
Je partage à 2000% ton interprétation de ce que « devrait » être la photographie animalière, qui – par effet de mode, mais également par recherche de l’exploit et du sensationnel – a tendance à privilégier la promiscuité au détriment de l’ambiance, de l’émotion et (paradoxalement) du « documentaire ».
Plus j’avance dans ma pratique de photo nature, plus j’apprécie (et je pratique !) la photo en plan large, de manière à retranscrire l’environnement autour des animaux. Le gros plan doit être pratiqué, mais ne doit pas être une finalité, car au final on peut faire « dire » ce que l’on veut à une photographie (j’ai des tonnes d’exemples de photos qui paraissent « sauvages » mais qui ont été réalisées à 1m50 de ma fenêtre de cuisine, sur une branche fixée à un piquet ^_^)
La photo d’ambiance, c’est je pense l’exercice le plus difficile en photo nature : faire des gros plans au 600mm à 5h00 du matin, comme tu dis, n’est qu’une question de moyens techniques et de réveil bien réglé ;-)
Belle image sensible.
Je trouve que ces nuances de bleu + la tache jaune, le tout composé dans du flou, c’est très beau. Comme quoi rien ne vaut le fait de disposer de belles lumières naturelles à la prise de vue; ça vaut tous les logiciels.
La lumière est absolument SUBLIME sur cette image. Puisque la nature, c’est mon boulot, je devrais intuitivement me passionner pour la photographie animalière « au 600mm », mais il n’en est rien. Je trouve l’émotion plus difficile à transmettre en gros plan qu’en prenant un peu de recul et en donnant un peu plus d’élément de contexte, comme tu le fais là :)
Cette mésange me fait penser à sa cousine qui venait grignotter à la boule de graisse que j’avais placée derrière ma fenêtre cet hiver :
http://www.flickr.com/photos/laurentbreillat/5367593536/in/set-72157624015896649
J’aimais bien ce côté buée, un peu flou, et j’ai préféré le noir et blanc qui faisait plus ressortir cette ambiance hivernale où on est calfeutré chez soi avec un grand bol de chocolat chaud :D (bon, ok, et la lumière était un peu pourrie :P)
Salut Anne-Laure,
Voilà un moment que je n’étais pas venu commenter sur ton blog (mais je le suis toujours assidûment ;-) ).
Je partage totalement ton avis : la photo animalière ne se limite pas à aller chercher une espèce rare dans des conditions incroyables. Il y a déjà tant de vie dans son jardin.
Je crois que la fâcheuse tendance au « gros plan pleine pastille » est encore plus vraie en macro. Alors qu’il y a tellement mieux à faire …
Tu tords aussi le cou à une autre idée reçue : le piqué et la netteté ne font pas tout. Une bonne image n’est pas nécessairement celle où on peut compter les plumes de l’oiseau.
Bref, postée sur un forum, cette photo aurait certainement reçu des critiques acerbes sur sa lumière, le fond trop présent, l’oiseau trop petit et pas net, etc. Pourtant, elle est tellement sympa cette image …
Je vois que vous êtes nombreux à « refuser » le gros plan pour ce qu’il est, c’est à dire l’exploit de dire « j’étais tout près ! ».
Je me permets de revenir, pour vous inviter à lire un article que j’ai écrit il y a déjà quelques temps sur mon blog, sur le thème de « la bonne distance pour prendre une photo », et qui pourrait alimenter le débat: http://mesphotosperegrines.overblog.org/article-quelle-est-la-bonne-distance-pour-prendre-une-photo-51235609.html
En effet, la photo prend tout son intérêt quand elle ne se contente pas de « montrer », mais quand elle « suggère ».
Mais je crois que quelqu’un ici a écrit un excellent livre sur la composition, auquel vous pouvez largement vous référer !!!
Bonjour
Comme j’aime bien illustrer mes propos mais également apporter des contre-arguments, voici une petite sélection d’un site russe que l’apprécie (la sélection :)), justement pour le côté ambiance / comportement / émotif…
Un plan large comme je les aime (ici plus encensé par la lumière et la mise en avant d’un ciel orageux que par l’animal lui-même) : http://500px.com/photo/399423
Un portrait, grand classique en photo nature, mais pourtant très représentatif de l’attachement des animaux l’un envers l’autre : http://500px.com/photo/395274
Et pour finir, un autre portrait (très) rapproché qui joue cette fois sur le côté insolite de la scène : http://500px.com/photo/325511
J’aspire pour ma part plus à ce type de photo, qu’aux sempiternels gros plans d’oiseaux posés sur une branche (même si j’ai eu ma dose cet hiver ^_^)
Merci à tous pour votre participation au débat ! Je vois qu’amateurs de photographie animalière ou non, nous nous rejoignons pour apprécier les ambiances plus que les documents… Tant mieux !
Je rejoins tout à fait Cédric pour dire que le choix du grossissement n’est pas, bien sûr, le seul élément qui fait passer une image d’un document photographique lié à une recherche d’exploit à une « bonne photo nature » !
Si l’on peut éviter le cadrage plein cadre (animal en entier centré dans la photo avec assez peu de décor autour)(Ce que SebJ appelle le « gros plan pleine pastille »), on avance déjà bien, aussi, sur la voie de la photographie !!
Personnellement, j’accroche beaucoup aussi à l’approche « portraits d’animaux » même si, évidemment, elle n’est pas toujours facile à suivre, à cause de cette éternelle question du grossissement. Le fil conducteur « macro de détail mais sans les yeux » est souvent aussi plein d’attrait : gros plan de plumes, zoom sur une patte, effets graphiques avec des cadrages rapprochés et qui « coupent dans la masse » !
Francis, la bonne distance se trouve selon moi aux extrêmes, soit avec le sujet principal entier dans un décor qui a une importance (comme sur mon image), soit avec le sujet principal coupé dans le cadre d’une vue plus rapprochée. J’ai remarqué que cette classification (un peu simpliste…) en deux types de cadrages évitant l’intermédiaire du cadrage frontal fonctionne avec quasiment tous les sujets.
Ce qui est étonnant avec vos remarques sur la lumière (vous êtes plusieurs à avoir souligné que la lumière était très jolie sur cette image), c’est qu’au moment où j’ai pris la photo, on peut vraiment dire que la lumière était loin d’être ma principale motivation ! Au contraire, j’ai plutôt le souvenir qu’il faisait assez gris… Ainsi, on attend souvent un rayon de soleil marquant, les effets lumineux dramatiques style contre-jour etc mais force est de constater qu’une lumière un peu diffuse est parfois un atout non négligeable !
Laurence, le format panoramique est un choix au recadrage. Je trouve que ça donne un côté un peu cinématographique à la photo, amusant en association avec ce sujet du quotidien…
J’adhère totalement au format panoramique qui va à l’essentiel et pose parfaitement ce bel oiseau dans son environnement au moment de la prise de vue. Laurence à tout dit dès le début, je n’irai donc pas plus loin dans le débat.
J’apprécie également l’harmonie des couleurs.