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Solitude underground (le travail de la matière)


J’aime travailler la matière.
La texture, le relief, c’est ce qui crée la plus forte accroche visuelle.

Bien sûr, un bel uni bien propre est passionnant également à travailler.
Cependant, cela n’a pas le même charme que la recherche d’une texture qui contribue à donner un aspect expressionniste à nos photographies.
Sur une surface trop lisse, notre regard glisse !
Une prise en compte de la matière, éventuellement mise en valeur par un contre-jour, un travail de contraste, un angle de vue bien choisi, permet par contre au regard de fouiller le moindre recoin de l’image, à la recherche d’un effet de texture qu’il n’avait pas encore remarqué, d’un petit défaut bien maitrisé, et tout à fait appréciable.



Mon article précédent parlait peinture.
Comme vous avez dû le remarquer dans la composition correspondante, j’aime le relief des coups de pinceau, la dynamique qu’ils donnent à l’image et la proximité qu’ils créent avec le peintre.

Ainsi, travailler la texture en photographie, qu’elle soit d’origine, à la prise de vue, ou ajoutée comme un agrément pour notre image (une pincée de sel pour relever le tout) crée une proximité avec le sujet mais aussi avec l’artiste qui a contribué à le mettre en valeur.

Depuis que j’ai commencé la photographie, je me suis beaucoup intéressée aux formes, à la géométrie de l’image, à sa composition. Tout cela était lié à une perception très globale de l’image.
Ces derniers mois, mon travail est davantage orienté vers la recherche d’une certaine consistance, qu’elle soit sémantique (affirmation de l’expression photographique) ou concrète à travers ce travail sur le modelé de l’image, la matière.

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Discussion

7 commentaires pour “Solitude underground (le travail de la matière)”

  1. Ah Anne-Laure, comme je suis d’accord avec ce que tu viens d’écrire ! Tu sais, au début, quand j’ai commencé la photographie (il n’y a vraiment pas si longtemps en fait), j’ai été fascinée par le numérique, car pour la 1ère fois je pouvais « maîtriser » le développement de mes photos (avant, si je faisais 24 photos par an avec un jetable, c’était bien un grand max. Je portais le tout à la grande surface du coin des mois après, et évidemment, j’étais déçue).

    Bref, le sujet n’est pas là. Ce que je voulais dire, c’est qu’au début donc, je m’amusais dans mon petit coin à ajouter de la matière comme tu dis, à jouer sur les couleurs, les contrastes, les densités. Mais comme je n’y connaissais rien, j’étais persuadée que du coup, ce n’étaient plus des photos, que je les truquais, et que ce n’était pas bien du tout. Je les gardais donc pour moi et pour rien au monde je ne les aurais montrée, ayant trop peur qu’on me taxe de truqueuse …

    Il m’a fallu donc regarder beaucoup de photos, me perdre dans les méandres d’internet, acheter des livres de photographes et te rencontrer :) pour que finalement je réalise qu’au contraire, ce travail de « développement » est la suite tout à fait logique de la démarche photographique, et que sans lui, la photo est comme inachevée. Il y a la base, dont la qualité intrinsèque de composition et de technique est essentielle bien entendu, qui serait pour moi comme l’esquisse pour le peintre, et puis le reste qui nous permet d’affiner, d’affirmer, de pauffiner notre intention photographique.

    En tout cas, continue à nous « texturer » tes photos, j’adore !!!

    A très bientôt

    Posté par laurence |
  2. J’ai beaucoup aimé cette photo. Bien que, comme tu le sais, je sois plutôt « classique »,très portée sur les paysages nuageux, j’aime la chaleur qui se dégage de l’ensemble de la photo, les dessins dans le sol qui semblent être le reflet du mur ….
    Voilà : c’est juste mon ressenti.

    Posté par christiane Chevalier |
  3. Superbe photo qui illustre de la plus belle des manières cet article.

    Posté par Raynald |
  4. Laurence, quelle prose ! Ton enthousiasme pour la photographie est vraiment communicatif. A nous deux, on fait une sacré paire !!

    Je me sens très proche de ce que tu dis car pour moi l’enjeu n°1 du numérique a également consisté à maîtriser son image, à s’autoriser du noir bien noir et même du noir et blanc !
    Bien entendu, la retouche comme révélateur d’image, cela correspond également entièrement à mon point de vue. Il nous faut développer et tirer. Les masquages et virages sont existé de tous temps.
    La prise de vue est une des étapes de l’écriture photographique. Avant, il y a la construction d’un univers artistique, d’une manière personnelle de cadrer, de composer. C’est tout un processus. Après, il s’agit de révéler l’image par le post-traitement mais aussi de la présenter sur un support, de la présenter sur un mur ou dans un livre… de la faire d’intégrer dans une série. Tout un programme !

    Sinon, mon article évoquait le travail de la matière à deux niveau : la retouche mais également la prise de vue, comme sur ma photographie d’illustration avec ce mur fait de morceaux d’affiches déchirées.

    Christiane, ravie que cette photo t’aie plu !
    Ton interprétation correspond tout à fait à mon intention : une ambiance assez chaleureuse pour une solitude pas trop pesante et cet effet de déchirure sur le mur contaminé à l’ensemble de l’image.

    Raynald, merci beaucoup !

    Posté par Anne-Laure Jacquart |
  5. Anne-Laure bien sûr que tes photos sont « retravaillées » mais sans ce travail tes photos de « base » sont déjà extrèmement bien prises. La retouche n’apporte qu’un petit plus, il n’y a qu’à voir la photo ci-dessus.

    Posté par gaëlle |
  6. Je commence à jouer depuis peu avec les textures dans mes photos et à y prendre goût. Mais je me rends également compte que c’est ce qui fait la richesse de tes photos. Ce petit plus qui apporte beaucoup et rend une photo artistique !

    Posté par Le P'tit Nicolas |
  7. Les murs recouverts d’affiches déchirées me fascinent. il faut alors trouver le bon angle, cadrer dans ce fouillis de matières et d’épaisseurs pour essayer d’en faire ressortir quelque chose…
    Ta première photo est très belle (évidemment…!).

    J’aime le parallèle que tu tisses par rapport à la peinture expressionniste. Et encore plus quand tu parles d’ « écriture photographique ».

    NowMadNow

    Posté par NowMadNow |

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