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Dernièrement, en triant des photographies de Jacques Higelin en concert … je me suis rendue compte que je ne me dirigeait pas, au premier abord, vers les images ayant le plus de potentiel ! Dans un ensemble de photos de concert se détachent assez vite les images bien nettes, correctement cadrées, avec une expression du visage lisible, intéressante et un micro qui ne dissimule pas le chanteur. Restant un peu sur ma faim, j’ai regardé à nouveau les autres fichiers bruts. |
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J’ai revisionné les images moins bien cadrées, moins parfaites, celles qui sont moins tape à l’oeil au premier abord, qui mettent moins en valeur le sujet. Et c’est lors de cette seconde recherche que j’ai trouvé les photographies les plus fortes de ce reportage ! |
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Le potentiel de ces images était dissimulé par divers éléments perturbateurs qui réduisaient leur impact, semblant, parfois les rendre inutilisables. Il faut peut-être un peu d’entraînement pour déceler la richesse de ce genre de photographies, mais on peut trouver une vraie émotion et une originalité dans une image si l’on sait ce que l’on veut en faire. |
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Cette expérience me fait penser que, souvent, on ne choisit pas les bonnes photos ! Non pas que les photos retenues ne soient pas bonnes. Elles sont, par contre, relativement classiques, consensuelles … et notre paresse choisit les fichiers qui demanderont le moins de travail de post-traitement ! Il faut parfois pas mal d’humilité et de prise de recul pour se rendre compte qu’une image que l’on n’avait pas du tout préméditée peut se révéler meilleure que toutes celles où nous nous sommes soigneusement appliqués … de manière un peu trop scolaire sans doute ! |
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Nous avons souvent une idée trop rigide de ce que nous voulons obtenir, et c’est ce qui nous fait rater de belles images, à la prise de vue comme au tri. Un léger flou, un cadrage étrange, une sous-exposition non contrôlée, un mouvement imprévisible peuvent parfois faire sortir une image de la banalité. |
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Une bonne manière de ne pas en rester à la vision réductrice de nos espoirs de prise de vue, de notre attachement au sujet : ne pas hésiter à montrer nos images à ceux qui veulent bien nous exprimer leur ressenti ! Et savoir se laisser charmer par ces images qui nous attirent sans que l’on comprenne pourquoi… certaines cachent vraiment bien leur jeu ! |
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En prise de vue, nous essayons de voir au delà de la réalité banale et peu esthétique. Lors du tri de nos images, suivons également cette démarche ! Regardons-les au delà de leur simple apparence, comme une image en devenir pour laquelle beaucoup de choix sont encore possibles. Cette ouverture d’esprit se retrouvera sans doute rapidement en prise de vue où vous vous surprendrez à sous-exposer, essayer une mise au point différente, oser des temps de pose plus lent …. volontairement !! |
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Ainsi, le choix des photographies est une étape à part entière qu’il ne faut pas négliger dans notre processus de création ! Sachons regarder nos images différemment ! |
Les photos les plus belles sont toujours celles que l’on a pas complètement prémédités…
Souvent j’aime assurer mes arrières en prenant vingt fois le même cliché…
Au bout du compte c’est toujours le premier qui est le meilleur… peut-être parce qu’à partir du moment où l’on essaye de reproduire une première photo, on l’analyse et on perd la spontanéité de ce qui fait la photo (cadrage, lumière, gestion du flou etc…)
Merci Riri pour cet avis !
Cependant, je suis un peu réservée sur cette idée qui consisterait à penser que le non prémédité et la photo spontanée, sans analyse sur le cadrage, sans véritable intention serait ce que nous faisons de mieux !…
Bien sûr, pour nous, ces photos sont un peu magiques : on a l’impression d’avoir su saisir quelque chose d’exceptionnel sans avoir fait vraiment d’effort, d’avoir trouvé du premier coup la bonne approche !…
Mais analyser ce que l’on fait au moment de la prise de vue est quand même, de loin, le meilleur moyen de progresser ! (on peut aussi le faire après, en visionnant ses photos, mais il n’est pas possible alors d’essayer autre chose)
A nous de savoir analyser les choses au moment de la prise de vue, composer sans pour autant construire des images alors sans âme, qui ne font que respecter de froides règles techniques.
C’est un challenge que de savoir garder ce qu’il y a de bon dans notre spontanéité et l’associer à la rigueur du cadrage, et à des choix techniques réfléchis !
Entièrement d’accord avec toi. Notamment quand tu dis que cette étape de tri peut nous amener par la suite à modifier notre œil lors de la prise de vue.
Difficile du coup de savoir ensuite ce qui était prémédité ou pas, et finalement peu importe.
C’est d’ailleurs peut-être dans cela que se trouve une des différences entre une photo d’illustration et une photo artistique, avec un parti pris, une intention plus marqué pour la seconde, même si les deux peuvent être qualifiées de belles ou réussies.
A mon humble niveau, il fut un temps où je cherchais toujours à avoir une grande profondeur de champ, une netteté universelle sur l’image… et puis en grandissant (pour ne pas dire vieillissant !), j’ai compris qu’au contraire le choix de mise au point et le fait de flouter une partie de l’image sont des choix artistiques parfaits pour mettre en valeur son sujet. Du coup, il m’arrive fréquemment maintenant de faire la même photo en recherchant la profondeur de champ (informative), puis au contraire en assumant la netteté seulement sur un point (artistique). Le tri est vite fait, je crois que sauf gros pépin, je les garde toutes ;)
J’ai posté hier sur mon blog des photos d’un engin de chantier: dans mon stock d’images, prise de vues faite pour moitié complètement à contre jour, et pour moitié avec le soleil levant derrière moi… je laisse deviner lesquelles j’ai posté ! (identifier l’engin, par contre, du coup…)
Très intéressant cet article !
Pour ma part, depuis que je bosse avec des agences et des magazines, j’ai « appris » dès la prise de vue à « penser » édition : cadrages horizontal/vertical, décalage gauche/droite si possible (pour d’éventuelles couvertures), cadrages décalés permettant l’insertion de pavés textes, etc…
Pas évident mais on s’habitue très vite et cela devient un automatisme !
Vraiment intéressant ! J’ai souvent le geste « corbeille » facile alors qu’une analyse a postériori nous montrent (comme tu nous l’as démontré) une grande richesse dans les photos « ratées ».
Merci pour ce blog plein de bon sens et de richesse que je viens de découvrir (grâce au blog de Cédric)
Je viens de relire ce billet. Plus le temps passe plus je prend conscience de ce que tu viens d’évoquer. Choisir ses photos est quelque chose que j’ai toujours beaucoup de peine à faire, du reste j’en retiens toujours un trop grand nombre :)
Oh et je ne commente jamais, mais j’aime énormément ton blog. L’ouverture que tu propose sur la photographie et la façon très détendue d’en parler, pour une débutante comme moi, c’est vraiment super, j’apprends plein de choses.
Vos remarques mettent tout à fait en avant le fait que le tri est comme les autres étapes de la réalisation d’une photographie, tout à fait subjectif !
Il y a ceux qui gardent tout, ceux qui jettent sans scrupules, ceux qui gardent trop puis se débarrassent d’un coup… comme pour le reste, il est essentiel de faire dans la mesure.
Garder des photos ratées qui n’ont aucun intérêt ne sert qu’à encombrer notre disque dur, et il faudrait (bien plus souvent que je ne le fais) se dire : « c’est moche, poubelle », dès le premier visionnage.
Mais pour celles pour lesquelles on a un doute « rhaaa elle a quelque chose mais quel dommage que…. ! », mieux vaut éviter de trop balancer à la poubelle.
Car ce sont parfois des images qui valent le coup… et peut-être aurez-vous envie de les retravailler dans quelques mois ou années !
En fait, celles qu’on choisit, ce ne sont pas celles qu’on ne jette pas mais celles que l’on met de côté, qu’on retravaille et qu’on montre. Entre deux il y a un stade transitoire, un purgatoire avec des images dont on ne sait pas trop décider de la valeur, de l’intérêt.
Personnellement, je n’aime pas non plus choisir. En particulier la phase qui est un renoncement vis à vis de certaines choses.
Par contre, « élire », c’est un sacré plaisir, alors soyons enthousiastes devant nos images : n’hésitons pas à retravailler toutes celles qui nous semblent avoir un supplément d’âme !
Anne-So, vraiment ravie de lire ton commentaire sur mon site car je suis assidûment le tien !
Je vais essayer de continuer à parler ainsi de photo de manière détendue…
La photo est vraiment une activité plaisir et non une technique, et c’est ce que j’essaie de partager. :)