Expression Photo

Montrer moins pour exprimer plus

J’espère que la présentation programmée de ma série en triptyques vous a permis de garder un lien agréable avec Au Présent du Subjectif pendant mon escapade temporaire dans le Finistère… en attendant la définitive !
Me revoilà donc en direct pour vous conter mes aventures photographiques, vous faire partager mes nouvelles images et mes réflexions sur la création de celles-ci.

Les suivis me donnent également du grain à moudre en me permettant d’analyser de près vos moindres petits défauts photo ! ;)
Cela me tient toujours à coeur de vous aider à les corriger peu à peu tout en vous ouvrant l’oeil, que ce soit par l’intermédiaire du site, ou, de manière plus personnalisée, dans le cadre des suivis photographiques.

 

J’évoquais hier, dans le cadre d’un suivi, la difficulté d’aller au delà de la carte postale, en particulier lorsque l’on se retrouve dans la peau de celui qui s’émerveille dans un contexte nouveau et qui en oublie, bien souvent, de faire des images autres que celles qu’ont faites toutes les personnes dans une situation semblable avant lui !

Voici un des petits trucs qui peuvent, selon moi, nous aider à faire des photographies qui vont au delà de l’hommage à un lieu, un monument, une personne : Il s’agit de montrer moins pour exprimer plus !

Ce conseil me semble valable selon trois aspects.

 

L’INTENTION PHOTOGRAPHIQUE

D’une part, là où la carte postale a pour objectif de montrer, décrire, et existe pour des raisons documentaires, la photographie d’auteur cherche autre chose : une expression personnelle, une originalité assumée ainsi que du sens.

Il est évident que c’est en s’éloignant de la première démarche qu’on se rapproche de la seconde !

En faisant de l’ « anti-carte-postale », vous irez forcément vers une approche moins liée au sujet.
Il ne s’agit plus alors de montrer mais d’exprimer ce qu’il y a derrière, d’imaginer, parfois, de suggérer seulement pour laisser aux spectateurs de vos images la possibilité de s’approprier vos photographies.

Nous avons là le même écart qu’entre un livre qui laisse toute possibilité d’interprétation à son lecteur et un film qui donne parfois une image bien trop figée de l’histoire, à vouloir trop montrer…

 

NE PAS MONTRER EN QUANTITE

Montrer moins, c’est aussi faire l’effort ne pas surcharger nos images, de les épurer du superflu.

Montrer trop pour avoir toute l’information en une seule image, comme en photographie de presse par exemple, nous conduit souvent à des images banales, fouillis et… non subjectives !
En effet, ce sont nos choix visuels qui créent l’expression.

Être sélectif dans ce que l’on montre, c’est le point de départ d’une vraie démarche photographique.

A vouloir tout montrer, on ne montre rien !
A montrer moins, on montre mieux.

 

LA MANIERE DE MONTRER

Enfin, à l’image de la photo ci dessous, c’est aussi en montrant autrement que l’on fait partager une vision personnelle.

Travail de la lumière, brouillard, buée, reflets, ombres, cadrages close-up, jeux de flou, recherche d’une abstraction… C’est par l’intermédiaire d’artifices visuels que l’on transforme la banalité quotidienne en des photographies mystérieuses, voire magiques

Imaginez ce qu’auraient donné cette maison et cet arbre, photographiés autrement, de manière classique ?
Je n’ai pas l’image correspondante à vous montrer… car elle ne valait pas le coup d’être prise !

 

Et vous, avez-vous une véritable intention d’expression photographique ?
Savez-vous choisir ce que vous voulez montrer ?
Savez vous comment vous allez partager cela à votre manière ?

Articles liés:

 

Discussion

8 commentaires pour “Montrer moins pour exprimer plus”

  1. Magistral, voila le pendant très pro de mon propos très amateur. J’étais déjà consciente de devoir tendre à davantage d’abstraction pour mieux affirmer mes images. Je sais désormais que « Less is more » s’applique aussi en photo. Je vais tâcher de m’en imprégner lors de mes prochaines escapades.

    Posté par spiruline |
  2. Je suis toujours bousculé à la lecture de tes articles. Tes mots me donnent du grain à moudre.
    En effet, je ne photographie que dans la précipitation familial, un œil sur le plus petit ou au boulot dans le même genre d’empressement. Je photographie plus par impulsion que par réflexion sur mon sujet, l’affectif et le sensitif prévalent sur le cognitif.
    Ce qui fait que j’apprécie particulièrement tes analyses et les conseils que tu distille sur ton blog : un grand merci pour ça.

    (PS : tu as bien de la chance d’aller t’installer dans le Finistère, si j’ai tout bien compris)

    Posté par ronan |
  3. Bravo quelle belle démonstration, je tâcherai de m’en souvenir.

    Posté par gaëlle |
  4. Merci pour vos éloges !
    Je me demande parfois si je dis des banalités ou si je me répète et vos commentaires me laissent à penser que ce n’est pas le cas.

    J’ai hâte de voir tes « less is more », Spiruline ! En anglais, ça sonne encore mieux, merci pour la traduction !!

    Ronan, l’impulsion, le sensitif sont très intéressants à utiliser et il ne faut, bien spur, pas perdre ta spontanéité quand tu photographie ! Cependant, il est nécessaire de canaliser l’affectif afin de proposer des images bien construites qui seront accessibles aux autres et contiendront vraiment ce que tu souhaites exprimer.
    Prendre son temps, parfois, pour faire des images, c’est très formateur ! N’hésite pas à commencer sur des sujets non mouvants pour ne pas te sentir pressé, stressé et associer une réflexion artistique à tes impulsions photographiques !
    Oui nous projetons bien un déménagement dans le Finistère… quel chance de pouvoir espérer cette qualité de vie ! J’ai déjà hâte d’y être !

    Gaëlle, merci ! J’espère que cela te sera utile lors de tes prises de vue !

    Posté par Anne-Laure Jacquart |
  5. J’aime beaucoup ce genre d’article !

    Posté par Lark |
  6. A la lecture de cet article, je m’aperçois que je dois encore beaucoup progresser sur la composition d’une photo. C’est vrai qu’avec le numérique, on a tendance a vouloir une photo très nette avec un maximum de détails et d’informations. Et là, je vois qu’il existe un autre monde !
    D’ailleurs, j’en reste baba !

    MERCI Anne-Laure de me remettre dans le droit chemin !
    (et merci à « Aube Nature » pour son lien sur ton article !)

    Posté par David |
  7. David, Bienvenue ! (et merci à Aube Nature ! ;) )
    Je suis ravie de t’avoir fait découvrir un autre monde !

    Il est vrai que la planète photo actuelle est obsédée par le piqué, la netteté, la quantité de pixels, le détail partout (HDR)… et encore plus, en effet, les photographes animaliers.
    Comme on le disait également dans les commentaires de l’article sur le contre-jour, il y a des manières beaucoup moins documentaires, beaucoup plus créatives de mettre en valeur le monde qui nous entoure !

    A bientôt !

    Posté par Anne-Laure Jacquart |
  8. Bonjour,

    C’est Aube Nature qui m’a fait atterrir ici! Et je dois dire que cet article me fait réfléchir sur ma propre démarche en Macro.
    Comment rendre magique, irréelle l’instant que l’on veut saisir ?Où se niche l’émotion dans notre regard et comment le faire partager à ceux (nombreux, on espère) qui vont regarder nos photos?
    Et cet article ne m’amène pas des réponses, mais des pistes à explorer, des remises en question et je me dit que la persévérance ne doit jamais nous quitter.

    Merci à vous

    DOM

    Posté par DOM |

Poster un commentaire

  1. (Obligatoire)
  2. (Email valide obligatoire)
  3. (Obligatoire)
  4. Envoyer
 

cforms contact form by delicious:days