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NB : Pour mieux profiter de l’article, je vous conseille de le lire au fur et à mesure, tout en découvrant les images :) Un même sujet peut déboucher sur des images très différentes, selon l’intention du photographe, et sa manière d’interpréter ce qu’il a devant les yeux, au niveau visuel mais aussi du sens. Selon moi, le niveau d’expression va de la photo purement documentaire qui n’a pour but que de montrer de la façon, si tant est que ce soit possible, la plus objective, à la photo totalement interprétative pour laquelle le sujet n’est qu’une glaise à modeler pour obtenir tout autre chose, pur produit de notre imagination. La photo se fait alors graphique, poétique, émotive…
J’ai souhaité vous présenter différentes images issues d’une prise de vue sur un sujet précis, un parc dans lequel se trouve un château, un lac et un cygne, selon une gradation expressive. |
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Ces deux premières images correspondent à mes « prises de vue client ». A droite, ce n’est plus un reflet que j’utilise pour agrémenter l’image mais le cygne du parc. J’opte, cette fois-ci, pour un cadrage qui coupe le château, une prise de vue grand-angle et un traitement en noir et blanc .
Montons d’un cran, photographiquement parlant. |
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Lorsque, contournant le lac, je me retourne et exclus le château de ma prise de vue, je gagne en intemporalité. Le décor quasiment naturel laisse libre cours à notre imagination. A gauche, le rebord du bassin constitue une bonne ligne graphique, que j’exploite dans ma composition. Mais c’est à droite, lorsque le cygne s’approche du reflet du soleil que l’atmosphère devient la plus intéressante, alors que le contraste s’accentue encore. |
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Je déclenche plusieurs fois, me déplaçant en même temps que le cygne, sans autre intention que de saisir ce cygne en contre-jour, je l’avoue, car l’éblouissement me conduit à photographier quasiment à l’aveugle. C’est au moment du visionnage des images que je découvre avec enthousiasme ce mini arc-en-ciel qui souligne la tête du cygne… Quel effet formidable ! |
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J’avoue que j’étais, jusque hier, assez satisfaite de cette image. L’atmosphère rêveuse découlant du contre-jour, de la sérénité véhiculée par le cygne glissant sur son lac, des tonalités bleutés et de ce petit arc-en-ciel soulignant la tête de l’oiseau me semblaient en faire une photo aboutie. Et puis, dans un « eurêka » fulgurant (!), j’ai soudainement retourné et recadré la photo. Je me suis alors dit que cette fois-ci, ça y était, que c’était comme cela que cet instant, ce jeu de lumière était le mieux exploité, que j’étais au bout de ma démarche expressive sur ce sujet. |
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Le lendemain matin, c’est sous la brume que le parc s’est réveillé, pour une atmosphère tout autre mais toujours aussi propice à une certaine « poésie visuelle ». J’ai alors réalisé l’image ci-dessous, dont l’ambiance me plait beaucoup également. |
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J’espère que cet article vous a intéressé et que les images, variées, qui l’illustrent vous ont plu voire vous ont fait rêver… Et vous, avez-vous l’impression que, dans certaines de vos images, vous accédez à un niveau d’expression plus abouti et proposez des visions plus personnelles ? Croyez-moi, c’est là qu’il faut creuser !! |
C’est vraiment passionnant de suivre pas à pas ta démarche photographique qui se révèle particulièrement instructive. Tu sais comme personne nous emmener dans une autre dimension et nous ouvrir des perspectives nouvelles. Lorsque je preds des photos que je trouve trop « cul cul », j’essaie de regarder les choses d’un autre œil, sous un autre angle ou en essayant d’autres règlages. Souvent cela m’aide à dépasser le 1er degré et permet des images plus personnelles même si parfois elles ont un aspect un peu expérimental pas vraiment abouti.Mais je suis sur la voie de l’émancipation et ose toujours davantage.
… Exactement les mêmes mots et la même conclusion que Spiruline… Ouverture et évolution dictées par vos 2 livres (de chevets) et fort bien complétés par vos articles… Merci Anne/laure…
Philippe
Cygne d’étang ou signe des temps (numériques)?
Peut on jouer impunément avec les images comme on joue avec les mots?
Excellent ce cheminement qui te mène à des images beaucoup plus personnelles, de plus en plus « intéressantes ». Et c’est super d’en faire profiter tout le monde, c’est complètement dans la lignée de vos 2 livres, merci.
Je crois que bien souvent, on s’arrête à la deuxième prise, on se dit bof et on passe à autre chose … alors qu’avec un peu de persévérance (et de matériel quand-même (le toy lens ?)), on pourrait « s’émanciper » (pour reprendre le terme de Spiruline).
Bonjour Anne-Laure et merciiiiii pour cet article passionnant ! Il me semble que ce qu’il faut retenir de ce que tu dis, c’est « la recherche ». Ne pas s’arrêter, comme le dit Spiruline, au premier abord. En fait, il s’agit de toujours se demander ce qu’on aurait fait si on avait eu à créer l’image comme le fait un peintre par exemple. Comment aurions-nous disposé les éléments, comment les aurions-nous fait cohabiter, quelles teintes aurions-nous choisi. Bref, s’approprier les images que l’on fait et les rendre vraiment siennes. Pas toujours facile, pas toujours réussi, mais les esquisses sont faites pour ça, non ?
Merci à tous les cinq pour vos gentils commentaires. Je suis ravie que ce décryptage de prise de vue vous ait semblé intéressant et instructif !
Spiruline, Philippe, Laurence, « Dépasser le 1er degré » ne demande pas, en effet, que des qualités photographiques : il faut surtout en avoir l’idée, la volonté et prendre la peine de s’impliquer dans la création d’une photo originale ! Souvent, les idées viennent de proche en proche ; au départ, on ne sait pas trop où l’on va, et c’est de fil en aiguille que l’expression s’affine, parfois presque à notre insu.
Gérard, « jouer impunément avec les images » ?! J’espère bien, oui ! En tous cas, j’aime la photo quand elle se fait ludique et imaginative et je suis prête à en assumer les conséquences !!! Je ne crains pas d’être punie. ;)
L’évocation du numérique est là pour le jeu de mots, je suppose, plus que pour l’idée ? Rien de ce que j’ai exploité comme paramètres photographiques n’est spécifique au numérique : saisir un contre-jour et intégrer un flare, retourner une image, utiliser un objectif plutôt lomographique, opter pour le noir et blanc ou personnaliser le rendu couleur… tout cela avait déjà cours à l’ère de l’argentique. Concernant le dernier point, le choix de la pellicule (Velvia ou Tri X ?!) était un premier pas vers un rendu particulier puis le développement en labo permettait beaucoup de choses. D’ailleurs, les traitements réalisés ici sont proches de traitements croisés, qui correspondent à une méthode argentique d’altération du rendu de l’image qui consiste à développer la pellicule dans la « mauvaise solution chimique »…
Véro, c’est la persévérance et la créativité qui comptent bien plus que tout le reste. Le matériel apporte parfois de nouvelles options (macro, grande ouverture, vignettage…) mais ce n’est jamais le manque de matériel qui nous empêche de réaliser des photos plus expressives. Bien souvent, on n’exploite pas les spécificités du matériel que l’on possède… tout en regrettant de ne pas en avoir un autre, soit disant beaucoup plus porteur ! J’ai réalisé des photos que j’estime très créatives au compact. C’est dans la tête qu’il faut s’émanciper ; :)
Bonne semaine à tous !
Bonjour Anne Laure, je ne voulais pas polémiquer, juste te taquiner et je crois que j’ai réussi à en juger par tes explications!Quand on s’intéresse un peu à l’histoire de la photographie, on peut en effet, se demander à quel moment commence la retouche ou l’interprétation, peut-être a-t-elle toujours existé?
Très bon article qui explique non seulement la prise de vue, mais également le cheminement pour y arriver, c’est super intéressant!
Merci Anne-Laure pour cet article nous détaillant ton cheminement. Je rejoins totalement le commentaire de Spiruline.
Juste une suggestion, voir plus souvent des articles sur ce sujet.
Et merci aussi pour tes deux livres qui sont mes « livres de chevet ».
Gérard, pour ne rien te cacher, que l’on assimile toujours « interprétation de la réalité » et « retouche numérique » m’agace un peu. Ainsi, taquinerie ou pas, je préfère réaffirmer plutôt deux fois qu’une que la plupart des enjeux expressifs ont lieu à la prise de vue et que le numérique n’a pas le monopole des manipulations du rendu de nos images.
Donlope, merci beaucoup ! C’est intéressant aussi pour moi de mettre ce genre de choses « en noir sur blanc » et j’apprécie de le partager avec vous, bien sûr ! :)
Cricrimam, ravie que cet article t’ait autant plu… ainsi que mes livres !
J’aimerais aussi faire plus d’articles de ce type mais ce n’est pas évident car cela prend beaucoup de temps. Avec les coachings photo, les projets Eyrolles, les prises de vue etc., j’ai du mal à trouver autant de temps pour le site qu’avant. Je fais de mon mieux pour vous proposer une mise à jour régulière avec le Photodiary et des articles de fond de temps en temps.
Bonjour Anne-Laure,
Voilà bien le plus difficile, s’éloigner progressivement des « credo », s’émanciper, se libérer enfin. Un long chemin dont on n’est pas sûr d’arriver à le suivre avec suffisamment d’assiduité.
Merci pour cet exemple, pour tes deux livres (auxquels il faut revenir régulièrement) et pour le temps que tu (nous) consacres sur ce blog.
Merci Anne Laure pour cet article et l’ensemble de ton blogue qui nous pousse , nous bouscule et nous donne finalement l’envie d’aller voir plus loin que la photo classique bien nette et bien cadrée.
Passe de très bonnes fêtes
J aime celle couleur du cygne au milieu du plan d’eau et entre les ombres d arbres avec le château ds le fond , cette harmonie de couleurs reposante des beiges-marron/bleu renforcé; et les remous dans l eau sur le sillon du cygne quasi parallèles au reflet des arbres . Bon Noël bonnes fêtes à tous!!!!!!
quel bien bel article sur la façon de créer de belles images créatives!c’est tres interessant de voir cette réflexion autour d’un sujet photographique!!je suis rassuré qt a ma pratique!!
bonnes joyeuses fête de fin d’année!!!
Passionnant! Quel talent pour nous guider pas à pas dans ce cheminement vers un monde poétique et magique…
Que de travail il me reste à parcourir pour trouver ma route à moi mais en lisant tes articles tout semble simple et accessible ;-)
Un immense merci et encore bonnes fêtes!
Super !
merci Anne-Laure, pour cette leçon fort sympathique et qui donne déjà quelques pistes…
Joyeuses Fêtes, et merci de nous aider à faire rêver avec nos photos en suivant tes conseils ;-)
Merci, Anne-Laure, pour ces articles toujours aussi passionnants !
J’aime l’idée que la photo ne soit pas que « piqué » et gros calibre, mais une réelle expression d’une créativité artistique.
Une simple question : quel type d’objectif permet d’obtenir ce vignettage de torsion ?
Merci également pour le Photodiary que je suis avidement sur facebook !
Lily, pour obtenir ce type de rendu, il faut se tourner vers ces objectifs que l’on appelle « toy lens ». Comme celui-ci par exemple, sauf que le mien est un 11mm (plus grand angle).