Post-Traitement

Etapes de Retouche : Glowing City

J’ai décidé de vous présenter les étapes de retouche de la photographie, « Glowing city« , dont la version définitive a été présentée hier, et de vous donner quelques explications sur ma démarche et sur les processus techniques mis en oeuvre.

Attention, cet article ne constitue pas un tutoriel !
Il ne s’agit pas là d’une méthode à suivre mais d’un partage d’expérience sur la retouche d’une image.
L’ordre des actions est tout à fait personnel et peut varier selon les photos.
Ma manière de retoucher n’a en aucun cas été validée par un quelconque et hypothétique comité Photoshop !!

La suite de mon texte est rédigé au présent car j’ai vraiment écrit cet article en retouchant l’image. Au moment où j’écris les lignes ci-dessous, ma photo n’est pas encore retouchée et son rendu final n’est que suppositions.

Le résultat de chaque étape décrite est présenté sous le texte correspondant.

 

Je choisis cette image, prise à Nantes il y a quelques semaines et que je n’ai pas encore eu le temps de retravailler.
En faisant cette prise de vue, j’avais déjà en tête le rendu flamboyant que je voulais donner à cette photo.

J’avais aussi en tête les couvertures de roman que je réalise ; débouché qui explique en partie avec cette composition verticale qui laisse la place au ciel et, sans doute, à un titre.

 

Nous voilà donc dans le processus de retouche.

J’aime le rendu orangé de la ville de nuit
Je pense donner à cette image un aspect « ville incandescente », peut-être dans une optique assez science fiction façon « la fin du monde est proche » (!).

Début de la retouche, je commence à contraster globalement et par zone afin de faire ressortir l’effet lumineux.
Au niveau technique, je crée des calques pour augmenter la luminosité ou assombrir l’image par zones.

L’image devient plus vive même si je n’ai pas touché aux couleurs car contraster une photographie augmente naturellement sa saturation.

J’entreprends de travailler mon image avec une texture pour lui donner de la matière, du mouvement et une ambiance plus forte.

Cette texture est une photo du sol de mon parking.

J’utilise deux fois la même texture avec des modes de fusion différents.

Les effets sont retravaillés par zones pour accentuer ou réduire l’impact de la texture à tel ou tel l’endroit de l’image.

Il me semble que l’aspect incandescent que j’avais en tête commence à venir.
Avec cette texture, on croirait presque à des projections de lave !!

La couleur dévore un peu trop l’image à mon goût tout de même, j’éclaircis donc un peu le rouge et le jaune ce qui rend mon image légèrement moins sombre et mes couleurs moins vives.

La texture semble avoir obscurci mon image. Aussi, je rajoute un peu de luminosité et je rends le jaune à nouveau plus lumineux et moins vif.

Je retravaille la balance des couleurs afin de rendre l’image un peu plus rouge et ainsi moins « fade » que dans les tons orange.
Je recontraste légèrement les deux buildings principaux de la photo.

Je recadre la photo de manière à couper dans l’arbre le long du bord droit du cadre. Ainsi, l’image finit vraiment par un bord noir à cet endroit.

Ma dernière étape de post-traitement consiste à prendre du recul sur les effets obtenus et, généralement, à les atténuer légèrement pour ne pas obtenir une image trop artificielle.

Il est très important de toujours comparer son image avec la version d’origine ou les versions précédentes afin de vérifier que l’on ne perd pas l’esprit de l’image, qu’on ne la dénature pas.
D’un autre côté, mettre en regard la version d’origine et la version retouchée est toujours assez « terrifiant », ainsi il est essentiel également de savoir se détacher de la réalité pour se laisser porter par la fiction.

Il m’est souvent plus facile d’y aller « franco » puis de revenir un peu en arrière (par la modification de l’opacité des claques et l’utilisation de la gomme). Être trop timide au départ est moins probant artistiquement parlant et donne des résultats plus « légers », moins affirmés.

 

Je décide donc de « fondre » mon résultat retouché dans la version d’origine afin de réduire l’impact du contraste et de la texture.

Enfin, pour terminer ma retouche, je retravaille le grain et j’accentue légèrement en utilisant « netteté optimisée« .
J’assombris également quelques éléments gênant dans le noir en haut et en bas de la photo.

A ceux qui pensent que je suis une affreuse « grugeuse », je vous invite à rejeter un oeil à mon article « la retouche, un acte superflu ? »

Bien entendu, j’ai choisi ici, pour le plaisir de la démonstration, une photo qui se prêtait à un travail de retouche assez poussé, mais rassurez-vous, toutes mes images ne bénéficient pas d’un post-traitement aussi lourd !

 

Il n’y a aucune raison que la retouche soit mal vue en photographie.
Est-ce que l’on reproche à un cinéaste ses effets spéciaux ?

La photographie n’est PAS, par nature, un outil journalistique de témoignage.
Elle est ce qu’on en fait.

Ainsi, les effets spéciaux nous sont plus que permis s’ils sont crédibles !
Je n’ai aucun scrupule à retravailler mes images car je revendique haut et fort que je ne suis pas là pour montrer bêtement ce que nous avons tous les jours sous les yeux. Cela n’a aucun intérêt !
Je propose des visions subjectives, émotionnelles, expressives.
Je raconte les histoires en image, fait de la poésie parfois, ou de la « captation cinématographique ». La retouche, la création d’effets spéciaux (en mode système D, c’est ce qui me plait) fait partie de mon expression comme la magie fait partie intégrante des romans d’héroïc fantasy.

J’espère que cette photo vous aura fait rêver, vous aura apeuré peut-être, intrigué, vous aura plongé dans une situation que vous n’avez pas vécue voire qui n’existe pas !
Si c’est le cas, je dis « challenge relevé » ! ;)

 

Dans le cadre des cours de photo à distance que je propose, certaines personnes m’ont demandé un suivi orienté retouche, ce que j’ai accepté avec plaisir pour leur faire partager l’expérience que j’ai acquise à ce niveau en ce qui concerne la technique de retouche « classique » et les « trucs » de post-traitement créatif.
Si vous êtes intéressés par un tel suivi, n’hésitez pas à me contacter !

Cependant, l’objectif d’un suivi post-traitement ne peut être que je vous apprenne à « retoucher comme moi ».
Je peux vous enseigner des outils, des méthodes et vous aider à déterminer quel rendu vous souhaitez pour vos images mais ma pédagogie vise toujours à vous aider à vous épanouir photographiquement et non à vous donner des trucs pour faire comme quelqu’un d’autre.

A ceux qui souhaiteront tenter l’expérience, j’espère de tout coeur arriver à vous aider à trouver votre propre méthode de retouche à partir des « pièces détachées pratiques » que je vous aurai fournies !

 

Le post-traitement est comme notre manière de photographier.
Il nous est personnel et nous aide à mettre notre « patte » dans nos images, à définir notre style.

Et vous, quel est le vôtre ? :)

Articles liés:

 

Discussion

15 commentaires pour “Etapes de Retouche : Glowing City”

  1. Nananère, moi, je suis en train de bénéficier de ce suivi retouche ! Et je le recommande chaudement, notamment pour des personnes comme moi qui utilisent photoshop au « pur instinct ».

    En 2 séances déjà, Anne-Laure m’a appris à utiliser les calques de réglage de manière bien plus fine, pratique et précise, maintenant, je sais comment sélectionner, bientôt je saurais comment ajuster les teintes, etc… Et le must du must dans cette affaire, c’est que c’est moi qui lui ait dit sur quels sujets je préférais travailler ! Donc, pas de cours magistral, mais du pratique, du pratique, du pratique qui me sert immédiatement !

    Anne-Laure ne m’en veux pas de faire de la publicité outrancière et directe, mais maintenant que tu commence à me connaître, tu sais que quand je suis convaincue et satisfaite d’une chose, j’aime m’en faire l’écho afin de faire partager au plus grand nombre une expérience positive !

    Posté par laurence | juin 21, 2010, 18:19
  2. Bonsoir Anne-Laure,

    -Tu as vraiment réussi à garder l’ambiance de départ, tout en donnant un impact plus fort avec ce post-traitement bien pensé et le choix judicieux de la texture.

    -Comme la photo du sol de ton parking pour donner le mouvement au ciel et dont la texture englobe l’ensemble de l’image, ce qui donne aussi une impression de pluie sur les arbres.

    -On retrouve bien les nuances orangés, mais avec des tons plus vifs et bien équilibrés, ce qui permet de garder les détails.

    Un beau travail tout en harmonie.
    Tu oses et c’est ce qui fait la personnalité de tes photos.

    Merci pour tes explications.

    Et je suis d’accord avec toi quand tu dis « Le post-traitement est comme notre manière de photographier… ».

    Cordialement Ielle.

    Posté par Ielle | juin 21, 2010, 19:23
  3. C’est toujours intéressant de découvrir l’envers du décor avec toi Anne-Laure. Merci pour ces explications. J’ai découvert le b.a. ba de photoshop avec toi puisqu’au départ, je ne savais pas du tout utiliser ce programme. Grâce aux vidéos explicatives que tu m’as fait parvenir durant toute la période de mon suivi, j’ai pu me familiariser avec ce fantastique outil et y prendre goût. Je ne peux qu’encourager tous ceux qui aimeraient débuter ou progresser de s’adjuger tes conseils, ils sont précieux, tout en subtilité et véritablement adaptés à nos propres besoins.
    Bonne soirée!

    Posté par spiruline | juin 21, 2010, 21:06
  4. Simple (ou pas) et efficace.
    J’aime découvrir les coulisse d’une telle image.
    On voit très bien te travail fourni entre la première photo et la dernière image.
    Les explications sont claires.
    Depuis que je lis ton blog j’ai saisi quelques détails de ton style et c’est vrai que c’est important d’avoir sa propre signature.

    Il y a une phrase qui m’a marqué et je pense que je vais essayer très régulièrement lors de mes retouches photos : « Il m’est souvent plus facile d’y aller « franco » puis de revenir un peu en arrière »
    Il ne faut pas être timide avec les paramètres on peut avoir de bonne surprise et c’est facile de revenir en arrière.

    Merci pour ces explications.
    Elles pourrais m’amener, un jour vers ce genre de travail mais je préfère encore aujourd’hui travailler ma signature à la capture.

    Posté par snash | juin 21, 2010, 22:18
  5. J’apprécie ta façon d’expliquer en toute humilité ta façon de travailler.
    Je suis tout à fait d’accord également avec toi quand tu dis « il n’y a aucune raison que la retouche soit mal vue en photographie », et tout ce qui suit.
    Même si je ne « sais » pas faire un travail aussi poussé (je mets des guillemets à « sais », car c’est mentalement que je n’y arrive pas – je préfère aujourd’hui une approche plus « naturelle » quand à mon travail personnel), je pense néanmoins que ce travail de retouche fait partie intégrante de la création photographique, et que chacun puisse puiser dans tous ces outils mis à sa disposition pour interpréter « sa » réalité est une bonne chose. Je trouve d’ailleurs les closes restrictives dans beaucoup de concours photos commme un « frein » à la création, eux qui devraient au contraire l’exhalter !
    En tout cas, j’apprécie souvent le travail d’artistesqui, comme toi ici, osent exacerber leurs sentiments à travers un travail de retouche bien maitrisé.

    Posté par Francis Goussard | juin 22, 2010, 9:52
  6. Merci pour le partage, ça donne toujours des idées !

    Posté par Le P'tit Nicolas | juin 22, 2010, 10:33
  7. Bonjour,
    « La photographie est AUSSI un outil journalistique de témoignage » et personne ne peut le nier.
    Lorsque le but n’est pas la désinformation, il n’y a aucun mal à faire de la retouche en photographie, c’est un processus de créativité qui a toujours existé même en argentique.
    Seulement aujourd’hui, avec la puissance du numérique et surtout des logiciels de traitement, lorsqu’il y a beaucoup de modifications, de transformations ou de manipulations de l’image, on est, si on peut dire, dans de la « peinture numérique ».
    En tout cas, dans une nouvelle forme de création où l’image initiale a beaucoup moins d’importance qu’avant puisqu’elle va être immanquablement modifiée, mais où le savoir faire et la créativité sont obligatoires.
    On est un peu comme les peintres du début du 20ème siècle qui utilisaient des photographies de modèles comme point de départ de leurs créations et personne ne le leur a reproché.
    Aujourd’hui, on utilise une ou plusieurs images pour réaliser un effet particulier et voulu par l’artiste (et plus le photographe), la photo glowing-city en est l’exemple parfait. Et si le but, ici de la bonne couverture de livre est atteint, c’est ce qui compte.

    Posté par LaurentJ. | juin 22, 2010, 13:37
  8. @Laurent: A mon avis, tu oublies quand même un « léger » détail: si la photo de départ est mauvaise, le résultat le sera aussi il me semble…

    Posté par El_choup | juin 22, 2010, 15:38
  9. Et qui peux dire quand une photo est mauvaise ? On est dans le domaine de l’art et du ressenti pas des mathématiques.
    Une photo peut plaire aux uns et pas aux autres, elles peut avoir des défauts mais aussi un intérêt historique, journalistique, …, ou tout simplement pour celui qui la prise.
    La question n’est pas de savoir si à partir d’une mauvaise photo on peut en faire une bonne. La question est plutôt : peut on encore utiliser le mot photographie seul quand l’élément photographique n’a qu’une petite place dans l’image finale ?
    Je ne suis pas sûr que les oeuvres de Warhol utilisant des photos de Marilyn et autres stars sont appelées photographies par les collectionneurs.
    Personnellement, lorsqu’il y a beaucoup de manipulations numériques, je préfère le terme « création photographique », mais ça n’engage bien sûr que moi.

    Posté par LaurentJ. | juin 22, 2010, 16:29
  10. Déjà, merci Anne-Laure pour cet article : ça faisait un moment que je voulais en savoir plus sur ta méthode pour « texturer » tes images. Ton partage est interressant puisqu’il donne les grandes lignes sans dévoiler les détails : à chacun de faire ses essais et trouver sa voie.

    Pour ce qui est du grand débat sur la retouche d’image, j’aurais tendance à distinguer deux pratiques :
    – le « post-traitement », qui consiste à fignoler le rendu d’une image pour en tirer la – ou l’idée qu’on en a – quintessence. C’est ce que faisaient les tireurs du temps de l’argentique, toujours obligatoire pour les adeptes du RAW et qui a aussi du sens en Jpeg.
    – la « retouche » ou plutôt « manipulation » d’image : là on rentre dans un processus de création à part entière (digital art diraient nos amis anglo-saxons). L’objectif est toujours le même qu’en photo : créer une image qui ait du sens, provoquer l’émotion. Mais les moyens sont beaucoup plus larges. Une sorte de réalité étendue, pour reprendre des concepts à la mode.
    Tant que cet art se présente en tant que tel, il n’y a rien de criticable et c’est bien ton approche.

    Reste le cas des manipulations mensongères – qui ne sont pas limitées à la photo, par ailleurs – où l’objectif est de tromper le public. Et encore, même une image « brute de capteur » mais sortie de son contexte a un pouvoir d’illusion au moins aussi important qu’une image maquillée.

    Seule la déontologie de l’auteur – et du diffuseur – peut garantir une utilisation à bon escient de la puissance du numérique. Mais je m’égare …

    En tous cas, merci de nous avoir livré un peu de ce qui fait le « style Anne-Laure »

    Posté par SebJ | juin 22, 2010, 23:50
  11. « La photographie n’est PAS, par nature, un outil journalistique de témoignage.
    Elle est ce qu’on en fait. »
    Mouaif, bof chai pas, je dirais « n’est plus », parce qu’elle eut t’été et peu l’être encore à mon humble avis. J’aime beaucoup ton article mais ce qui m’intrigue c’est qu’on pourrait penser que tout est prévu d’avance; tu as déjà ton image finite dans ta tête, ben je sais pas comment tu fais, faut que tu me donnes ton secret, parce que moi même après le « post-traitement » (quel vilain mot tout de même) j’y reviens pour refaire une autre émotion euh une autre image (ouais enfin pas tous les jours quand même). Un travers me fait peur quand même, mais j’me doute que tu essayes tout du moins de point t’y tomber, c’est de faire une image comme on tire la chasse d’eau et de tout refaire ensuite et là je suis d’accord pour dire que c’est de la peinture numérique. Bien sûr qu’on doit ré-exprimer nos clichés mais point trop n’en faut et pas forcément de manière systématique, cela nous permet surtout de saisir « l’instant décisif » comme l’a dit vous savez qui en d’autres temps, mais l’instant décisif de notre âme surtout non ?

    Posté par le dauger | juin 23, 2010, 1:33
  12. Bonjour à tous !

    Eh bien, voilà qui provoque des réactions, c’est bien !

    Hop, un petit mot à chacun, dans l’ordre d’apparition, ce sera le plus simple ! :)

    Laurence, quel coup de pub ! Merci ! Je suis toujours touchée de l’enthousiasme que tu exprimes au sujet de mes prestations. Quand tu m’as dit que notre cours de la semaine dernière t’avait « changé la vie », youhoooouu ! J’espère que ceux de cette semaine t’apporteront autant.

    Ielle, merci pour tes compliments. Cela me fait plaisir de savoir que tu considères que j’ai bien réussi à garder l’ambiance de départ, que je ne l’ai pas trahie.

    Spiruline, un grand merci ! Tout comme je place les réglages en retrait par rapport au travail du regard lors des prises de vue, je fais toujours en sorte, dans le cadre de cours Photoshop, que les apprentissages techniques viennent en réponse à un besoin.

    Snash, en effet, il faut savoir y aller « franco » puis prendre du recul afin que le résultat ne soit pas trop outrancier tout de même ! Souvent quand on découvre un nouveau rendu, un nouveau procédé de retouche, on a tendance à en faire trop, à un faire un effet gadget. Il faut toujours être vigilant pour que l’effet soit en corrélation très étroite avec l’image, qu’il n’ait pas l’air d’être ajouté artificiellement sans être justifié par la photo.
    Je conseille de garder ses premières expérimentations pour une nouvelle retouche pour soi (ou son entourage, ne pas les mettre sur internet dans un premier temps) afin de prendre le temps d’apprivoiser ses effets, d’affiner sa méthode, de la rendre personnelle et de trouver la juste mesure.
    J’espère que tu es convaincu que, moi aussi, je travaille ma signature à la capture !! Mais notre style est fait de plusieurs composantes : un regard, une manière de cadrer, un choix de sujet mais aussi un rendu visuel. N’est-ce pas dommage de se limiter à s’exprimer seulement sur certaines de ses caractéristiques en se contentant d’un travail classique dans d’autres ?!

    Francis, merci ! Les commentaires qui suivent prouvent bien que la retouche n’est tout de même pas très bien vue par beaucoup puisque certaines personnes considèrent que le terme photographie ne devrait pas s’appliquer à une photo trop retouchée…
    Je pense aussi, sans aucun scrupule, que tous les moyens sont bons pour être créatifs… dans la limite du bon goût !
    Photographie ou pas photographie, de toute façon, quelle importance ?

    Le P’tit Nicolas, j’ai hâte de voir ces idées mises en oeuvre !

    Laurent, bien sûr la photo est aussi un outil journalistique de témoignage !! C’est tellement communément admis qu’il est inutile de le préciser.
    Il est par contre fondamental de souligner qu’elle est pas que ça et que cet aspect constitue bien souvent l’arbre qui cache la forêt.
    Concernant mon travail, le fait qu’il soit considéré comme de la photographie ou non m’importe peu. Je suis une créative, une artiste, avant d’être une photographe.

    Cependant, je ne pense absolument pas faire de la peinture numérique ! L’image finale présentée ci dessous provient de deux photographies, je ne vois pas comment l’association des deux pourrait être considérée comme une peinture, numérique…
    Je ne pense pas que la photo d’origine ait beaucoup moins d’importance qu’avant. Sans ma photo de base, comment aurais-je pu produire l’image ci-dessus ? Peut-on dire, dans mon image, que « l’élément photographique n’a qu’une petite place dans l’image finale » ? Je ne crois pas ! Le travail de post-traitement n’est qu’une mise en valeur du reste, une mise en avant des sentiments par rapport à ce que l’on voit de manière brute.

    Je crois qu’il est essentiel de distinguer photographie retouchée au niveau du rendu et montage ! Les « collages photographiques » des photographes belges et hollandais sont sans contestation possible d’un autre ordre que mon traitement de rendu ! Je n’ajoute pas d’oiseaux ni d’oeil géant au milieu de mon image, je lui donne juste un aspect. Je ne fais rien de différent par rapport à quelqu’un qui utilise un filtre, un préréglage de son appareil, un holga, un pola ! La texture est une sorte de filtre qui retravaille le rendu d’une image mais n’en change ni son contenu ni sa nature.

    Je ne te rejoins pas, Laurent, dans le choix du terme « création photographique » pour une photo assez remaniée numériquement… tout simplement car le « terme » création ne peut être associé qu’au post-traitement ! Dans les concours photos, on trouve parfois une catégorie « créativité » qui est censée rassembler les images altérées par des trifouillages numériques en tous genres… et j’ai pourtant des dizaines de photos qui entreraient dans une catégorie « créativité » sans avoir subi un iota de manipulation autre qu’un équilibrage des niveaux !!

    SebJ, j’ai eu à coeur, effectivement, de partager ma démarche sans révéler des trucs techniques à reproduire, ce qui est bien peu créatif !
    Comme je le disais plus haut, je ne pense pas qu’on puisse diviser le monde de la photo en deux groupes comme tu le suggères car il y a une infinité d’intermédiaires entre les deux extrêmes : photo brute de capteur sans aucun filtre, préréglage etc et création graphique !
    Personnellement, j’estime ne pas faire de manipulation d’image (je m’y suis essayée sur un projet en cours et je trouve cela tout à fait intéressant d’ailleurs mais cette pratique constitue moins d’1% de ma production photo). Texturer n’est pas manipuler tout comme accentuer une photo numérique ou la passer en noir et blanc ne l’est pas !
    Je te rejoins tout à fait quand tu dis qu’une photo brute manipule autant qu’une photo retouchée ! Ceux qui pensent faire da la photo « objective » se trompent. Un cadrage est une interprétation de la réalité et tous les autres choix photographiques que nous faisons vont dans le même sens.
    Est-ce qu’utiliser une pose lente pour donner à l’eau un aspect immatériel ou suivre la course des étoiles est considéré comme une manipulation ? Non !
    Il faut se débarrasser de cette idée reçue que toute action réalisée à la prise de vue est tout à fait naturelle alors que toute action réalisée au post-traitement viserait à trahir la réalité ! C’est une énorme méprise !!

    Le Dauger, pas d’accord ! ;)
    Ce n’est pas parce que nous avons nagé dans la photo humaniste pendant des dizaines d’années qu’il faut penser qu’à une époque la photo n’était qu’un outil de témoignage ! Man Ray, pour ne citer que lui, est né en 1890 et l’on ne peut pas dire qu’il considérait la photo comme un outil journalistique de témoignage !
    Bien sûr qu’elle peut l’être cependant, c’est évident. Jamais de manière objective mais la photo peut être prise dans le but de témoigner, elle l’est bien souvent, mais ce n’est pas une raison de la limiter à cela !
    Je n’ai pas bien compris ce que tu me reprochais avec cette histoire de « prévu d’avance », et le travers de « faire une image comme on tire la chasse d’eau » (?!?)… Oui oui, il m’arrive bien d’avoir en tête une idée précise lors de la prise de vue et de la réaliser au post-traitement ! D’ailleurs, je pense que je n’aurais pas pris cette photo si je n’avais pas eu cette idée pour la « révéler ».

    J’aime bien ta formule « l’instant décisif de notre âme » par contre.

    Eh bien, je crois que nous allons continuer à parler retouche sur « Au Présent du Subjectif », c’est un sujet tout à fait intéressant !

    Bonne journée !

    Posté par Anne-Laure Jacquart | juin 23, 2010, 12:08
  13. Vraiment très sympathique cet article et toutes ces réactions. C’est toujours intéressant de voir l’envers du décor, les coulisses.
    En tout cas cela me donne envie d’en savoir plus sur les post traitements et plus particulièrement sur les textures. Je ne connais pas du tout ce procédé mais je trouve qu’il donne un coté artistique à la photo assez intéressant.
    Sinon très bon ce conseil de prendre du recul à la fin. Je ne le fais pas systématiquement et pourtant je me rends compte à quel point il est important.

    Tout comme Le dauger, je suis impressionné (dans le bon sens du terme) de voir que tu arrives à avoir une idée précise de ton résultat final au début de ton traitement ou même avant, au moment ou tu prend la photo. Sacré coup d’oeil. Même si cela m’arrive de temps en temps, il y a de nombreuses fois où je tente des traitements juste pour voir ce que peut donner le résultat et j’arrive à être surpris. Peut être à cause de ma faible expérience.

    Posté par Ludo | juin 23, 2010, 12:37
  14. Bonjour Anne-Laure,
    Lorsque j’utilise le terme « création photographique », c’est pour aller au delà du simple terme créativité, en y associant celui de fabrication ou de réalisation.
    Je suis bien d’accord que l’on peut faire preuve de créativité en photographie sans avoir recours à la manipulation numérique et heureusement.
    Aussi il faut voir mes commentaires d’une façon plus général qui ne s’applique pas forcément à tout ton travail. On remarque bien en parcourant ton site et tu le dis toi même, que tu es d’abord une artiste (qui aime créer en partant de photographie) avant d’être une photographe.
    Malgré tout, pour l’image qui illustre cette article, je pense que l’efficacité du résultat provient d’abord de la photo du sol bétonné et du traitement couleur associé avant celle de la photo de Nantes. Un autre point de vue, un autre jour, une autre ville aurait donné le même résultat.
    C’est pour cela que j’ai avancé que l’image initiale avait moins d’importance et quand je dis moins d’importance, ce n’est pas péjoratif.
    Je dis juste que l’image peut présenter des imperfections qui n’auront aucun impact sur l’image finale parce que c’est son rendu final qui la caractérisera le mieux.
    Tout comme dans tes « visions de société », c’est bien le rendu BD N&B qui fait leur originalité.

    Posté par LaurentJ. | juin 23, 2010, 16:39
  15. J’aime beaucoup ton article, que j’ai lu avec attention. Quelques similitudes avec ma manière de faire, même si je n’ai pas de ligne de conduite similaire pour toutes les photos que je traite, et que tout cela reste très intuitif.
    Je retiens l’idée de la texture appliquée en double, chose à laquelle je n’ai pas pensé. J’utilise souvent plusieurs textures, sur différentes zones de mon image, et puis je joue aussi pas mal avec les gommes, en ce moment.
    En tout cas, comparatif intéressant !
    Bises

    Posté par Marie | juillet 10, 2010, 18:19

Poster un commentaire

 
 

 

Articles Récents

Le bol… fumant.
Le bol… fumant.
Je reste, avec cette photo, dans une vision du ...
Produits du terroir
Produits du terroir
Le noir et blanc met parfaitement bien en valeur ...
Hissez le pavillon !
Hissez le pavillon !
J'avais sacrément envie de sortir un peu du vert ...
Paysage d’intérieur
Paysage d’intérieur
En découvrant la photo d'hier, certains d'entre ...
The show must go on
The show must go on
On change du tout au tout d'ambiance ...