Cadrage

Cadrez-vous assez serré ?

Êtes-vous de ceux qui ont peur de cadrer ?
De ceux qui n’assument pas ce qu’ils veulent montrer et craignent d’avoir une vision franche, qui va droit au but, ont peur de s’affirmer ?
Êtes-vous de ceux qui ont peur de leur sujet et peur de le couper ?

Je crois que, bien souvent, nous n’osons pas assez nous plonger dans l’image et assumer nos choix de cadrage.
Poser son cadre et couper, ce devrait pourtant être ce qu’il y a de plus naturel pour un photographe ! Mais je vois trop de photographies dont on reste réellement en retrait.

Il y a la fameuse formule, « si la photo n’est pas bonne, c’est que tu n’étais pas assez près »… Mais la proximité n’est pas qu’une question de distance au sujet.
Je suis personnellement convaincue qu’elle est fortement liée au cadrage.
Si la photo est ratée, c’est que tu n’as pas cadré assez serré ! ;)

Pour l’intérêt de la démonstration (et le désespoir de nos yeux affutés), voici ce à quoi l’on échappe en sachant cadrer serré :

Edifiant non ?

Et vous, quand vous photographiez, vous choisissez l’option A (photo1) ou l’option B (photo 2) ?!

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Discussion

13 commentaires pour “Cadrez-vous assez serré ?”

  1. Bonjour Anne-Laure,

    Moi je cadre souvent serré même parfois un peu trop au risque de perdre des informations importante. Pour moi, la A est la mieux mais j’aurais peut être cadré encore plus serré, en perdant l’affiche.
    Il va falloir que l’apprenne a cadrer plus large :)

    Posté par snash |
  2. Bonjour Anne-Laure

    J’espère que tu vas bien et que tu as passé de bonnes vacances!
    Sans contestations je vote pour ta version 1 où le regard se concentre beaucoup mieux sur ton sujet!
    J’ai aussi tendance à cadrer un peu trop serré notamment pour les portraits même si sur certaines photos ce n’est pas trop génant mais j’ai tendance à m’en vouloir quand c’est trop serr. Pour les photos d’architectureil est quand même préférable de cadrer un peu plus large comme tu l’avais expliqué fort justement dans un billet il me semble pour prévoir éventuellement les différents redressements!

    Bonne journée à toi!

    Amicalement

    Posté par Eric |
  3. Ah oui, cadrer serré, c’est vraiment quelque chose que j’ai appris avec toi et dont je suis ravie. Plus d’intimité et de connivence avec son sujet, plus de force. J’ai dû me forcer au début, ce n’était de loin pas instinctif mais maintenant quel bonheur. J’essaie même de convertir mes proches. Belle journée Anne-Laure!

    Posté par spiruline |
  4. Evidemment, dans l’exemple qui nous est proposé, la première version est beaucoup plus aboutie ! (c’est mon avis, mais je pense qu’il sera largement partagé !)
    Mais cadrer serré n’est pas à mon avis une fin en soi en photographie, en tout cas ce n’est pas la panacée : il ne suffit pas de cadrer serré pour faire une bonne photographie : je m’en explique plus longuement dans un article déjà écrit sur mon blog :

    http://mesphotosperegrines.over-blog.org/categorie-11451580.html

    Snash dit ci-dessus qu’il aurait encore cadré plus serré pour supprimer l’abris-bus : nous aurions eu une toute autre photo, soit un portrait tout simplement (mais néanmoins un beau portrait !), alors que dans ton choix, il y a un jeu qui s’installe entre le personnage assis et ceux de l’affiche, voire même avec le titre.

    Par contre, je ne saisis pas bien quand tu dis « la proximité n’est pas qu’une question de distance au sujet… elle est fortement liée au cadrage. » Il existe en effet plusieurs façons de cadrer serré : s’approcher du sujet, prendre un téléobjectif, ou recadrer l’image originale. On obtiendra des résultats différents (perspective tassée au télé, attitude des personnes photographiés quand on s’approche trop près, qualité du recadrage si celui-ci est top important…).
    Je ne sais pas si tu t’es approché du personnage dans la photo 1 par rapport à le 2, mais la 1 n’est sûrement pas un recadrage de la 2 : position du personnage légèrement différente, perspective également légèrement différente.

    Posté par Francis Goussard |
  5. Merci à tous pour vos interventions !

    Bien sûr, chacun de les articles étant ciblé sur une idée particulière, je vous parlerai peut-être la semaine prochaine des cadrages plus larges ! Ceci dit, je suis vraiment convaincue que conseiller de cadré serré est un meilleur conseil dans un premier temps que de cadrer large. Les quelques photos que j’ai faites en famille ces dernières semaines me l’ont encore confirmé : ce sont les photos qui nous permettent de rentrer dans le sujet et évacuent l’arrière-plan qui sont les meilleures !

    Snash, peut-être n’aurais-tu cadré que la personne, mais peut-être l’aurais-tu cadrée trop largement ?? Quand je parle de cadrage serré, je n’évoque pas forcément de très gros plans comme des portraits mais plutôt des cadrages assez « rentre-dedans », quelle que soit l’échelle à laquelle on se trouve ; des cadrages qui ne laissent rien de superflu autour du sujet et osent le couper.
    Cette remarque répond en partie à la question de Francis sur ma phrase « la proximité n’est pas qu’une question de distance au sujet… elle est fortement liée au cadrage. ». Je crois que l’on peut cadrer serré au télé ou au grand angle, que l’on peut cadrer serré un portrait ou un plan « large » (même si cela peut sembler contradictoire)…
    Selon moi, ce n’est pas vraiment une question d’échelle mais une gestion du sujet et une manière de le couper.
    Cela ne m’a pas l’air évident à saisir comme notion !… Je crois que j’y reviendrai !

    Eric, c’est vrai que cadrer trop serré est moins « rattrapable » que son contraire. Ceci dit, je pense que cadrer serré fait partie de tes qualités même si tu peux sans aucun doute apprendre à mieux adapter tes cadrages aux situations et voir si tu peux élargir un peu tes plans dans certains cas pour mieux gérer l’espace.

    Spiruline, je suis ravie de t’avoir aidé à être plus affirmée dans tes cadrages. Connivence, force, intimité, tu as tout dit !

    Francis, absolument rien de ce que je pourrai affirmer n’est une fin en soi en photographie ! Cadrer serré pour cadrer serré n’a aucun intérêt. Raison pour laquelle je parle de proximité et Spiruline de connivence, de force et d’intimité.
    En fait, il ne s’agit de faire une photo la plus rapprochée possible (sinon je n’aurais photographié que l’oeil gauche de mon modèle !) mais d’accentuer, je crois, la relation entre le sujet et le cadre, de sélectionner précisément ce que l’on veut montrer, de cadrer vraiment pour cela et de laisser le reste hors du cadre sans craindre la « coupe ».
    Nous avions déjà lu ton article que tu as déjà linké dans les commentaires il y a quelques semaines mais il est relatif à la distance tout comme mon propre article « Plus près, encore plus près » et non à la force du cadrage, à sa manière d’enserrer le sujet.

    Posté par Anne-Laure Jacquart |
  6. Capito !
    S’il s’agit en effet du rapport du sujet avec son environnement, il faut en effet eliminer tout ce qui est inutile, et donc « serrer » son cadrage. Tout à fait d’accord.

    Sinon, bien sûr que la notion de cadre s’apprécie en fonction du sujet; comme je le faisais remarquer dans ma note, on peut cadrer large en macrophotographie, même si l’on est alors très près du sujet !
    Cordialement

    Posté par Francis Goussard |
  7. Merci Anne-Laure pour cette explication a la fois si philosophique et si limpide.
    Je crois qu’un connexion neuronale viens de se créer : L’ampoule viens de s’allumé.

    J’ai enfin compris ce que veux dire cadrer serré.

    Du coup j’ai l’eau à la bouche, en attendant la suite :)

    Posté par snash |
  8. Je cadre en général assez serré. Tout bêtement parce que c’est plus instinctif pour moi et surtout plus simple puisqu’il y a moins de choses à gérer et aussi parce que j’ai de meilleurs résultats ainsi.

    En ce moment justement, j’apprends à cadrer plus large et composer avec l’environnement parce que c’est quelque chose qui me manque.

    Posté par Lluciole |
  9. Ahhhh cadrer serrer ou ne pas cadrer…

    Ça dépend ça dépasse !

    En photographie animalière, j’ai tendance (de plus en plus) à privilégier le cadrage large pour mettre en avant non plus le sujet photographié (trop souvent « enfermé » dans son carcan photographique et présenté plein pot comme dans tous les bons livres naturalistes d’identification) mais le sujet ET son environnement.

    De plus en plus on part à la recherche de l’esthétisme dans le cadrage large, ce qui ne signifie pas pour autant l’utilisation d’un grand angle : je suis et reste un inconditionnel de la longue focale (je fais du paysage au 500mm, c’est dire !)

    En environnement « humain » c’est une autre histoire, et là le cadrage serré prend toute son importance, permettant d’isoler les sujets dans un décor pas toujours esthétique ou représentatif…

    Paradoxalement je cadre beaucoup plus souvent serré là où beaucoup cadrent large (typiquement, en reportage) et inversement, je cadre large (mais avec usage de focales > 150mm afin de tasser les plans) là où beaucoup font serré.

    En reportage je trouve que l’on voit encore trop souvent des cadrages larges… là où l’évocation et le subjectif apportent la force nécessaire aux images, comme tu sais si bien le faire :-)

    Posté par Cédric |
  10. Heu je ne vous comprends pas, sur la première photo on a un type moche devant une affiche pour un film débile sur un fond en meulière laissant penser à une ville de province. Tandis que sur la seconde photo on a 90% du mobilier urbain parisien (manque la plaque de rue): l’abris bus, une poubelle noire (qui se raréfie depuis 1995), le panneau de stationnement, le panneau d’informations, l’armoire edf, les 2 types de bites de voierie, le passage piéton, le mur en meulière, le mur tagué, la banque, l’agence immobilière et l’hôtel (qui caractérisent au mieux le monde actuel).
    Dommage que la balance des blancs liée au numérique flingue le fond de la photo mais on est proche du chef d’œuvre, témoignage éternel du paris des années 2010.

    Posté par matchou |
  11. Francis, Snash, oui, je crois que nous nous comprenons mieux à présent. Je n’avais pas dû m’exprimer bien clairement. Ravie que cela semble enfin plus limpide pour vous !

    Lluciole, c’est vrai que nous avons chacun nos tendances : cadrer trop large ou trop serré. Je pense que cadrer trop large est plus ravageur que l’inverse, d’où ce petit article, mais si tu as tendance à cadrer large naturellement, tu pars déjà sur de bonnes bases. Personnellement, je suis aussi, actuellement, dans une dynamique d’élargissement.

    Cédric, en effet, en photo animalière, la compétition est parfois à celui qui fera le plus gros plan, ce qui est loin d’être idéal ! Je suis d’accord avec toi pour dire que la prise en compte de l’environnement est importante et intéressante et qu’elle donne des photos qui se ressemblent moins les unes des autres. Cependant, les photographes amateurs qui font de l’animalier ont aussi souvent du mal à couper leur sujet d’où un manque de contact entre le sujet et le cadre à mon avis. De plus, essayer de suivre un oiseau en vol à l’autofocus conduit souvent à des images centrées qui ne sont, pardonne-moi l’expression, serrées sur aucun côté !
    Cela me fait très plaisir que tu me rejoignes sur l’intérêt de montrer moins pour exprimer plus, de cadrer de manière assez rapprochée pour évoquer de manière subjective. :)

    Matchou, que me vaut cette agressivité ??
    J’ai en effet renforcé l’aspect non localisé de la première image (qui pourrait même avoir été prise à l’étranger dans un pays francophone). Ce que vous appelez le « mobilier urbain » est mis en valeur dans nombre de mes photos mais ici, juste sous un pont, les conditions idéales pour le mettre en valeur étaient loin d’être réunies !
    Je suis ravie d’avoir, selon vous, créé un chef d’oeuvre (!), je me demande si je ne m’applique pas trop lorsque je fais mes autres photos (les vraies). Cela ternit peut-être mon génie naturel. ;) Même si cette photo contient toutes les éléments passionnants que vous énoncez, elle est ratée tout de même car la qualité d’une image ne dépend pas de son contenu mais de la manière dont il est présenté, mis en valeur. On a ici une photographie sans point fort, sans structure graphique, complètement fouillis avec une composition disgracieuse et une surexposition qui n’est pas adaptée. Même si c’était la scène du siècle, cela resterait une mauvaise photo.
    Le défaut que vous commentez n’a rien à voir avec la balance des blancs. C’est une surexposition due à un contraste trop fort entre le premier plan dans l’ombre et l’arrière-plan au soleil. Ce problème d’exposition aurait été présent également avec une prise de vue argentique.

    Posté par Anne-Laure Jacquart |
  12. Bonjour, Anne-Laure.
    Je ne sais pas si je suis au bon endroit sur ton site pour te livrer cette petite réflexion, mais bon…
    Tout d’abord, j’aime beaucoup ton « oeil » photographique, mais je crois te l’avoir déja dit.(précédent mail au niveau du matériel).
    Mais là, puisque l’on parle de cadrage, je me pose des questions qui sont en corrélation avec le matériel, à savoir :
    Avant, j’ai possédé des Réflex (argentiques et numériques, et je pouvais cadrer ce que je souhaitais avec un résultat très proche de mes attentes. Maintenant, je suis tombé sous le charme d’un compact (j’aime me promener « léger » et le réflex est devenu trop encombrant pour mon goût), mais le cadrage « précis » à la prise de vue est impossible avec un écran ( ne serait-ce qu’en fonction de la prise en main et des reflets),donc, je recadre systématiquement.
    Comment fais-tu, puisque, à priori, tu fais beaucoup de photos au compact ??
    Tes photos « bonnes » ne peuvent qu’êtres recadrées, non ? As-tu une méthode ?
    Merci pour ta réponse. J’aimerais bien le stage que tu propose, mais mes finances me dictent pour l’instant d’autres priorités.(mais l’option « suivi et audit » pourrait m’intéresser..)
    A plus, bonne journée.
    Philippe

    Posté par Philippe de CHANGY |
  13. Bonjour,

    Je reviens visiter ce site après plusieurs mois passés loin de la photographie et tout ce qui s’en rapporte, mes excuses si je viens commenter un bulletin publié depuis longtemps. En l’absence de date je ne sais si la photo est d’aujourd’hui ou d’avant-hier, mais qu’importe puisque la question que je soulève est intemporelle :

    La première photo est réussie alors que la seconde est plus anodine, cela ne fait aucun doute. Mais sauf à avoir un zoom extraordinaire, cadrer serré n’implique-t-il pas nécessairement s’approcher du sujet et, selon le cas, entrer dans « la sphère intime » ?

    Cette idée ne pose à priori aucun problème dans un contexte familial, mais pour reprendre l’exemple de cette scène je n’aurais sans doute pas eu le ‘courage’ de cadrer serré : cette rue ne semble pas très animée (peu de passants), vous ne pouvez passer inaperçue. Sur la première photo il me semble en tout cas que l’homme sait que vous l’immortalisez : il fixe l’objectif.

    Vous obtenez une photo cadrée serrée et un joli regard, qui attire l’oeil, mais cadrer serré pour des photos de rue / portraits d’inconnus reste un pas difficile et délicat à franchir.

    Quelle est votre avis sur ce point ?

    Cordialement.

    Posté par Nicol@s |

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