En fin de semaine dernière, l’un des derniers photographes humanistes, Willy Ronis, nous a quittés.
Dans la lignée de Robert Doisneau, Edouard Boubat, Henri Cartier-Bresson… Willy Ronis photographiait son temps.
Il photographiait les gens selon une tradition purement française.
En visionnant à nouveau ces images, je me suis demandé quels enseignements nous pouvions en tirer pour notre propre approche de la photographie. Que peut-on apprendre ou se remémorer des photographies de Willy Ronis que l’on puisse utiliser aujourd’hui dans notre propre pratique ?
Les photographies faites dans les transports en commun ont vraiment quelque chose de particulier.
On se trouve rarement aussi proche d’inconnus que dans le métro où la promiscuité peut parfois se transformer en « intimité photographique ».
Cette petite fille a attiré mon regard par la fraîcheur qu’elle donnait au métro avec ses cheveux bouclés, son beau visage, sa jupette estivale. Protégée par sa maman au milieu des mecs en « jean tee-shirt casquette », il m’a semblé voir une « Zazie dans le métro » de notre époque (présence de la maman exceptée).
Voilà une photographie qui me trouble et me plait à la fois…
… parce qu’elle me semble pouvoir s’inscrire dans la lignée des photographies humanistes de l’après-guerre…
… parce qu’elle semble réellement d’un autre temps…
… parce que j’ai vaincu ma timidité pour me confronter aux gens et affronter ce regard.