L’une des difficultés majeures de nos photographies urbaines ? Réaliser des photos structurées à la présence humaine « bien dosée » afin d’apporter lisibilité et attrait aux images réalisées dans la jungle de nos villes.
Je souhaite aujourd’hui vous faire partager la manière dont je réalise mes images urbaines. Ce n’est pas la seule démarche de prise de vue possible, évidemment, mais je trouve qu’elle permet d’obtenir des images bien composées, agréables à l’oeil avec une présence bienvenue. Cela vous tente ?
L’irréalité d’un contre-jour, une étoile filante en plein après-midi, une atmosphère contemporaine qui frôle le futurisme, les silhouettes de héros en mission, par trois, comme sur les affiches de films ou les bandes annonces, un éblouissement en mode « effets spéciaux« , un soleil brûlant façon « la fin du monde est proche »…
Bienvenue dans la quatrième dimension… photographique.
Je vous fais partager cette photo à la fois « humaine » et graphique, juste faite d’un hublot et d’un passant.
Ce qui fait le charme de cette photographie, c’est essentiellement le contraste en densité dont je vous ai parlé la semaine dernière. Passant noir sur rond blanc sur fond gris foncé ; voilà une image lisible à tous les formats et à toutes les distances !
« Figure-toi donc des hommes comme dans une habitation souterraine ressemblant à une caverne… »
J’espère que vous n’êtes pas lassés des diptyques ! ;)
J’avoue que j’y trouve une forme d’expression plurielle qui m’intéresse beaucoup, plus complexe (non non ! pas compliquée !… complexe), plus riche au niveau du sens peut-être qu’avec une photo seule.
Pour aider un peu à la compréhension de ces diptyques, je vous propose juste quelques mots évocateurs qui peuvent être, en quelque sorte, des clés pour appréhender plus facilement ces photos et saisir ce que j’ai derrière la tête !
Ma série en diptyques fait son petit bonhomme de chemin.
Je continue à travailler dans cet esprit fragmentaire, en associant des visions anecdotiques de la vie quotidienne telle qu’on la croise dans les rues à travers des postures, un mode vestimentaire, un objet qui traîne, un affichage publicitaire ou un agencement d’éléments du décor.
Cette photographie a une histoire toute simple.
Elle est prise sur mon boulevard.
Je sors poster une lettre au coin de la rue, non sans avoir vérifié que mon petit compact, mon compagnon de tous les instants est bien au chaud au fond de mon sac.
Tiens, c’est sympa ces coulures blanches sur les parpaings !
Il faut dire que mon boulevard porte les stigmates d’un futur passage de tram.
Ce bout de rue que vous contemplez n’a plus que quelques semaines à vivre… un vrai instant décisif !! ;)
Maisons abandonnées, graffitis, fenêtres murées, mon boulevard se montre sous son plus mauvais jour pour que j’aie davantage envie de le photographier, moi qui aime les ambiances.
Au fur et à mesure de mes essais de cadrage, un mot apparait dans le champ…
Je vois des lignes, des formes, des couleurs…
J’imagine un fantôme, un héros en quête initiatique, un manoir oublié…
Mais…
Je vois aussi des affiches décollées, des mégots qui traînent, des tags sur les murs sales des villes…
Je croise des gens qui font leurs courses, des enfants qui sortent de l’école…
Plus qu’une série, je vous présente ici un rendu que je travaille ces derniers mois.
Du noir, du blanc, des visions sans compromis de notre société contemporaine.
Cette série photographique en noir et blanc s’appelle « Démarche ».
J’ai souhaité jouer avec le graphisme du sol tout en y invitant les passants comme marqueurs d’espace.
Le flou, le grain, l’ambiance, je les ai cherchés dans les rues de Paris. J’ai essayé de m’imprégner de l’émotion que je souhaitais pour mes images : pressée, furtive, indécise, j’ai saisi au vol passants et décor …
A certains moments, quel gachis ce serait de n’avoir pas d’appareil photo sur soi …!
Il y a quelques jours, j’allais à un rendez-vous professionnel. Rien ne me poussait à la photo, à part la météo, fort agréable pour une fois …