J’espère que vous me pardonnerez d’être moins présente sur le site en ce moment…
Je suis actuellement en bouclage pour mon prochain livre de pratique photo, qui sortira début octobre. Les dés seront bientôt jetés !
Voilà, j’ai envie de portraits.
Et pourtant, ce sujet, c’est un peu le talon d’Achille de ma pratique photographique. Depuis toujours, j’ai du mal à montrer des visages.
L’une des difficultés majeures de nos photographies urbaines ? Réaliser des photos structurées à la présence humaine « bien dosée » afin d’apporter lisibilité et attrait aux images réalisées dans la jungle de nos villes.
Je souhaite aujourd’hui vous faire partager la manière dont je réalise mes images urbaines. Ce n’est pas la seule démarche de prise de vue possible, évidemment, mais je trouve qu’elle permet d’obtenir des images bien composées, agréables à l’oeil avec une présence bienvenue. Cela vous tente ?
Une photographie un peu ancienne que je pense ne vous avoir pas encore présentée.
C’est bien de ne pas toujours céder aux sirènes de la nouveauté !
Une émouvante étreinte, pudiquement symbolisée par ces mains entremêlées…
Je l’ai déjà affirmé ici. J’aime caractériser une personne de manière détournée.
De dos, en ombre, en silhouette… Je coupe les visages et apprécie particulièrement d’associer un regard à un geste.
Récemment, je me suis rendu compte qu’un cas particulier revenait fréquemment dans mes images : la présence d’un visage, en partie masqué, le plus souvent par un geste.
Les photographies faites dans les transports en commun ont vraiment quelque chose de particulier.
On se trouve rarement aussi proche d’inconnus que dans le métro où la promiscuité peut parfois se transformer en « intimité photographique ».
Cette petite fille a attiré mon regard par la fraîcheur qu’elle donnait au métro avec ses cheveux bouclés, son beau visage, sa jupette estivale. Protégée par sa maman au milieu des mecs en « jean tee-shirt casquette », il m’a semblé voir une « Zazie dans le métro » de notre époque (présence de la maman exceptée).
Voilà une photographie qui me trouble et me plait à la fois…
… parce qu’elle me semble pouvoir s’inscrire dans la lignée des photographies humanistes de l’après-guerre…
… parce qu’elle semble réellement d’un autre temps…
… parce que j’ai vaincu ma timidité pour me confronter aux gens et affronter ce regard.