J’ai reçu il y a quelques jours l’exemplaire que j’ai commandé de The city and the city » de China Miéville
, « dont j’ai illustré la couverture (malheureusement, ce n’est pas pratique courante que de recevoir gracieusement une copie du livre de la part de l’éditeur…).
J’admirai la qualité de cette couverture : la photographie est bien mise en valeur, elle est reprise sur la tranche et dans au dos de l’ouvrage, le noir et blanc se marie à merveille avec le rouge du titre et les lettres argentées en relief du nom de l’auteur. Au cours de cette inspection, mon regard tombe fortuitement sur une mention en quatrième de couverture… mon nom !!
J’avoue que, par habitude, je ne cherchais même plus cette marque légale. Sur les quatre livres précédents que j’ai réussis à me procurer parmi les thrillers que j’ai illustrés, aucun ne respectait, sur ce point, le droit d’auteur.
Me voilà dans une position bien délicate…
Dois-je crier au miracle, me répandre en louange sur cet éditeur respectant ce qui est tout simplement mon droit, faire un mot de remerciement, avertir la terre entière que ce dos de couverture anglais indique mon nom (pas bien loin de celui de Neil Gaiman !!)?!
Ou me faut-il juste m’écrier « Eh bien, pour une fois… ce n’est pas trop tôt ! » d’un air un peu désabusé ?
J’avoue que je ne suis pas décidée…
Je reste donc muette devant cet événement planétaire et vous laisse la parole ! ;)
C’est malheureusement la norme on dirait, de ne pas mentionner ce qui est légalement obligatoire…
On se voit donc obligé de féliciter celui qui n’a fait « que » son travail !
Bravo pour l’ambiance en tout cas, le rouge sur ce noir et blanc est du plus bel effet
Tu ne dis rien puisque c’est normal (même si effectivement pas si souvent respecté !)
Si tu commences à les féliciter, ils vont penser qu’ils en font trop ;-)))))
Félicitations pour cette TRES jolie couverture ; j’en viendrais presque à apprécier la ville!
Il est effectivement doublement sympathique de la part de l’éditeur d’avoir fait parvenir un exemplaire du livre et d’y avoir clairement apposé ta marque.
Il faut savoir que tu n’est pas seule à être frustrée, je ne pense pas être un cas isolé, à reconnaître un style de photo et à en cherche l’auteur. Et souvent, en effet, l’auteur n’est pas mentionné! Frustration partagée pour le lecteur donc…
C’est fou quand on pense à l’importance de la couverture dans la décision d’achat.
Un remerciement ne peut qu’encourager cette pratique et qui sait, peut contribuer à tisser des liens d’ordre professionnels.
Et ben tu vois tout arrive !! :D
Bonjour Anne-Laure,
D’abord félicitation pour cette couverture…
… Et puis ça me fait penser à autre chose qui est vaguement lié. Dans le cas d’une couverture de livre où la photo represente une personne identifiable est-il exigé du photographe par l’éditeur de fournir une autorisation du modèle ou bien l’éditeur laisse t-il ce point à la seule responsabilité du photographe ? Je ne pense pas que cela concerne les couvertures que tu as réalisé mais tu es peut-être au courant.
Merci pour vos réactions !
Les avis sont donc partagés tout comme moi j’étais partagée…
Thony et David… deux opinions qui se défendent !
De mon côté, je ne suis pas réellement en contact avec l’éditeur puisque tout cela se passe par l’intermédiaire de la banque d’images, pas de remerciements en vue, donc, mais un désappointement sur la réaction à avoir… même si elle n’a aucune importance !
Raphaël, peut-être mon premier paragraphe n’est-il pas très clair. On ne m’a pas envoyé d’exemplaire cette fois-ci non plus… ce n’est donc pas l’exception qui confirme la règle !
C’est vrai que l’illustration de couverture est un élément fondamental pour un livre, et je sais à quel point c’est frustrant de ne pas pouvoir découvrir le nom d’un auteur (c’est bien souvent le cas également sur internet, sur ces « blogs relais » qui ne font que récupérer du contenu ailleurs).
Ravie de te faire apprécier la ville… :)
Anbleizdu, attention, j’ai les graphistes à l’oeil sur ce point ! Le graphiste a sa part de responsabilité au même titre que l’éditeur. Une image = un copyright, cela doit être la règle.
Jacques, merci ! Cette question du droit à l’image est une bonne thématique, qui engendre beaucoup de questionnements… et sur laquelle tout n’est pas toujours clair ! D’où la difficulté d’en faire un article et la raison, sans doute, des informations contradictoires que tu as pu trouver. Mais j’y penserai. Sans être exhaustive, si je peux apporter quelques éléments d’informations et un avis sur la questions…
Concernant mon travail avec cette banque d’image, on nous demande de préciser en chargeant la photographie si l’on possède une autorisation du modèle. Si aucune autorisation n’est indiquée, le client suppose sans doute qu’en cas d’animal ou de bâtiment, il ne risque pas grand chose. Quand il s’agit d’une personne reconnaissable, il prend le risque à son compte (je crois) ou choisit, le plus souvent de recadrer la photographie pour qu’on ne voit pas le visage.
Parmi les couvertures que j’ai illustrées, celle présentant le portrait de mon dentiste a pu être choisie, je pense, car j’avais indiqué que j’avais l’autorisation du modèle, bien que la personne soit relativement méconnaissable.
Tout d’abord félicitation pour cette couverture …
Drôle que d’être surpris par un comportement « normal ». C’est vrai que c’est souvent l’inverse, les mentions de copyright ne figurent pas en lieu et place.
Je pense que ce n’est pas gênant que de remercier très simplement d’avoir respecté un droit qui est nôtre. :)
Ça fait quand même peur tout ça, que les éditeurs respectent si peu l’auteur de la photo. Est-ce que ta banque d’image leur rappelle qu’il faut mettre ton nom ? Est-ce que ça changerait quelque chose ?
Bonjour !
Ce matin, il m’est venue une idée qui rejoint celle de mon prédécesseur : comment se fait-il que ta banque d’image n’impose pas que le nom de l’auteur soit mentionné, que ça fasse partie du contrat de vente (tout comme je suppose qu’ils mentionnent que les photos ne peuvent pas être utilisées pour promouvoir des propos racistes, pédophiles, etc…). C’est quand même elle avant tout, la professionnelle des images et qui doit rappeler les droits d’auteurs. Si au client final, l’éditeur en l’occurrence, on ne dit rien, on ne peut pas lui reprocher uniquement à lui de ne pas mentionner l’auteur. Enfin, c’est ce qu’il me semble … Ta banque d’images est une sorte d’agent qui est aussi chargé de veiller à tes intérêts, non ? Et il me semble que normalement, si l’auteur n’est pas cité parce que le client pour une raison ou pour une autre ne veut pas, dans ce cas, l’image devrait être payée plus chère … ce sont des choses qui ne sont pas prévues dans ton contrat avec ta banque d’mages ?
Bon, tu me diras, je ne connais pas du tout cet univers, et je suis peut-être très naïve …
La banque d’image est censée dire, rappeler voire obliger les éditeurs à indiquer la mention de copyright, mais dans la pratique, les choses sont bien différentes bien sûr !
C’est comme les clients qui vous assurent toujours que votre nom a bien été transmis à la presse mais parfois quand on a l’écho de l’autre côté… on se demande. Il est souvent bien difficile de démêler le vrai du faux.
Quand je bosse pour des clients et que j’essaie de faire respecter mes droits, je passe, pardonnez-moi l’expression, pour la chieuse de service. ;)
Alors, avec la banque d’image, c’est un peu la même chose. J’espère qu’ils fournissent les infos de manière claire à la base, mais si derrière le copyright n’est pas respecté, ils préfèrent ne pas trop la ramener quand même de peur de se faire des ennemis parmi les éditeurs… Pas vraiment étonnant mais un peu regrettable.
Dans ce type de contrats qui sont rédigés non par le photographe mais par l’agent, la banque d’image, ce genre d’obligation est bien rarement mentionné ! Globalement, c’est celui qui rédige le contrat qui impose ses conditions et a le dernier mot, c’est toujours assez agaçant.
Pour le moment, je trouve mon compte tout de même dans ma collaboration avec Arcangel, mais arrivera peut-être un moment où j’en aurai assez et ce non respect de mes droits fera sans aucun doute partie de mes motifs de départ…
Suite du feuilleton à la prochaine couv’ !
Ne rien dire, car après tout c’est normal. Même si un petit mot de remerciement ou d’encouragement est toujours agréable à lire. Par contre râler quand le nom n’est pas mentionné, c’est important. Car c’est aussi parfois l’ignorance (hélas) qui fait commettre des oublis…
Catherine….. Santoline, à ses heures chlorophylles ;-)