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Comme pour chacun des actes de la vie, faire de la photographie signifie faire des choix. Choix conscients, choix inconscients, choix importants, micro-choix, choix artistiques, choix techniques, choix à long terme, choix ponctuels, choix individualisés ou groupés… tout cela regroupe une multitude de possibles, d’alternatives qui constituent la marge de liberté du photographe. |
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FAIRE DES CHOIX ? N’est-il pas formidable d’avoir le choix ?! Les choix, facilement identifiables, que font les photographes constituent la partie émergée de l’intention photographique. Ceux-ci dénotent d’un réel investissement, d’une attitude attentive voire perfectionniste du photographe qui souhaite réussir ses images et y exprimer quelque chose. Il est depuis longtemps établi que la photographie ne consiste pas à «appuyer sur le bouton», ce qui serait la forme la plus primaire de laxisme photographique ! Chacun d’entre nous a la capacité de progresser en photographie en prenant conscience des choix qu’il oublie de faire, et en considérant avec recul ses décisions techniques et artistiques.
Cependant, que les choses soient claires ! Chacun, à son niveau et selon les moments, travaille plus ou moins certains choix. Pour certaines personnes (débutants en photo par exemple) ou dans certains contextes (photo plus décontractée), intervient également le choix… de ne pas choisir ! J’avoue, cependant, que j’ai du mal à accorder du crédit à ceux qui érigent leur absence de choix … en choix. |
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CHOIX CONSCIENTS ET INCONSCIENTS Je ne crois pas qu’il soit réellement possible d’avoir en tête de manière consciente tous les choix à faire pour réaliser une photographie. Ainsi, nous avons tous nos priorités, et c’est en les faisant évoluer avec le temps que l’on progresse en photographie. Certains des choix que j’ai beaucoup travaillés dans le passé sont quasiment automatisés si bien que je n’ai parfois besoin que de quelques millisecondes pour me décider sur un paramètre. |
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CHOIX TECHNIQUES ET ARTISTIQUES Les choix effectués peuvent être techniques ou artistiques. Pour tout dire, ils sont souvent les deux ! La dominante d’un choix dépend également du photographe. Sans doute pourrait-on dire que plus un choix nous éloigne de la photographie documentaire, descriptive, et plus il est artistique ? |
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ORDRE ET INTERACTION Il serait idéal (et réellement réducteur) de pouvoir donner une liste de choix ordonnés qu’il suffirait de suivre pour faire une bonne image. Une sorte de recette de cuisine du photographe !! Selon le contexte, la personnalité du photographe, son intention du moment, les décisions techniques et artistiques n’interviendront pas dans le même ordre, ni de la même manière. Il s’agit d’un réseau entremêlé bien plus que d’une réflexion linéaire… et n’est-ce pas ce qui fait la richesse de la photographie ? |
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Ainsi, dans les semaines qui viennent, j’évoquerai tour à tour ces différents choix, de différentes catégories. J’essayerai de traiter ces choix sur le plan technique (en me mettant à la portée des débutants) et artistique, en essayant d’aller le plus loin possible pour déterminer l’impact de chaque décision que nous prenons (ou ne prenons pas !). Décorticage photographique en vue !!
PS : Quel plaisir d’entendre Florence, mon élève en photo, quelques jours après notre première séance de travail, déclarer que désormais, ce n’est plus l’appareil qui a la main mise sur son image, qu’elle choisit elle-même sa zone de mise au point… et que ça change tout ! ;) Ayons à coeur de proposer des images … de choix ! |
J’ai Hâte de voir la suite !!
Beau programmme et surtout belles images !!
Toujours aussi pertinents tes articles, ça frôle la dissertation !
Mais alors, nous faut-il proposer des images de premier choix, de second choix ou même plus ? ;-)
tres interessant, ton article… Faire des choix finalement, c’est debrayer les automatismes de son appareil photo….
j’adore parce que ce que tu dis me semble complètement évident mais tout n’était pas forcément exprimé consciemment dans ma petite tête ! … et c’est formulé exactement comme je le voudrais en + ! Je peux donc dire sans souci « mais c’est tout à fait ça ! » et attendre la suite avec impatience … :)
oui un veritable bonheur ! une liberté que l’on prend a bras le corps !!! merci pour ta visite ! ton blog, tes photos sont remarquables !
Un futur qui s’annonce chargé pour toi (écriture) et pour nous (lecture et compréhension).
Mais c’est vrai que sans choix, on ne fait rien.
Bones > Ah bah, minute, je viens à peine de finir d’écrire celui-là !!
Bon, je vais essayer de me mettre à l’ouvrage rapidos pour le suivant. :)
Gildas > Merci ! Souvent l’image est plus parlante encore que les mots même si elle en a besoin pour mettre le doigt là où ça fiat mal !! (et parfois où ça fait du bien !)
David > Merci bien ! ça va, c’était pas trop formel quand même, ultra ennuyeux à lire ?!
Il nous faut proposer des images de premier choix… et par là même, savoir choisir les images que l’on propose !!
Frederic > Oui et non ! Dans certains cas (mise au point, diaphragme/vitesse etc), il s’agit comme tu dis de débrayer les automatismes de l’appareil pour être davantage partie prenante dans la mise en oeuvre de la photo… mais pour la majorité des paramètres, l’appareil n’a pas la main mise sur nos choix.
C’est nous qui l’avons mais nous n’en avons pas conscience ou nous négligeons le pouvoir que nous avons sur l’image. Nous laissons donc faire nos propres automatismes, voire le hasard !
Et autant des automatismes bien acquis en faisant passer nos choix progressivement du conscient à l’inconscient, c’est le top, autant l’automatisme irréfléchi, et la paresse qui nous empêche de chercher davantage que ce qui nous vient sous l’oeil au premier abord, ça ne donne que des photos peu maîtrisées et hasardeuses.
Débrayons nos propres automatismes !!
Bidine > Ravie d’avoir exprimé les choses comme cela te correspond !
Il y a des tas de choses évidentes sur lesquelles on ne pense pas toujours à mettre des mots. Ce ne sont pas les évidences qui sont les plus faciles à formuler d’ailleurs ! J’espère que la suite te conviendra tout autant !
Carole > Oui ! Aucune prise de tête ! Que du bonheur créatif ! Et tant de possibilités qui s’ouvrent à nous !
Pierre > « Chargé » ?! On dirait que cela te fatigue d’avance !!
J’espère pouvoir être la plus claire possible pour que la lecture ne soit pas trop « chargée en compréhension ». :)
Sans choix, on fait n’importe quoi !!
Bonne journée à vous !
Et beh tout un programme !! Je sens que cette fois c’est moi qui vais te bombarder de questions !!! ;)
Article fort fort intéressant et si bien illustré !!! Qu’est-ce que j’aime tes photos !!!
Bon, pour apporter mon eau au moulin, je dirais que pour ma part, l’important est justement de choisir avec les contraintes qu’on a : techniques (objectif, lumière) et artistiques (qui dépendent beaucoup et souvent des contraintes et possibilités techniques, non ?). A partir de là, on est enfin libres de renoncer à telle ou telle prise de vue, à tel instant, que ce soit conscient ou non. Le plus terrible, pour ma part, est effectivement quand on dit : je n’avais pas le choix, c’est pou ça que cette photo est comme-ci ou comme ça.
Mais encore plus terrible, et là nous sommes vraiment dans le domaine artistique, est de se dire après coup, quand il n’y a plus rien à faire : mais pourquoi n’ais-je pas pensé à faire ça ou ça !!!
Bon, je ne suis pas sûre d’avoir été très claire car je n’y vois pas grand chose dans ce « champs » de message. Mais le coeur y était !!!
Ce que vous venez d’écrire, je commence seulement à en prendre conscience… Après un an de manipulation d’un réflex, les choix techniques deviennent presque un automatisme, et je peux me concentrer d’avantage sur le cadrage et la prise de vue. A une moindre échelle bien sur, je ne m’amuse qu’avec des photos de mes enfants.
Merci donc de prendre le temps pour toutes ces explications, que je lirai avec attention. Ce sera mon feuilleton de l’été !
Et le choix après la prise de vue, alors?Qu’elle importance y accordez vous?
Après le grattage (de cerveau) pourquoi pas une deuxième chance au tirage?Pour certains photographes, cartier-bresson entre autres, c’est même là que ce fait le veritable choix!
Anbleizdu > Eh bien, c’est fait pour ! Ou plutôt, j’espère que mes explications seront teeeeeellement limpides que tu n’auras pas à poser de questions !! ah hum ! ;)
Laurence > Merci merci !! Je ne me lasse pas qu’on me le dise tu sais ! :)
C’est vrai qu’il faut prendre en compte nos contraintes, choisir, parfois, entre deux contraintes… C’est rare, quand même qu’on se dise que l’on n’a pas le choix. En fait, je pense qu’on a presque toujours le choix, même si aucune des alternatives ne nous semble franchement convaincante !! (par exemple choisir d’avoir du grain ou de jouer le flou ?) Avoir le choix, c’est aussi, parfois, choisir le moins pire.
Et qui dit choix dit en effet regrets et remords… bah ça aussi c’est la vie !
Plus on est expérimenté, sans doute, et plus on est assuré dans ses choix… ainsi on a moins de regrets ! Dis toi que si c’est vexant d’avoir quelques regrets, c’est aussi très formateur (l’apprentissage par l’erreur). Ce qui serait dévastateur, ce serait de faire de mauvais choix, de ne pas s’en rendre compte et de les répéter sans cesse. Prendre conscience de ses choix après coup, c’est ce qui permet, avec le temps, de prendre conscience de son erreur au moment où on la fait, et, ainsi, de pouvoir la rectifier…. puis, même, de ne plus faire cette erreur de jugement du tout !
Merci Laurence pour ton commentaire ! J’espère qu’on a bien compris mais en tous cas, on a bien perçu que le coeur y était. :)
Stéph > Il n’y a pas de moindre échelle !! Quoi de plus beau que de réussir les photos de ses enfants ? Ce n’est pas le sujet qui détermine la qualité de l’image mais bien la manière dont on les prend. J’espère que ce feuilleton de l’été ne sera pas un mauvais film ! et qu’il sera intéressant et formateurs pour ceux qui le liront.
A bientôt alors ! Merci pour tant d’enthousiasme !
Gerroq > J’accorde, bien sûr, beaucoup d’importance aux choix après la prise de vue !! D’ailleurs, l’un des posts en relation avec celui ci, proposé en fin d’article s’appelle « Savons nous choisir nos images ? » … tout à fait révélateur non ? ;)
Personnellement, je pense tout de même que les choix majeurs se font juste avant le déclenchement. Après coup, l’editing est important, et le choix du rendu, du contraste est fondamental (ainsi que le choix d’une présentation pour une expo ou un livre par la suite…), mais cela me semble un peu exagéré de dire que c’est là que ce fait le véritable choix !! Il me semble qu’un choix de tirage doit être anticipé bien avant que l’on soit avec sa pellicule ou sa carte mémoire pleines ! L’exposition se fait à la prise de vue et même si un choix fait après coup peut s’avérer déterminant, la meilleure méthode me semble tout de même être celle du contrôle de son image par une intention précise. Ainsi, on sait dès le déclenchement si cette image sera tirée plutôt claire ou foncée, si l’on souhaite en dramatiser l’ambiance, s’il faudra vignetter le ciel, etc !
Le véritable choix est un processus à long terme qui englobe, même, tout le travail d’un auteur. ;)
Salut Anne-Laure !
Voici un article très intéressant. J’ai l’impression qu’il parle de chacun de nous, photographes. En même temps, cela m’interpelle : sur les choix maintes fois répétés et donc intégrés pour devenir des réflexes… et qui finissent peut-être par ne plus être faits, sur les non choix (par fainéantise, par stress,…).
Les photos qui accompagnent cet article sont très belles et illustrent parfaitement tes partis pris (donc tes choix).
Comme souvent Anne Laure, tu nous sers là un article fort bien réfléchi et complètement aboutit.
Merci de nous faire réfléchir sur la philosophie photographique. En pratiquant, on finit par souvent finir le nez dans le guidon, sans relever la tête de temps en temps pour analyser les choses.
En plaçant la photographie comme une succession de plus ou moins de choix, je pense que tu fais une bonne description de la démarche de composition. D’autant que c’est particulièrement vrai dans le type de photo que je pratique : la nature. Le sujet est peu maitrisable, tu as donc peu d’influence sur lui, mieux vaut laisser cet aspect de coté et se concentrer sur la composition et le diaphragme (surtout en macro).
Progresser en photo une fois les bases aquise est de mon point de vu, accélérer sa prise de décision et la mise en place de celles-ci, afin de ne pas rater l’instant. Combien de photographes débutants connaissaient les réglages et les choix à faire pour une prise de vue et se sont retrouvé à dire : mince!! 3s plus tôt c’était la photo du siècle!
Amitiés photographiques
Vincent
tout a été dit déjà dans les commentaires ci-dessus…j’y mets juste mon grain de sel pour que tu constates que tu es très lue des fois que te viendrait à l’idée d’arrêter d’écrire des articles!!!!!!
D’accord Anne-Laure, le bouton vert c’est « clic-clac, merci K…K »(publicité que les plus jeunes ne doivent pas connaître).
Une fois encore, tu nous incites à travailler, réfléchir… chemin de longue haleine, de vraie exigence, ardu (art dû !) bien souvent.
Mais en ta compagnie, on irait au bout du monde.
Bonnes fêtes.