Billets d'humeur Photo

Photographes professionnels et amateurs… même combat !

Souvent les photographes amateurs (ceux qui aiment et font de la photo, mais n’en font pas leur activité professionnelle principale) voient d’un mauvais oeil les revendications des professionnels. Ils pensent que les pros leur reprochent de faire de bonnes photos et de leur prendre leur boulot !!

Les photographes professionnels, eux (ceux qui veulent vivre de la photographie), s’insurgent parfois contre ceux qui donnent gratuitement leurs photos, ou les vendent peu cher…

Résultat, une scission professionnels / amateurs, à l’origine de discussions sans fin, de polémiques interminables…

Mais que les choses soient claires, selon moi, cette opposition se base sur des raisonnements erronés !
Elle est attisée par quelques-uns qui trouvent malin de défendre leur paroisse en dénigrant celle des autres, mais ne concerne pas, je le pense, la majorité des photographes.
Aimer et pratiquer la photographie est le point commun qui nous rassemble.
Notre souci à tous, amateurs et professionnels, c’est de défendre la photographie, de lui redonner, là où elle les a perdues, ses lettres de noblesse !

Petite mise au point tout à fait subjective sur ce thème…
Et comme vous allez le voir, tout le monde va en prendre pour son grade !! ;)

AMATEURS / PROFESSIONNELS : IL NE S’AGIT PAS D’UN JUGEMENT DE VALEUR !

Pour commencer, une chose doit être énoncée clairement : la distinction pro/amateur ne correspond pas à un jugement de valeur sur la qualité des photographies !

On oublie souvent que l’amateur est tout simplement “celui qui aime”, et parfois pratique… Il ne s’agit absolument pas d’un terme dévalorisant désignant ceux qui s’essayent vaguement à une discipline sans arriver à grand chose d’honorable (sous entendu « sans parvenir à gagner des sous par ce biais ») !!


 

Nous, professionnels, pourrions espérer que nos photos soient les meilleures, mais il faut avouer que ce n’est pas toujours le cas.
Est-ce choquant d’accepter que certaines photos d’amateurs puissent être considérées comme plus jolies que celles de pro ? Eh bien non ! Et cela pour plusieurs raisons :

- Si certains amateurs font des photos splendides, allons-nous nous en offusquer ? Le leur reprocher ?! Les professionnels vont-ils obliger les amateurs à faire de moins bonnes photos qu’eux ?! Cela me semblerait assez risible !

- Le travail du photographe professionnel n’est pas, contrairement à ce que l’on pourrait croire, de faire les meilleures photos possibles. Son travail consiste à réaliser les meilleures images POUR son client, selon ses besoins ! Et cette nuance est de taille !
Ainsi, un amateur qui fait des photos magnifiques de son propre chef ne fera pas forcément concurrence à un professionnel car il n’aura pas les mêmes compétences pour gérer les contraintes imposées par le client, et fournir LA photo qui correspond aux besoins pour une brochure, un site internet etc..
Ce n’est donc pas le même enjeu.

- Dans le même esprit que la remarque précédente, l’objectif d’un professionnel, c’est de vendre.

Et, malheureusement, ce n’est pas toujours la meilleure photo qui se vend le mieux

De même, au niveau “éthique”, faut-il penser que les amateurs sont de ceux qui se contentent de la photo de famille et de vacances, quand les professionnels, du haut de leur statut flatteur, sont des artistes qui monnayent leurs créations ?!
Ce point de vue, pour le coup, serait sacrément réducteur !


Faut-il pour autant en conclure que les amateurs sont les vrais créateurs, désintéressés, poussés uniquement par le désir de créer, tandis que les professionnels ne sont que de vulgaires commerciaux, qui prostituent leur photographie ?!
Hum, j’en suis aussi peu convaincue !!

A nous de ne pas voir l’opposition amateurs / professionnels comme un jugement de valeur, mais comme une différence de statut.
Ce qui fait la différence entre les deux, c’est tout simplement le besoin, ou non, de vivre de ses photographies !

LA DEMOCRATISATION DE LA PHOTOGRAPHIE

Au cours de ces dernières années, le numérique a contribué à brouiller les limites, donnant plus de possibilités aux amateurs pour affiner leur travail (s’entraîner en numérique n’est-il pas, finalement, gratuit ?), et le présenter.
Je suis bien loin de voir d’un mauvais oeil ces photographies d’amateurs éclairés qui nous enchantent, parfois, de leurs images. Car moi aussi, bien sûr, je suis amatrice de photo !

Et s’ils souhaitent les vendre ou se proposer pour des prises de vue, tant mieux ! La qualité des photographies sur le marché s’en verra améliorée.

Je me réjouirais encore davantage de cette démocratisation de la photographie, si elle n’était pas synonyme de banalisation !

Selon moi, le seul motif d’opposition entre amateurs et professionnels, en photo, ce sont les conditions de cession des photos, les tarifs.
Les acheteurs potentiels de photos profitent trop souvent de la méconnaissance des amateurs sur les tarifs pratiqués, de leur envie (tout à fait louable) de voir leur activité reconnue par une publication, d’avoir leur nom près de leur image…
Vous êtes photographes amateurs ? N’acceptez pas de vous faire ainsi arnaquer par des gens qui vous laissent croire que vos images ne valent rien ! Vous croyez mettre vos images en valeur en les laissant utiliser par un site ou un magazine mais vous ne faites que les dévaloriser en les bradant, en les offrant !
Vous aussi, battez-vous pour que la qualité de vos images soient reconnue !
Pour que la photographie ne soit pas considérée comme un consommable que l’on peut acheter à bas prix ou extorquer à ses auteurs !

Le marché de la photo est dévalorisé par des images cédées gracieusement (sans mauvaise arrière pensée dans la tête de l’amateur) ou des tarifs défiants tout concurrence et à des années lumières de ceux pratiqués par des professionnels (qui reversent de la TVA, doivent y prélever des cotisations sociales, faire fonctionner leur activité…).


C’est ce que l’on appelle “casser le marché“, et si ce phénomène n’est pas spécifique à la photographie, notre discipline en est particulièrement touchée à cause (ou grâce !) à sa démocratisation grandissante.
Et, parfois, cela me donne l’impression qu’Internet est la plateforme rêvée pour les profiteurs qui souhaitent obtenir de la matière à bas prix en exploitant les amateurs ! Combien de sites ont cette pratique comme fond de commerce ?!!

Cela dit, si un amateur vend une photo de manière légale (déclarée), au tarif en vigueur à un client que j’aurais pu avoir, eh bien c’est que son image est meilleure que la mienne ! C’est de la concurrence loyale !
Si son travail a davantage convaincu que le mien, tant mieux pour lui. Je ne peux donc m’en prendre qu’à moi-même !

 

UN MANQUE D’HUMILITE ?

Vient parasiter quelque peu cette déclaration un autre élément majeur de notre profession : le réseau, le contact… sans doute devrais-je dire le piston ! Cela influe beaucoup sur le choix du prestataire, souvent davantage que la qualité du travail présenté…
C’est, en effet, bien souvent, le pistonné sans talent (qu’il soit pro ou non) qui obtient le job car les entreprises ont la flemme de chercher un bon professionnel… Elles négligent l’impact d’une bonne photo.
C’est celui qui est là au bon moment, qui connait untel, ou, même, qui est meilleur commercialement (mais pas forcément photographiquement) qui remporte le marché.

A ce niveau, il me semble que certains amateurs manquent cruellement d’humilité… (eh bien, j’avais dit que chacun allait en prendre pour son grade ! ;) ) Souvent, ce sont eux qui ont le bon contact, et quand on leur parle d’un besoin en photographies, il y a cette petite jalousie enfouie qui ressort, cette envie de faire les photos qui écrase le reste et qui les poussent à se proposer eux-même.

Je ne dis pas que tous les amateurs qui se proposent pour une prestation photographique ont tort de le faire !
Simplement, prendre un engagement professionnel (ou même proposer ses photos gratuitement à quelqu’un qui en a besoin pour faire sa promotion), cela ne se fait pas à la légère.
Il faudrait plus souvent se poser la question par deux fois avant de foncer tête baissée dans une prise de vue que l’on ne saura pas gérer. Je trouve cela réellement choquant de retrouver ces amateurs inconscients paniqués sur les forums photo et qui demandent des conseils pour ne pas perdre la face dans la prestation qu’on leur a confiée…
Est-ce aux amateurs compétents ou aux professionnels de passer du temps à aider ceux qui ont accepté inconsidérément une prise de vue ? Bien sûr que non !

Pour moi, il faut faire les choses dans le bon ordre. Apprendre, s’entraîner, évoluer en photographie (en demandant des conseils sur un forum si on le souhaite…) PUIS accepter une prise de vue SI l’on s’en sent capable !
Internet n’est pas le manuel du faux professionnel en tout ! (J’ai eu l’occasion de constater que ce problème survenait également dans d’autres professions)

Personnellement, cela m’est arrivé de refuser des prestations qui ne me correspondait pas même si mon statut de professionnel implique que toute somme gagnée est bonne à prendre…
Ainsi, si je dis que certains amateurs manquent d’humilité, c’est qu’il serait bon, je crois, que les véritables amateurs de photos contribuent à améliorer la qualité des photographies sur le marché en conseillant, parfois, un très bon professionnel de leur connaissance, plutôt qu’en gardant jalousement leurs «plans photo».

 

LES COMPETENCES DES PROFESSIONNELS

Comme je le disais précédemment, le professionnel n’est pas seulement celui qui fait la plus belle photo.

Son travail consiste, le plus souvent, à créer un bon outil de communication.
Il doit donc concilier l’aspect descriptif et commercial avec une démarche artistique, la recherche d’une originalité.

Le photographe professionnel est au service d’un client, d’un produit (ce peut être un lieu, un objet, une manifestation).
A lui de proposer une mise en valeur de ce produit tout en sachant aller au delà…

Car le bon photographe professionnel se doit, selon moi, d’avoir sa patte et de promouvoir une marque, un édifice, avec personnalité.

 

Voilà quelques raisons pour lesquelles, souvent, l’amateur aurait intérêt à orienter son contact vers un professionnel :

 

- La disponibilité.
C’est une lapalissade : pour le pro, la photo, c’est son boulot !
Une prestation commandée est donc prioritaire et peu de contraintes viennent interférer avec la prise de vue. Ainsi, il pourra se déplacer à l’horaire qui convient le mieux au client, qui lui donnera la meilleure lumière.
Il pourra livrer le travail dans un délai plus court que l’amateur qui doit concilier cela avec ses 35 heures + sa vie de famille.

- Le respect des exigences.
On peut exiger davantage de choses d’un professionnel que d’un amateur. On peut presque tout exiger de lui en fait. Le pro est habitué à gérer les contraintes, à proposer plusieurs options à ses clients.
On peut exiger de lui un délai court, une discrétion exemplaire, une réceptivité et une écoute accrues, etc.
Car c’est cela le professionnalisme !

- La neutralité.
Si l’on peut tout exiger d’un professionnel, c’est aussi que l’affectif n’interfère pas dans sa relation au client.
La personne qui embauche son cousin amateur peut vite avoir des scrupules à lui imposer des exigences, voire à lui reprocher la mauvaise qualité de ses photographies.
Quand on achète à prix bradé à une connaissance, il y a une contrepartie : on se contente de ce que la personne sait faire et veut bien réaliser pour le prix indiqué…
Ce n’est pas le cas avec un professionnel.

- L’expérience.
Plus j’avance dans mon métier et plus je me rends compte que le rapport au client est un aspect réellement essentiel de notre travail.
J’ai appris, par expérience, qu’il fallait, dans la plupart des cas aller plus loin que ce que le client demande (après tout, c’est nous les photographes ! Eux ne savent pas forcément ce qu’ils peuvent obtenir comme résultat optimal!). Il faut parfois savoir désobéir au client pour le satisfaire pleinement (aussi paradoxal que cela puisse paraître), être autonome, proposer, s’imposer parfois.
On est assez loin, finalement, de la problématique de faire la photo réussie que le client semble attendre !

 

Bien entendu, cet ensemble de points n’est pas exhaustif, et ne constitue pas, je le rappelle, une manière de discréditer les amateurs.

Mais, si dans certains cas, on demande à un pote de nous ouvrir le capot, dans d’autres cas (en fonction du problème rencontré, du véhicule en jeu…) on préfère amplement amener notre véhicule au garage. C’est une sécurité.
De même, il n’est pas recommandé de se soigner seul avec quelques médicaments traînant dans notre armoire à pharmacie, ou de suivre les conseils de n’importe qui à ce sujet…
Et si la photographie n’est pas une discipline vitale comme la médecine ou la mécanique, on comprend sans peine qu’une communication ratée peut avoir des conséquences assez désastreuses sur l’avenir d’une entreprise…
Ou d’un particulier d’ailleurs… (j’ai entendu des histoires à pleurer sur des soi-disant photographes de mariage… c’est bien triste de prendre ainsi à la légère un événement dont les gens souhaitent tant garder de souvenirs…).

 

En guise d’illustration, quelques photographies réalisées malgré certaines contraintes clients, ou démontrant la nécessité d’outrepasser parfois sa demande.

 

VIVRE DE LA PHOTOGRAPHIE

C’est le fait de vouloir vivre de la photographie qui fait la différence entre l’amateur et le professionnel
Je dirais même plus, une fois qu’il en a fait le choix, il ne s’agit plus vraiment de «vouloir», le professionnel DOIT vivre de la photographie.
Or, c’est vrai que ce n’est pas une sinécure !

Sans m’étendre trop longuement sur ce point, je dirais que même si, en théorie, je ne souhaite pas voir d’un mauvais oeil les amateurs qui arrondissent leurs fins de mois en faisant des photos, je ne peux m’empêcher de penser, aux périodes de baisse de régime et de découragement, qu’il s’agit là, forcément, de contrats perdus pour ceux qui ont bien du mal à obtenir un revenu correct de la photographie
De plus, les semi-pros ont un avantage redoutable : ils sont dans la vie active. Ils bénéficient des contacts créés par leur autre boulot, et ont une vie sociale souvent bien plus développée que celles des photographes pros qui vivent parfois, il faut bien le dire, trop retranchés sur leurs images.

Souvent, les gens ont l’impression que la photographie, c’est gratuit !
Eh bien oui, à l’ère du numérique, cela ne coûte rien, parait-il !
Faites le compte du coût de votre matériel photo, boîtier, objectifs, sac, cartes mémoire, matériel informatique, connexion internet rapide, frais kilométriques, temps passé… et redemandez-vous à nouveau si la photo ne coûte rien !

Alors, en effet (et d’autres en ont parlé plus longuement que moi), gagner moins d’1€ pour une photo dans ce que l’on appelle les microstocks, c’est absolument intolérable. Car on ne peut pas vivre de cette manière.
Le beurre dans les épinards des uns risque fort de conduire les autres à «patates sans beurre tous les jours»…
Ce n’est pas parce que j’aime faire des gâteaux sur mon temps de loisir que je les vends à 10 centimes à mes voisins de palier pour me faire plaisir, me faire connaître tout en concurrençant mon pâtissier !

Pour conclure ce passage épineux, amateurs, vendez vos photos et vos prestations si vous le souhaitezc’est votre droit le plus strict. Mais vendez-le au prix du marché, renseignez vous !
Ne laissez-pas le client fixer son prix en vous faisant croire que 50€, c’est très généreux pour le reportage complet qu’ils vont utilisez à tort et à travers pour des utilisations commerciales ! (pour infos, mes tarifs sont consultables ici… cela peut déjà donner quelques ordres de grandeur même si chacun voit midi à sa porte.)

MÊME COMBAT ? QUEL COMBAT ?

Ainsi, si j’ai intitulé cet article «photographes professionnels et amateurs, même combat», c’est que malgré nos différences, nous avons tous à coeur, je pense, de promouvoir la photographie.

Loin d’être en opposition, nous nous devons, même, de collaborer pour défendre nos images, les faire respecter; pour défendre, aussi, la photographie comme un moyen d’expression et non comme une technique d’illustration facile !

C’est pour cette raison que je déclare : photographes amateurs et professionnels, même combat:
le respect de nos images.

Ce respect passe par une prise de conscience du travail effectué (il ne suffit PAS d’appuyer sur le bouton ! Ce n’est pas gratuit !), une acceptation mutuelle de la démarche de chacun, et le maintien d’une qualité haute des productions photographiques.

Face à la quantité gigantesque d’images qui nous inonde chaque jour, essayons de répondre par la qualité ; dans les images que nous faisons mais aussi dans les images que nous utilisons.
Ne faisons pas comme ces magazine photo qui illustrent certaines parties de leur magazine avec des images de microstocks achetées à bas prix ! Soyons fermes et cohérents !

A nous de respecter nos propres images en défendant nos droits patrimoniaux (une rémunération correcte) et moraux (le respect de la photographie et la mention du nom de son auteur).
A nous d’oeuvrer pour que l’on respecte à nouveau nos photographies, que l’on soit professionnel ou amateur.

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Discussion

55 commentaires pour “Photographes professionnels et amateurs… même combat !”

  1. 2700 mots => j’imprime pour lecture….

    Posté par Arnaud | février 12, 2009, 16:16
  2. En vrac :
    Un autre effet pervers du numérique qui contribue à dévaloriser le travail photographique : chacun peut appuyer sur un bouton et s’imagine que c’est à la portée de tout le monde. Et je ne parle pas de ceux qui pensent que les photos ne sont bonnes que parce qu’on a un super appareil. L’ignorance fait des ravages et ce dans tous les domaines.
    Je te suis sur la différence amateur/professionnel. Venant du monde du conseil je retrouve les mêmes contraintes : qualité d’écoute, analyse des besoins, proposition adéquate, ne pas hésiter à aller à contre-courant dans l’intérêt du client…
    Il y a aussi une autre dimension: l’aspect purement artistique. C’est de là que vient la confusion. Un artiste (au sens large) n’est pas nécessairement professionnel mais tout le monde aime se voir comme tel…
    Merci pour cet article !!!

    Posté par Julien | février 12, 2009, 16:33
  3. Très bon article, qui répond à pas mal de questions que je me posais.
    Je ne vend pas mes photos, du moins pas encore. Je pense un jour pouvoir le faire, mais pas sur commande. J’ai un job, et je photographie à côté parce que je ne peux pas m’en empêcher ^^ en revanche, je ne me vois pas faire des contrats. Si je n’ai pas choisi cette voie, c’est justement pour m’éviter toute contrainte, quitte à ne pas en vivre du tout.

    Le fait est que j’ai été contacté (pour réaliser l’artwork d’un album). Et il ne m’est pas venu à un seul instant l’idée de faire payer pour ça. D’une part parce que l’artiste est autoproduit – et que je veux l’encourager, pas le plomber ; d’autre part parce que finalement, je ne m’estime pas encore suffisamment expérimenté pour prétendre à une quelconque rémunération. Et loin de moi l’idée de vouloir prendre la place d’un professionnel, je me dis juste que s’il m’a contacté moi, c’est que mon style s’y prêtait.

    Tout ça pour dire que même si je comprend la problématique des photographes professionnels vis à vis du marché, je ne peux pas pour autant prétendre vendre mes photos au même prix qu’eux. Simple question d’humilité. Et pas question de les vendre cher pour le principe non plus. D’ailleurs, quand peut-on savoir qu’on « mérite » de vendre ses photos au prix du marché ?
    Le tout, c’est peut-être de simplement, comme tu le dis, de continuer à ne pas jouer sur le même terrain ?

    Je suis curieux de voir les autres réactions.

    Posté par Gëist | février 12, 2009, 16:52
  4. Anne-Laure,
    je prendrais de lire ton article avec plus de temps car je suis entre deux commandes . Comme tu dis « amateur » est celui qui « aime l’image » mais aujourd’hui en tant que professionnels, nous assistons à une grande braderie des prix orchestrée par les microstock, par des jeunes confrères ou consoeurs qui cassent les tarifs de production (j’entends ici ou là des journées de prise de vue à moins de 300 euros alors qu’il y a une post-production,des charges, un amortissement…) et une valse des statuts où chacun s’autorise à faire ce qui ne lui est pas autorisé (tel auteur-photographe va faire un mariage alors que c’est illégal avec ce statut lié aux Agessa notamment) sans oublier le dernier truc à la mode : auto-entrepreneur où plus d’un photographe s’engouffre (pros comme amateurs souhaitant arrondir ses fins de mois) avec une fois de plus la vision réaliste que les tarifs vont être bradés… Tant à dire mais ce sont des débats essentiels qui nous animent notamment à l’UPC

    Posté par Laurent | février 12, 2009, 17:41
  5. Allez, j’y vais de mon petit et modeste témoignage.
    Je te rejoins complètement (après une lecture rapide, certes !).
    D’abord parce que je me considère effectivement comme un amateur pour toutes les raisons que tu cites : je n’ai pas envie d’essayer de vivre de la photo (j’ai un métier qui me plaît), et encore moins répondre à des commandes.
    Pourtant, je vends des photos depuis quelques temps, via une agence. On pourrait considérer que j’empiète sur le domaine des pros. Mais c’est l’agence qui propose, le client qui choisit, et les cotisations sont les mêmes pour tous. Le choix ne se fait que sur l’image. Et je peux te dire qu’à chaque vente, j’ai une petite bouffée d’orgueil, un sentiment de reconnaissance de la qualité de mon « travail », puisque des gens sont prêts à le payer.
    C’est un peu pareil pour les expos. J’expose irrégulièrement, dans des lieux très modestes, mais c’est pour moi une façon irremplaçable de faire vivre mes images, et les rendre « utiles ». Les retours sont bons, et pas une fois je n’ai vu le regard des gens changer selon qu’ils croyaient que j’étais professionnel ou non. Pas plus qu’ils n’ont été choqués quand j’ai dit que je vendais les images, pas à un tarif exorbitant (restons modeste), mais à une valeur que j’estime juste. Ce qui signifie que j’en vends peu, mais qui fait que je pense être cohérent.
    Mais je crois que comme tu le dis bien, c’est la façon de voir notre activité qui donne la ligne que l’on suit. Perso, je préfère vendre une photo et savoir qu’elle est vraiment appréciée parce qu’elle est de qualité (estimée comme telle en tout cas !), plutôt que 10 000 photos à 1 euros parce que le numérique c’est super fun… Sans doute la nostalgie de l’argentique et de la belle ouvrage…

    Posté par David | février 12, 2009, 18:51
  6. Très bon article que je devrai relire avec attention! Merci Anne-Laure de contribuer à des réflexions que j’ai déjà…

    Pour moi, la frontière ne se situe pas au niveau de la différence entre photographe professionnel et photographe amateur, mais au niveau de l’artiste et du commerce. En fait, la différence est le processus qui a mené à la création d’une image. Est-ce que cette image est issue d’une démarche artistique ou est-elle une commande pour un client? J’ai beaucoup de difficulté à mettre art et commerce sur le même palier. Si une photo artistique amène comme résultat un revenu, c’est secondaire. L’art se situe dans le geste créatif et non dans le résultat…

    Je me permettrai peut-être d’autres commentaires après une lecture plus attentionnée de ton article!

    Posté par Meve | février 12, 2009, 19:24
  7. Euh … En fait je suis d’accord. Tout cela est fort bien dit !

    Posté par Catherine | février 12, 2009, 22:34
  8. je fais des photos en amateur, je fais les photos que j’ai envie de faire, je les exposent gratuitement sur mon blog, j’en vends très peu car je les vends très chères… et je ne travaille pas (homme au foyer) ! je me situe où moi ? c’est grave docteur ?

    Posté par laylacarina | février 12, 2009, 23:57
  9. Juste mon avis, amateur/professionnel, la comparaison n’existe que sur le plan commercial. Etre pro on gagne des sous (même un peu) avec ou sans talent, l’amateur pratique avec ou sans talent. La cagnotte ne fait pas la qualité.
    La valeur (autre que financière) d’un travail photographique ne permet pas de créer des catégories, en l’occurrence ces deux là….

    Posté par Jean-François | février 13, 2009, 11:47
  10. Mieux tu gagneras, meilleur professionnel tu seras…

    Posté par Jean-François | février 13, 2009, 12:00
  11. Bonjour,
    Nouvelle arrivée dans le monde des photographes amateurs qui souhaitent partager leurs images (merci Anna-Laure pour cette rencontre du hasard … et de la nécessité … -oui, oui, je sais, c’est facile …), je découvre les difficultés que vous pouvez rencontrer pour défendre votre métier. Il n’en est pas moins vrai que les points que vous soulevez concernent bon nombre de métiers, et notamment ceux qui touchent le monde des idées et de la création.

    Il est vrai que l’avènement de la technologie numérique à laquelle le grand public a désormais accès pose de nouvelles questions quant à la frontière entre l’artiste, l’amateur et l’artisan. Pour ma part, si je devais gagner ma vie en étant photographe (ce qui ne risque pas de devenir le cas …), je crois que je me présenterai plus comme artisan.
    Et comme partout, chez les photographes, il y a des bons et des moins bons artisans, il y en a qui sont de véritables artistes – au delà de leur savoir-faire, ils ont une pâte, un regard, une sensibilité uniques. Et généralement, pour être plus prosaïque, … ils sont chers. Et il me semble qu’un amateur n’est jamais un artisan, parce que précisément ce n’est pas sont métier. Par contre il peut être un artiste !

    Pour finir, j’espère que ce n’est pas mon message de l’autre jour où je vous demandais des conseils en vue de ce voyage en Côte d’Ivoire. Pour lever toute ambiguïté, je suis totalement bénévole dans cette association et comme chacun d’entre nous, j’y apporte un peu de mes talents. Ayant l’étiquette « amatrice de photos », on m’a demandé d’en faire de belles, que je donnerai totalement gratuitement. Mon seul objectif étant : plus les photos auront de l’impact, plus les gens seront sensibilisés, plus on aura les moyens financiers pour tenter de ramener au moins un tout petit peu cet équilibre entre gens riches et gens pauvres.
    Et je crois qu’un artisan, un amateur ou un artiste partageant cette idée ferait de même dans ces circonstances, non ?
    En tout cas, bravo pour votre implication dans votre métier !

    Posté par Laurence | février 13, 2009, 12:10
  12. Attention : attaque pavé à lire

    Eh bien Anne Laure, en voilà un article qui promet des débats passionnés. Concrètement, je pense que tu aborde le sujet très sainement, de façon très réfléchie. Une bonne dissertation en somme.

    Tu abordes plusieurs points qui selon moi (qui suis amateur) sont extrêmement importants pour la sauvegarde de notre art.

    Je cite : « Simplement, prendre un engagement professionnel (ou même proposer ses photos gratuitement à quelqu’un qui en a besoin pour faire sa promotion), cela ne se fait pas à la légère. »

    Pour moi ce point est certainement le plus important!! Il m’est arrivé souvent (encore très récemment) de refuser un « contrat » (pour ne pas citer, un mariage) car je ne m’en sentais pas capable… Je sais pertinemment que mes photographies de cet évènement seront bonnes, peut être même très bonnes… mais quid de la pression? quid de l’attente de l’ami qui te fait confiance. Cette pression sur les épaules engendrera forcément un stress qui dans certains cas (le mien souvent) va diminuer de façon drastique la perception et la liberté pour shooter.

    Lorsque tu es pro, c’est ton métier de gérer cela, au delà même du simple fait de réaliser les prises de vues, ce qui au final est assez automatique quand tu as l’habitude.
    Cette pression et ce DEVOIR DE NON DECEVOIR est à mon sens le plus lourd à gérer au delà même de la technique… et pour le moment, je préfère laisser ce boulot pour des évènements aussi important pour le « client » à quelqu’un dont c’est le métier, même après 10 ans de photo amateur.

    2° point hyper important : la « non braderie » de notre travail. Selon moi, quitte à chercher la reconnaissance par des publications gratuites, pourquoi ne pas réaliser des expos dans des bibliothèque, œuvres caritatives etc… que de donner son boulot à des gens sans scrupules, qui génèrerons de l’argent à l’aide des clichés durement construits.

    Oui, il est très tentant en tant qu’amateur de se voir publier, même gratuitement, c’est certainement très gratifiant. Ceci vient de l’envie presque viscérale qu’a chacun au fond de soit de vouloir être reconnu dans son activité. Mais ne cédons pas à cette tentation. Si des gens souhaitent publier nos images ou les utiliser, c’est que celles ci ont une valeur… ne cassons pas cette valeur pour nos émotions les plus primaires.

    Pour finir (il n’est pas facile de faire une suite à une dissert sur le pouce comme cela sans plan), le débat entre pro et amateur est selon moi un faux débat, qui malheureusement est lui aussi dû à des émotions primaires que nous possédons tous au fond de nous. Ce besoin constant dans notre société d’établir une hiérarchie. De ce fait, naturellement, nombre de pro considère les comme des « sous » rivaux avide de leur piquer leur travail ; et à l’inverse les amateurs considère trop souvent les professionnels comme des parvenus, ceux qui ont eu le piston (ce qui est parfois vrai). Rarement les pro imaginent le travail colossal que peut abattre un amateur sur son cliché. Mais à l’inverse beaucoup d’amateurs envient les professionnels de vivre de leur art, sans s’imaginer la montagne d’administration, de promotion, de relations qu’il faut se coltiner pour avancer et gagner 3 sous… Et je pense sincèrement que peu d’amateurs supporterai cette charge de travail qui au final n’est pas de la photographie… donc souvent très ennuyeux vis à vis de ce qu’ils imaginent.

    Pour conclure et résumer mon pavé en 3 point, je dirais que :

    Être pro, c’est gérer une commande, une pression, un stress, une que n’a pas l’amateur sur le dos. Être pro c’est répondre à une demande puisque c’est bien connu : pas de commande, pas de sous.
    Ne pas brader son boulot, que l’on soit pro ou amateur. Mettons de coté notre ego pour la sauvegarde de notre art.
    Etre pro c’est se palucher un boulot pas marrant d’administratif, vivre avec un salaire souvent bas et instable…etc. En tant qu’amateur, il serait idiot d’idéaliser l’activité en tant que métier.

    Voilà, c’est tout pour moi. Même si je ne fais peut être qu’enfoncer des portes ouvertes par Anne Laure, je souhaitais témoigner de mon regard d’amateur.

    Posté par Vincent | février 13, 2009, 16:27
  13. Très intéressant comme débat! Il peut s’appliquer à tellement de professions de l’ère numérique (designer graphique, concepteur Web, blogueur/journaliste, etc.). Je serais intéressée à lire une déconstruction plus poussée des sites de microstock… En tant qu’ex designer de site Web, j’ai souvent fait affaire avec ce genre de site, parce qu’il aurait été tout à fait impensable pour le budget des projets sur lesquels je travaillais d’utiliser les services d’un professionnel pour créer une image sur mesure… D’ailleurs, les projets n’ont pas toujours besoin d’images sur mesure. Parfois on a simplement besoin d’une illustration générique, et alors je trouve « normal » de ne pas payer trop cher. Et puis, il y a des professionnels qui gagnent leur vie avec les sites de microstock!
    L’éthique est important pour moi, et j’aimerais en lire plus sur l’envers du décor…

    Posté par Maryse | février 13, 2009, 16:44
  14. Pour une déconstruction plus poussée des sites de microstock, je peux te conseiller l’excellent blog de Cédric Girard : aube-nature.com.
    Sans être caricaturale sa position est clairement engagée contre ce type de système et il s’en explique très bien.
    Après je pense qu’effectivement chacun défend ses billes et dans notre système actuel du tout au moindre cout, il n’est pas étonnant que certaines sociétés d’éditions y trouvent leur compte.

    Posté par vincent | février 13, 2009, 17:24
  15. Je vais lire ça, merci beaucoup pour la suggestion!

    Posté par Maryse | février 13, 2009, 19:48
  16. Superbe, tu apparait là où je ne t’attendais pas et avec moult arguments et des convictions plein la besace !

    En tout cas un article polémique qui a le mérite de poser les éléments du problème de façon quasi exhaustive !

    Posté par Bernard | février 14, 2009, 18:28
  17. Merci à tous pour vos réactions, votre participation !
    Je pourrais, sans doute, écrire encore des kilomètres pour répondre à chacune de vos remarques, mais j’ai déjà beaucoup bavardé d’entrée de jeu, alors voilà juste quelques éléments en vrac en réaction à vos interventions.

    Je crois que ceux qui pensent que la facilité technique est une facilité « tout court » ont décidément bien peu de jugement. Pour jouer du piano, il suffit d’appuyer sur les touches. Même un gamin de 2 ans sait le faire… Et pourtant, il n’est pas de notoriété publique qu’être pianiste soit plus facile qu’être guitariste ou trompettiste ! J’aurais même envie de dire au contraire ! Car justement, la facilité technique nous aveugle et nous rendu paresseux… Tout comme le sujet facile en photographie : qu’il est difficile de faire de vraiment bonnes photos lorsque nous sommes en position de touriste, émerveillés par tout ce que nous voyons !

    Comme je l’ai bien souligné, la distinction professionnel / amateur découle des revenus à obtenir. Un professionnel peut donc être un artiste, ou ne pas l’être, tout comme un amateur.

    L’idée qu’ont les amateurs qu’ils ne peuvent pas vendre leurs photos au même prix des professionnels provient d’un raisonnement erroné… Malheureusement, dans notre société de consommation, le prix ne dépend pas de la qualité du produit ou de la prestation… Il est directement lié à l’offre et la demande.
    Par conséquent, si quelqu’un est intéressé par vos photos, il y a une demande et les personnes concernées peuvent payer un prix convenable. A contrario, et là, on tombe un peu dans l’absurde, si un professionnel est dans le besoin et n’a pas de demande, il peut avoir tendance à baisser ses tarifs pour rendre son offre plus attirante… Conclusion : un amateur est bien mieux placé pour tirer un bon prix de ses images car il ne vend ses photos que sur une demande et n’a pas peur de perdre un client, contrairement au professionnel…
    Hum… et si je redevenais « amatrice » ?! ;)

    Pour les collègues artistes (pour les pochettes de CD par exemple), on fait parfois quelques exceptions tarifaires par amitié et connaissant les difficultés de ce genre de métier. Mais l’on n’obtient pas toujours de la gratitude… (Samuel, si tu me lis, j’attends toujours l’envoie de ta pochette CD que j’ai illustrée… ça me ferait plaisir de la voir après tout ce temps…)
    Et puis, attention tous les artistes ne sont pas fauchés ! Si le CD en question est financé par une maison de disque, il est normal que l’on soit rémunéré normalement !

    Je suis tout à fait d’accord pour dire qu’il est cent fois plus gratifiant de vendre une image à 300€ que 300 images à 100€ ! Dans le premier cas, la valeur du travail est 300, dans le second c’est 1€…
    Vendre est en effet une forme de reconnaissance… bien plus que pouvoir se vanter d’une publication ou avoir son nom ! Est-ce que j’en rajoute une couche en disant que seul l’argent donne de la valeur, même si je le déplore ?
    Bon, être exposé, ou être publié pour un ouvrage entier, c’est aussi une belle reconnaissance… mais cela ne vaut que lorsque cela présente un travail complet, avec une belle mise en valeur !

    Personnellement, je pense que la distinction art / commerce ne doit pas être confondue avec la distinction amateur / professionnels. On peut répondre à une commande par de l’art !
    D’ailleurs, l’art ne nait-il pas de la contrainte ?
    Nombreux artistes photographes ont fait de leurs travaux commerciaux des oeuvres d’art, ce n’est pas du tout incompatible (Sarah Moon est un bon exemple… c’est même la commande qui l’a poussée à développer son art photographique).
    Au contraire, quand un amateur fait des photos d’anniversaire ou de mariage par exemple, ne répond-il pas en quelque sorte à une commande des circonstances, des amis de la famille ? De nombreuses photos nous sont dictées par une sorte de « commande sociale »…
    Alors on peut être en commande que l’on soit professionnel ou amateur, de même que l’on peut faire de l’art, que le travail soit rémunéré, soit le fruit d’une demande à la prise de vue ou non. Tout dépend aussi, du dégré de liberté que laisse la commande.
    A lire à ce sujet,le texte de Didier Verreck « Art et commerce font-ils bon ménage ? » : http://vereeck.romandie.com/post/13253/142975.

    Le statut d’artisan existe aussi pour les photographes. Contrairement aux auteurs-pohotographes, les artisans peuvent avoir un magasin photo, peuvent vendre leurs tirages en éditions non numérotées au delà des fameux 30 exemplaires… C’est un statut différent tout simplement.

    Il est vrai qu’avant de vendre son travail, et en particulier de l’offrir ou le brader, il est important de se demander quel argent est généré derrière.
    En effet, si c’est pour une oeuvre caritative, la raisonnement n’est pas forcément le même… Cela dit, les oeuvres caritatives ont aussi leur salariés. Pourquoi certaines professions seraient-elles forcément rémunérées et d’autres non ? Pourquoi ceux dont on n’a pas besoin à temps plein et dont le travail est souvent considéré comme accessoire devraient-ils être moins payés, ou offrir leur travail ?
    De plus, se méfier aussi des structures qui semblent ne rien gagner… Cherchez l’anguille sous roche !

    Être pro, c’est en effet avoir à gérer des contraintes administratives, de prospection, de comptabilité, de rentabilité que n’ont pas tous ces amateurs qui travaillent au noir ! (cela m’étonnerait bien que ceux qui gagnent quelques euros par les microstock déclarent cette source de revenus !)
    Ceux-là ne payent pas non plus de charges. C’est donc non seulement déloyal, mais en plus, cela fait un manque à gagner pour l’Etat… donc pour nous tous

    Personnellement, je suis toujours un peu outrée qu’on me parle de magazines, ou de sites qui n’ont pas les moyens de s’acheter des photos… ils ont les moyens de payer un technicien pour créer le produit, de payer un designer, etc etc (j’en passe…), mais pas les photographes !
    Eh bien quand on crée un site, on ferait bien de prévoir la photo au budget ! Cela nous éviterait d’entendre chaque fois que comme les personnes bossant déjà sur le projet ont avalé les quelques milliers d’euros disponibles, il ne reste plus que 200€ pour les photos !!!
    A force, je suis réellement outrée d’entendre sans cesse cela !

    Le fait de vouloir utiliser ou non des photographies sur mesure influe assez peu sur le prix en fait. On trouve les photos qui ne sont pas faites sur mesure en banque d’images. Le prix d’une photo est tout de même de plusieurs dizaines voire centaines d’euros en fonction de son utilisation.
    Si l’on veut une photo sur mesure, on engage un photographe.
    Cela ne revient pas forcément plus cher ‘à la photo » car pour le prix de la prise de vue, on obtient plusieurs images, dont les tarifs sont en quelque sorte dégressifs. C’est un prix de gros en quelque sorte. Et puis quand le photographe répond à une commande, il ne prend aucun risque. Il a reçu un acompte (normalement) et sait que son travail va être rémunéré. Il y a une ristourne « sécurité » !
    Lorsque l’on fait les photos de notre propre chef (soit pour une banque d’image soit parce que quelqu’un nous a laissé entendre qu’il serait peut-être intéressé mais sans nous commander une prise de vue et que l’on souhaite faire quelques images pour lui montrer ce que l’on a à proposer), c’est une prise de risque. Ce travail est une sorte d’investissement… pas toujours rentable ! Dans la plupart des cas, ces photos ne seront jamais vendues ! On a donc besoin d’une « prime de risque » incluse dans le prix de la photo pour « retomber » un peu « sur nos pattes » quand on en vend une.
    C’est pour cela que personnellement, je ne trouve pas qu’une illustration dire « générique », non spécifique doive nécessairement coûter moins cher
    Selon moi, les professionnels qui gagnent leur vie avec les microstocks, cela tient de la légende. Un vrai mythe ! Si celui-ci estime que gagner sa vie correspond à gagner 2000€ (dont il doit déduire ses frais de matériel et de fonctionnement bien sûr), il lui fait donc vendre 4000 photos à 0,50€ par mois… je lui souhaite bon courage ! Imaginez vous combien il faut de photos dans le stock pour avoir tant de ventes ?
    Je pense que cela devrait au moins frôler les 100 000 photos… bien entendu de qualité, variées, calibrées selon les besoins des éventuels acheteurs…
    No comment !

    En effet, Vincent, j’ai pensé également au site de Cédric Girard en lisant le commentaire de Maryse. Merci pour cette info transmise ! Je n’aurais pas fait mieux ! En faisant une recherche sur son site avec « microstock« , on obtient ces différents articles : http://blog.aube-nature.com/?q=microstock.

    Comment ça, j’ai écrit tout de même un roman finalement ? (un peu de « gras » distillé par ci par là devrait rendre cela plus lisible…)
    Bien que nous ne soyons pas tombés dans la polémique (ouf !), ce sujet fait couler beaucoup d’encre !
    N’hésitez pas à réagir encore et nous faire part de votre point de vue sur la question !

    Posté par Anne-Laure Jacquart | février 16, 2009, 22:15
  18. Anne Laure, je suis entièrement d’accord avec ce que tu dis!!
    ça fait même du bien de voir que des gens pensent la même chose que l’on pense dans son petit coin!!
    Merci pour ton intervention joliment écrite!
    Bon courage

    Posté par Daska47 | février 16, 2009, 23:17
  19. En fait ce que tu décrit (et que tu décrie) à propos des microstocks est le contraire de ce que toute bonne entreprise fait.
    Je bosse dans la chimie, et dans notre milieu si un marché existe, le premier principe quand on veut s’introduire dedans est de … ne pas casser le prix de vente, sous peine de casser le marché.
    Quand je parle de casser le marché je parle de diviser un prix de 8€ du kilo par 2… pas de diviser par plus de 50… Ce que font les microstocks.

    En même temps, ils s’en « tapent », ils gagne de l’argent, le client aussi. Le seul qui n’est pas content, c’est celui qui bosse pour leur fournir le produit, mais ça… c’est pas dramatique puisqu’il y a des milier de photographes plus ou moins bons, avides de voir leur image quelque part.

    Ca me fait souvent franchement penser à ceux qui sont prêts à s’humillier devant des million de gens pour passer à la télé.

    Posté par Vincent | février 17, 2009, 0:21
  20. Bonjour Anne-Laure

    Excellent article, un poil « fouilli » de prime abord mais qui aborde finalement bien des choses très proches de la réalité !

    Pour répondre à Maryse, je pense que je suis plutôt bien placé étant donné que je viens de créer une agence web ;-)

    De fait, il existe une « exception » si j’ose dire dans le monde de la photographie, concernant le marché de l’image pour le web. La profession n’a pas vu venir ce marché en particulier, et ce sont les microstocks qui se sont engoufrés dans la brèche… surfant sur la vague de leurs tarifs au ras des pâquerettes pour aller aussi taper dans le marché traditionnel de l’édition, avec les conséquences que l’on connait !

    (il y a d’ailleurs une surenchère massive sur les tarifs en abonnement… avec des prix qui sont passés sous les 0.10€ récemment pour les achats de masse !)

    La réalité est qu’effectivement, le marché du web ne peut par nature pas se plier aux règles qui étaient jusqu’alors établies pour le marché de l’édition : un site web est par nature « mondial », et peut être vu autant par 50 personnes par semaine que par 5 millions. Cela ne dépend pas de la volonté du diffuseur mais du contenu dudit site !

    Par ailleurs, les tarifs pratiqués en matière de web design ont fondu comme neige au soleil ces dernières années, ce qui a expliqué aussi l’engouement pour les banques d’images discount pour tous les designers qui désiraient par ex. une photo de télévendeuse souriante avec son téléphone sur l’oreille. Il y a 10 ans, il fallait faire appel à un photographe professionnel, un mannequin, une maquilleuse, etc… Coût total : quelques centaines d’euros pour une photo !

    Inimaginable sur une prestation de web design qui sera vendue au plus quelques milliers d’euros, un site ne se limitant jamais à une photo ! De fait les barèmes existants (UPC en tête) sont assez « décalés » de la réalité sur ce point précis.

    La difficulté de ce marché est aussi le fait qu’une image diffusée et non « intégrée » dans une charte graphique, pourra être reprise par n’importe qui dans le monde, n’en eut-il pas le droit (allez donc faire payer un russe ou un chinois pour une image qu’il vous aura volé et qu’il utilisera sur des dizaines de sites !)

    Ajoutons à cela quelques margoulins de l’édition qui montent des magazines « torche-c.. » uniquement montés sur du contenu web volé (j’en ai été victime, et pas qu’un peu, avec l’un de ces mags qui aura construit la moitié d’un numéro complet à partir de l’un de mes sites web !) ; ce grâce aux procédés actuels d’impression, qui permettent de sortir des impressions offset en demi page « correctes » à partir d’images de 600 ou 700 pixels de large (vécu) !

    L’équation de la tarification des photographies est tout sauf simple, et c’est l’un des points névralgiques qui « oppose » si j’ose dire amateurs et professionnels. Quand un pro explique qu’une photo ne se brade pas et qu’il a en face un microstock qui propose des photos souvent équivalentes de qualité (soyons honnêtes) à 1 €, que pense le néophyte ?

    Là est la question.

    Posté par Cédric | février 17, 2009, 14:49
  21. Merci pour cet article qui reprend tant de questions qui me trottent dans la tête depuis que je me suis mise à la photo: je suis peintre au départ: un autre « art de l’image » où il me semble que le débat amateur/professionnel est beaucoup moins violent (à part sans doute dans quelques salons parisiens…) Et en peinture, comme en photo, certains bradent des oeuvres pour quelques euros dans nombre de marchés de printemps ou brocantes d’automne, alors que d’autres vont vendre en galerie et laisser une grosse commission à la galerie (des prix qui ne sont absolument pas liés à la qualité, tout comme en photo). En fait, je suis vraiment d’accord sur toute la ligne avec cet article, en particulier sur les relations art/artisanat. Alors, inutile d’en dire plus, et un grand merci pour ce texte.

    Posté par cathy B | février 17, 2009, 18:15
  22. fort bien dit !
    peintre digital, et écrivain chroniqueur, en plus ?
    quel talent !! ;o)

    Posté par Alain Plouviez | février 19, 2009, 11:35
  23. tres bien ecrit. je suis pro, et j’ai du mal à vivre de la photo. je me demande si il ne faut pas que j’arrete et que je passe à autre chose. mais c’est plus fort que moi, je m’accroche. Il faut arreter de brader les photos. les amateurs doivent vendre et non donner, sinon on va à la mort professionnel d’une grande partie de la profession (photographe, agence etc…)
    il faudrait faire diffuser ce texte pour que les gens prennent conscience de notre problème…
    merci

    Posté par serge d33 | février 19, 2009, 18:40
  24. Daska > Oui c’est l’intérêt de ce genre de « billets d’humeur » : partager son point de vue, qui est aussi celui de nombreuses autres personnes qui ne savent pas forcément comment le formuler !

    Vincent > Le principe de respecter le prix du marché est valable dans tous les domaines ! Quand tu dis que le stock est content et le client aussi, c’est en partie vraie, mais j’y mettrais un bémol ! Le client CROIT qu’il est content mais en fait, il a une photo pas terrible récupérée sur une plateforme pas terrible avec un suivi loin d’être terrible et qui ressemble d’assez loin à ce qu’il aurait souhaité… alors il se console en se disant que c’est pas cher. Le stock lui nivelle la qualité de ses images par le bas en le convainquant avec des prix ridicules !
    Personnellement, de plus en plus souvent, je me dis, en bouffant mon fromage pasteurisé de supermarché à 10€ le kg, en voyant la gueule d’une fringue faite en Chine au bout de 2 lavages, qu’on nous prend vraiment pour des cons et que payer 2 fois plus cher pour avoir une qualité 3 fois meilleure, c’est quand même la meilleure solution !
    Et pourtant, on a du mal à changer nos habitudes…
    Mais, peut-être que la société de conso est un peu en train de changer, avec les préoccupations écolos, les gens qui veulent retrouver de l’authentique, de la qualité ? Je l’espère en tous cas.
    Car je pense que certaines personnes commencent à se rendre compte du bourrage de crâne que l’on subit et de l’arnaque du super moins cher (et à racheter l’année prochaine). J’espère qu’ils s’en rendront compte pour la photo comme pour le reste et que nous arriverons à changer nos mentalités et nos habitudes…
    Oh là ! Mais je deviens rebelle moi !! ;)

    Cédric > Une agence web ?! Eh bien ! J’ai hâte d’en savoir plus !
    Cédric Girard VS Microstock, Acte 2 !!
    Personnellement, j’ai du mal à me faire une idée définitive sur les différences à prendre en compte entre le marché web et le marché de l’édition…
    Il semble être une idée répandue qu’une image présentée sur le web doit coûter moins cher qu’une image imprimée… or je ne sais pas trop quoi en penser…
    Car la diffusion peut-être largement plus importante et puis… n’est-ce pas une pensée un peu conservatrice, un peu rétrograde, que de considérer le web comme une sous-édition ? Le web ne génère-t-il pas plus d’argent actuellement que l’édition papier ?!…
    Je m’interroge…

    Cathy > Eh bien, je suis contente que mes petites bafouilles puissent apporter des éléments de réponse à des questions qui nous tournent dans la tête à tous !…
    Cela va peut-être être un peu choquant ce que je m’apprête à dire, mais est-ce que l’opposition pros / amateurs ne serait pas plus violente dans la photo que dans le domaine de la peinture parce que les gens ont encore plus de mal à différencier une bonne photo d’une mauvaise qu’un bon tableau d’un mauvais ?

    On admet plus facilement qu’un bon peintre a besoin non seulement d’une bonne technique mais aussi (et surtout !) d’un style personnel ! Alors qu’en photo, la plupart des gens ne voit que la technique et la photo, parait-il, c’est facile ! Il suffit d’appuyer sur le bouton ! Alors on demande au premier venu et ça ira bien…

    Alain > Que de dénominations flatteuses et harmonieuses à l’oreille !
    Pas sûr que tout cela soit adapté à mon cas personnel, mais photographier, écrire, chanter, imaginer, analyser, tout cela fait partie de la même démarche sans doute… cette démarche que j’ai tant besoin de comprendre et de faire partager !

    Serge > Que de tristesse dans ton intervention… Cela me fait de la peine bien sûr, et je m’y vois en miroir dans les moments de découragement…
    Si malgré tout tu t’accroches, c’est qu’il y a quelque chose ! C’est que c’est sans doute ce qui te convient même si c’est dur…
    Je crois qu’il faut de plus en plus repenser notre métier avec sa partie contacts, défendre sans cesse cette plus-value du photographe par rapport à la photo de microstock… Réfléchir toujours davantage à ce que l’on peut proposer en plus…
    Quant à diffuser ce texte (ou d’autres dans le même esprit), c’est en effet nécessaire pour une prise de conscience de notre situation !
    Puisque tu en parles, je précise que bien sûr, tout relais d’article est le bienvenu ! N’hésitez pas à le faire si vous souhaitez faire passer le mot, l’info, la mise en ligne d’un extrait et un lien et le tour est joué !

    Merci encore à vous pour vos visites et vos commentaires !

    Posté par Anne-Laure Jacquart | février 20, 2009, 17:25
  25. Anne-Laure, je suis d’accord avec tout ce que tu dis, ainsi qu’avec bien des commentaires, mais il me semble que dans l’affaire, tu oublies la notion d’auteur et surtout, sa diversité.

    Parmi les auteurs, certains acceptent régulièrement des commandes (ta définition et ta pratique), d’autres pas souvent (mon cas) ou jamais. Certains ont juste des photos en agence et exposent de temps à autre.

    Bref, la distinction amateur/pro n’a pas de sens dès lors qu’on considère la notion d’auteur car beaucoup d’auteurs sont au choix des semi-pros ou des amateurs professionnalisés, car ils n’en vivent pas complètement mais gagnent parfois pas mal d’argent, et font une compta.

    C’est l’idée même du réseau sur lequel nous bossons en ce moment.

    Sinon, depuis toujours je milite pour une utopie : imposer un prix minimum des photos, qui que soit qui les fournisse. Ça réglerait bien des questions même si ça semble irréaliste…

    Posté par Didier Vereeck | février 21, 2009, 15:20
  26. Bonjour Anne-Laure,
    voila un article qui de bon matin fait du bien a lire, j ai ce meme discours depuis des annees, aussi bien vis a vis d amateurs que de collegues pro, mais cela fait du bien de le voir ecrire aussi bien.

    Cordialement :)

    Posté par thomy | février 23, 2009, 9:40
  27. excellente analyse, je l’avais lu avant de partir, mais n’avais pas eu le temps de mettre un mot. J’aime beaucoup ce que tu dis là !

    Posté par Marie | février 25, 2009, 20:17
  28. Etant jeune amateur débutant (ça fait beaucoup) dans la photographie, ce « petit » sujet arrive au bon moment, ou je me pose tant de question sur la photo, et tout particulièrement le métier en lui-même. Merci d’y avoir apporté quelques réponses.

    Posté par Bones | mars 6, 2009, 9:10
  29. Bonjour,

    Jeune papa qui s’est volé de 500 euros par une société qui a pignon sur rue dans les maternités, je souhaiterais surtout faire la différences entre deux natures de pro. Il y a les pros qui aiment leur métier, connaissant leur matériel et un peu d’info (indispensable malgré tout avec les raws par exemple) et ceux qui n’ont qu’un talent : celui de commercial. Malheureusement ces derniers devraient disparaitre car ils polluent votre métier et n’apportent rien à leur client. Amateur moi même je pratique cet Art 1000 fois mieux qu’eux. Utiliser des D50 avec des flashs moisis sans même retoucher les photos pour des prix exhorbitants est une honte. Le marché est efficient et se régulera par lui même. Les abus se paieront. Il faudra espèrer que ce soit les pros-amateurs (ce qui aime) qui survivent au détriment des bons commerciaux. Aujourd’hui il est facile pour des amateurs de s’équiper avec du matos haut de gamme (genre D300 avec filtre, flash(s) et faire bien mieux que des pseudos pros. Je vous dirais mettez vous à jour et ainsi vous gagnerez bien votre vie.

    J’espère ne pas frosser les vrais pros car nous, amateurs, avons besoin de vos conseils. Votre site est très très bon.

    PS : Je ne monnaie pas mes services car j’ai les moyens que ma technique reste désintéressée.

    Posté par zepouet | avril 6, 2009, 14:57
  30. Bonjour,
    Il y a beaucoup de discernement, d’argumentation dans ton exposé. Je suis en partie d’accord avec toi sur le fait qu’il ne faille pas opposer amateurs et professionnels. Et qu’il faille changer l’impression qu’a le grand public actuellement. L’ère du numérique a bouleversé l’image. Effectivement, le digital a tout accéléré et simplifié les choses d’une certaine façon. Mais comme pour la musique, tout le monde pense que l’on peut disposer assez facilement et gratuitement d’oeuvres photographiques. De l’autre côté, certains sont « devenus » photographes par l’approche technologique de la chose (retouche photos à outrance)… Beaucoup ont aussi des prétentions, à mon goût, déplacées. Comme tu le dis, certains ont le « réseau » mais pas le talent Quand je vois le travail de certains pros en photo de mariage par ex, j’ai honte pour eux… D’autres ont aussi un peu oublié que la photo c’est un peu de technique pour beaucoup d’observation, de patience. On ne changera pas les geeks qui se feront plaisir avec un D3 pour faire des photos de famille ou de petites fleurs… :-)
    Aujourd’hui, c’est une réalité chiffrée, tout le monde s’achète un reflex. Tant mieux pour les fabricants mais effectivement, le risque est la banalisation de l’acte photographique. La qualité risque aussi de se diluer dans une quantité astronomique de clichés… Je regrette parfois le temps où les tirages étaient numérotés…

    Posté par Bruno | mai 22, 2009, 15:51
  31. Bonjour,
    Votre intervention me semble très intéressante et judicieuse. Photographe amateur, je fréquente régulièrement les salons, festivals et forums sur internet, et c’est vrai que cette question est récurente.
    Je pense cependant que la différence se fait surtout entre gens honnêtes et gens malhonnêtes.
    D’un côté, les amateurs, pour peu qu’il aient quelque talent, penvent vendre leurs photos (et s’ils en vendent on peu penser qu’ils en ont un minimum), mais il ne peuvent le faire QUE s’il sont déclarés comme auteur-photographe, affiliés aux Agessa (sinon, ils sont « hors la loi » puisqu’ils recoivent des revenus et… ne les déclarent pas !- c’est du travail au noir, comme vos le soulignez ci-dessus) et, dans se cas (sous ce statut), ne peuvent répondre à des commandes.Un auteur-photographe qui fait un reportage de mariage est là encore hors la loi; c’est plus compliqué pour une pochette de disque, car comment faire la distinction entre le groupe qui va passer une commande précise pour une photo d’illustration, ou le groupe qui a repéré une photo d’un photographe et qui correspond à son projet ?
    Il y a donc des amateurs honnêtes et des amateurs malhonnêtes.
    De même, chez les professionnels, comme le souligne ci-dessus zepouet, il y a le vrai professionnel, qui apporte son talent et sa compétence, et celui qui se dit professionnel en achetant un reflex bas de gamme et un flash, et qui vend de la M…
    Il y a des professionnels honnêtes et des professionnels malhonnêtes
    malheureusement, si le statut d’un photographe peut facilement se vérifier juridiquement, le talent, lui, n’est pas mesurable mécaniquement, et il n’y a que le bouche à oreille qui peut opérer.
    Par contre, pour fixer le prix d’un tirage photo, ce n’est pas toujours facile. Si les droits de reproduction se retrouvent assez facilement dans des barêmes (voir l’UPC ou certains professionnels, voir certains groupes de presse), les prix des tirages sont très fantaisistes, même chez les professionnels; une recherche sur internet m’a donné une fourchette entre 60 et + de 1000 € pour un tirage 30 x 45 !!!
    Pour les prix pratiqués par les microstocks, je pense qu’ils sont dans la plus grande illégalité vis à vis de nos lois… d’ailleurs ces sociétés ont toutes un siège social à hors de France, souvent hors d’Europe.
    Je terminerai en vous félicitant pour votre site, très intuitif, et pour votre travail. On sent chez vous une véritable… amateur !

    Posté par GOUSSARD | juin 25, 2009, 11:28
  32. Bonjour,
    Je suis venu sur votre site par le biais du site UPC que je consulte de temps en temps, surtout pour des questions de droits d’auteur. Je ne suis pas pro, heu… disons que je ne suis plus pro. En effet, j’étais photographe professionnel salarié dans une multi-nationale et, depuis 1 an, eh bien je suis à la retraite comme on dit. Je me retrouve donc à pratiquer pleinement ma passion : la PHOTOGRAPHIE, en amateur ! Je ne vends pas de photos, sauf en agence ; mais bon, c’est plus un jeu. Par contre, ce qui me « branche » et qui me permet de m’éclater dans ma passion, ce sont les concours internationaux (FIAP, PSA, RPS, etc…). Le fait d’avoir quelques bons résultats me permet de lier des liens avec de nombreux photographes étrangers, pro et amateurs. Et là, je constate que la notion de pro et d’amateur (au sens digne du teme bien-sûr) n’est pas la même partout et entre autres aux USA. Alors, je dirais que votre propos Anne-Laure, est juste et objectif ; mais que la pseudo-concurrence pro/amateur, en France, est surtout liée à une affaire d’argent et non une chance réelle laissée à l’art photographique. Enfin, merci pour votre site et merci pour cette étude que bon nombre de photographes n’osent pas aborder.
    Cordialement.
    Roger JOURDAIN Photographe amateur
    Membre de la Fédération Photographique de France
    Active member of the Photographic Society of America
    Member of the United Photographers International
    and this year : Winner in Portrait amateur section of the Photography Masters Cup 2009

    Posté par JOURDAIN | juin 30, 2009, 15:06
  33. [...] qui ont souvent bien du mal à se comprendre de part et d’autre (voir l’article “amateurs et professionnels, même combat”)… A travers ce suivi, certains amateurs prendront conscience que les professionnels ne leur [...]

    Posté par Mat ou Brillant ? Photo-club de Carnoules (Var) » Blog Archive » Une rencontre intéressante : la photographe Anne Laure Jacquart | septembre 29, 2009, 1:28
  34. Bonjour,
    Article et commentaires très intéressants.
    Quelqu’un a-t-il des informations sur le nombre de photographe professionnel et amateur « avertis » (quelqu’un sait-il où trouver ces informations).
    Merci d’avance
    Laurent

    Posté par Laurent | septembre 24, 2010, 9:34
  35. [...] leur art et leur travail. (Intéressant point de vue par Anne-Laure Jacquet -photographe- ici). Tags Categories [...]

    Posté par Web Culture – 1 // kamille l | février 11, 2011, 17:22
  36. Bonjour, votre article est extrêmement bien écrit, et même si je le lis deux ans après sa publication, le débat reste malheureusement d’actualité.
    Je suis d’accord avec vous quand vous dites que ce qui différencie un professionnel d’un amateur, c’est que le pro vit de son activité, alors que la rémunération n’est pas une nécessité pour l’amateur.
    Cependant, si « amateur » signifie « aimer », alors nous sommes tous des amateurs, même le professionnel qui a des dizaines d’années de carrière derrière lui. En avoir conscience nous permet, à nous les pros, de restez attentifs à l’évolution de la photographie, des techniques, à nous former, nous remettre en question… bref, à ne pas devenir que des vendeurs d’images.

    Posté par Aurélie de Photo-Marketing | mars 6, 2011, 11:09
  37. [...] à cet article, http://www.annelaurejacquart.com/coulisses_photographes-professionnels-et-amateurs-meme-combat_2017, dont je partage par ailleurs en grande majorité l’avis, il m’est venu un certain [...]

    Posté par LFE's Blog » Photographes Pro vs Amateurs : my five cents ;) | mars 11, 2011, 10:23
  38. Concernant le niveau d’exigence et surtout l’exigence de résultat :
    Sur un forum photo orienté « pro » (Nikonians si je me rappelle bien…) j’ai pu lire un jour quelque chose de ce style :
    « L’amateur arrête les tests dés qu’il a réussi,
    Le professionnel arrête les tests quand il ne rate plus. »
    :-)

    Sur ce même forum, j’ai lancé une discussion pour connaître les activités principales des pros. Bilan : pour la majorité, ce n’est pas la photo, mais la vente, le marketing, l’administratif, le juridique, etc. En résumé, être pro, c’est d’abord être entrepreneur, pas photographe.
    Le bon photographe pro est celui qui sait vendre son travail, pas celui qui fait les plus belles photos, ce qui corrobore ce qui est écrit dans ce billet :-)

    Posté par Christophe (un autre) | avril 19, 2011, 22:58
  39. Bonjour Anne-Laure,

    Bravo pour la qualité de votre article qui conjugue au passé les jugements de valeur, remet au présent de l’objectivité dans les propos et surtout tend à réconcilier les « aimants » de la photographie, amateurs ou professionnels, afin que chacun puisse trouver sa place.

    J’observe au travers des différentes interventions et commentaires que vous avez réussi grâce à votre éclairage à transformer une polémique en un débat sain et constructif, riche d’expériences et de points de vues complémentaires.

    Pour accompagner des indépendants des métiers de la création à vivre de leur métier-passion, et notamment des photographes professionnels, j’ai le sentiment que se focaliser sur la concurrence déloyale, générée soi-disant par les amateurs, peut devenir un leurre.

    Oui il y a une révolution numérique, oui il y a une profusion d’images, oui le marché a été chamboulé, oui il y a des répercussions financières chez les professionnels, … et pour toutes ces raisons bien réelles, il est légitime et très humain qu’il y ait de l’inquiétude, de la colère, du découragement, et que la profession essaie d’analyser le phénomène, de défendre ses intérêts et ses droits, de résister à cette évolution, de rechercher des bouc-émissaires (amateurs, sites marchands photo grand public…). C’est vrai, c’était mieux avant!

    J’abonde dans le sens de l’(autre!) Christophe : pour vivre de son métier(et c’est aussi son but!) un photographe pro, doit avant tout développer des aptitudes d’entrepreneur, en plus de son savoir faire artisanal/technique et/ou artistique(en sachant que le cumul des talents est permis!). Même s’il est toujours intéressant de chercher des causalités, de savoir « POURQUOI il est difficile de vendre », il me paraît bien plus important et plus efficace de trouver « COMMENT faire pour mieux vendre » dans ses nouvelles conditions.

    Le défi des photographes professionnels n’est-il pas, tout en continuant à les apprécier, de détourner leur regard des amateurs photo, pour orienter leur attention sur des solutions innovantes et devenir plus amateur de leur côté entrepreneur? A conjuguer au futur du subjectif!

    Posté par Frédéric Maillard | juin 6, 2011, 15:33
  40. Merci pour cet article passionnant et l analyse qui est faite.
    J en profite pour defendre mon point de vu sur le tarif a partiquer sur la vente des photos ou des services de la part de l amateur.
    Je suis moi meme amateur et en a fait de la photographie une passion. Je n ai jamais ete paye, j ai couvert des evenements de concerts et autre mariage, j ai offert toutes les photos sans aucune remuneration aucune. Pourquoi? Non pas parce que ca n avait pas de valeur venale sur le marche, et encore moins poir embeter les pros mais tout simplement pour mon plaisir egoisite de me faire plaisir.
    Pourquoi vendre une photo? Ce qui m interesse, c est de pouvoir participer a des evenements ou je peux m adonner a ma passion. Est ce qu un peintre amateur ne devrait pas offrir Ses dessins? Est ce qu un chanteur amateur ne pourrait pas faire profiter de son talent dans un parc? Est qu un jongleur ne pourrait pas montrer son art sans remuneration aux enfants dans la rue? Est ce que poete en herbe ne doit pas poster ses poemes gratuitement sur le net? Et le photographe amateur? Il est parfois comme moi, il se fait plaisir en offrant service et photo gratuitement…

    Posté par Joto | août 16, 2011, 0:48
  41. Joto, pour vous répondre rapidement, je dirais que le souci dépend de l’échelle.
    Tous les comparatifs que vous faites avec d’autres professions correspondent à des activités qui ne peuvent être que ponctuelles. Ainsi, qu’un peintre offre un tableau tout comme qu’un photographe offre un tirage (et j’ai bien dit « un tirage ») n’est pas problématique car cela n’empêchera pas tous les autres peintres et photographes de faire valoir leurs créations de par le monde et de vivre de cela.

    Mais la photo a une identité différente dès lors qu’elle est un fichier immatériel. Elle est comme la flamme d’une bougie qui peut non seulement en allumer une infinité d’autres (ce qui est positif) mais aussi déclencher un incendie dévastateur et incontrôlable (ce qui est dramatique).

    En offrant une prise de vue de mariage à des potes ou en faisant une photo pour l’album d’un musicien indépendant, vous faites une bonne oeuvre. :) Ainsi, rien ne vous empêche de faire plaisir aux autres par l’intermédiaire de la photo.
    Problème (d’autres amateurs s’y sont confrontés avant vous) : comment réagirez-vous quand vous vous rendrez compte qu’une personne à qui vous avez généreusement offert une prise de vue vend vos images à son compte ? les utilise de manière différente de celle que vous avez envisagée ? Que penserez-vous du fait que votre photo, si elle est maintes fois reprise, prive de travail des dizaines d’amateurs qui auraient pu être engagés pour réaliser une photo, différente à chaque fois, spécifique à un client plutôt que standardisée et piquée à un photographe amateur peu désireux de tirer un bénéfice de ses photos ?
    Comment verrez-vous les choses, enfin, si un jour vous souhaitez, pour une raison ou pour une autre, vendre vos images (on ne sais jamais où la vie nous mène !…), et qu’un client met finalement de côté une photo qui aurait pu vous faire gagner plusieurs milliers d’euros, dans le cadre d’un gros contrat (et qui pouvait, si votre situation était alors plus précaire, ce que je ne vous souhaite pas évidemment, éponger vos dettes et répondre à des besoins essentiels) parce qu’elle a déjà été utilisée gratuitement, à tous vents ?

    Ainsi, être généreux et vouloir faire de la photo un loisir tout en offrant ses images, c’est bien, mais il est important de réfléchir à la portée de ses actes et de voir les choses dans un contexte plus large, dans notre société sans frontière et sans barrières !
    Offrir une photo à quelqu’un qui n’a pas les moyens d’en acheter (mais pour de vrai bien sûr ! Je ne parle pas de ces offices du tourisme qui n’ont prétendument pas 100€ à mettre dans une photo !!) peut être une bonne chose, mais se faire exploiter, en tant qu’amateur, par des entreprises (ou des collectivités) peu scrupuleuses qui feront n’importe quoi de votre photo (un contrat de vente, c’est avant tout un contrat qui régit une utilisation) et renonceront à embaucher un photographe qui a de plus en plus de mal à trouver des clients désireux de rechercher de vraiment bonnes images, c’est autre chose.

    Vos photos ont une valeur. Déterminez toujours quel est le montant de ce que vous offrez.
    A grande échelle, offrir correspond à vous léser ou à priver quelqu’un d’autre d’un revenu bienvenu, sans pour autant faire une bonne action (le coût d’une photo est tout à fait négligeable pour beaucoup d’entreprises, même celles qui réchignent à le payer, étant convaincues, à force, qu’une photo s’offre ou se paye par la simple mention d’un nom qui, c’est sûr, fera la gloire de l’auteur mais ne s’achète pas à sa juste valeur).
    Rappelez-vous que les gens sont sans scrupules. Si vous aimez la photo, défendez-en, vous aussi, la valeur…

    Posté par Anne-Laure Jacquart | août 24, 2011, 13:47
  42. Bonjour,
    votre billet d’humeur est vraiment bien écrit.Celà dit,j’ai une question

    importante qui n’est pas citée:un photographe qui n’a pas de CFC a t-il le droit de mettre une annonce libellée « photographe professionnel »,ce terme est-il protégé? Il y en a plein les petites annonces.

    Posté par pierre-andré | janvier 27, 2012, 1:19
  43. Merci pour votre passage, Pierre-André.
    Je ne connaissais pas le terme « CFC », il semblerait que ce soit plutôt un terme suisse. Je suppose que votre question correspond à « faut-il avoir un diplôme pour se dire photographe professionnel » ?

    A priori, la réponse est non. Il n’y a pas de diplôme officiel requis pour être photographe. D’ailleurs, je vous avouerais que je n’ai moi-même pas fait d’école de photographie. :)

    Ce fait pose parfois problème car beaucoup se disent photographes pensant qu’il suffit de savoir à peu près se servir d’un appareil photo pour bien faire le boulot. Bien sûr, ceux-ci sont en tort mais n’est-ce pas aussi au client de s’assurer de la qualité du travail de son prestataire en visionnant ses images, en étudiant son devis ?
    Il n’y a pas non plus de diplôme requis, à ma connaissance, pour être compositeur, dessinateur, auteur, concepteur de sites web (des formations existent mais l’acquisition d’un diplôme n’est pas obligatoire pour exercer) etc.
    C’est la compétence qui tient lieu de « diplôme » : on fait ses preuves et l’on exerce, à l’ancienne !
    Cela ne me semble pas si choquant… Nous savons tous que le diplôme est loin d’être le garant d’une compétence avérée et qu’un travail parfait…

    Le bon sens voudrait que les photographes qui n’ont pas encore fait leurs preuves se retiennent de proposer des prestations qu’ils ne sont pas capables de mettre en oeuvre correctement et que les clients vérifient que le « photographe » en question propose une production de la qualité requise…
    Cela semble logique mais les évidences ne le sont pas pour tout le monde, c’est vrai.

    Posté par Anne-Laure Jacquart | janvier 30, 2012, 12:27
  44. [...] Le point de vue d’Anne-Laure Jacquart « Photographes professionnels et amateurs… même combat ! [...]

    Posté par Photographe : to be or not to be | Amaury VIAN – Se souvenir… | mars 11, 2012, 0:41
  45. le débat n’est pas liée à la qualité de l’image mais à la concurrence déloyale que ne comprennent pas certains photographe amateurs.
    je suis professionnel et considère la photo comme un art, donc accessible à tous.
    quand un amateur cède gratuitement une image à un organe de presse, c’est un bout de mon métier qui disparait.
    Si j’ouvre une boulangerie dans un village et que je fais des baguettes gratuite par ce que je suis un passionné de la boulangerie, que dira le boulanger qui gagne sa vie en vendant ses baguette.
    tu osera lui dire « c’est comme ça, tu n’a qu’à changer de métier ».

    Posté par Stevenin Pierre | avril 2, 2012, 21:03
  46. un photographe amateur qui vend ses photos et ses prestations … cela ressemble beaucoup a du travaille au black … :(

    Posté par Dartigane | mai 3, 2012, 19:11
  47. OUF !!! Merci et bravo pour cet article ô combien pertinent. En ce qui me concerne ( et qui concerne aussi cet article ), je me considères toujours doublement amateur : amateur dans le sens d’aimer la photographie dans son ensemble, mais aussi amateur dans le sens de  » a encore beaucoup à apprendre « . Il y a déjà quelques mois, sur un réseau social, j’écrivais sur ce sujet, mais en mettant en avant le fait que, finalement, les pros comme les amateurs sont en quelque sorte inter-dépendants. Vous parlez, tout au long de votre article, et à juste titre, de l’aspect financier de la photographie ; à quoi j’ajouterais, concernant les pros, le moment où, pour telle ou telle raison, ils cesseront leur activité.

    Puisque nous sommes tous d’accord sur le fait que ce combat qui se doit d’être commun est de promouvoir ( et sans doute aussi sauvegarder et préserver la photographie ), mon raisonnement tient dans le fait que l’amateur a tout à apprendre du pro, et que le pro se doit aussi de garder à l’esprit que c’est dans les amateurs d’aujourd’hui que se trouvent quelques pros de demain. Dénigrer le pro aurait, de fait, pour incidence, et pour une grande majorité de paparazzis du dimanche de se priver de la chance et de la possibilité d’évoluer et de s’améliorer, et dénigrer l’ensemble des amateurs pourrait selon moi avoir pour incidence de démotiver les amateurs qui pratiquent et veulent continuer de pratiquer pour une bonne et seule raison : la passion, l’amour de la photographie.

    Je concluerais mon intervention en disant que, tout amateur que je suis, je demande toujours devant témoins l’autorisation de prendre un portrait, et que, lorsque je demande l’autorisation d’utiliser mes photos sur mon ancien blog ou sur ce même réseau social, je le fais toujours par écrit en prenant soin d’indiquer les adresses des sites sur lesquels elles seront visibles. Enfin, je valide toujours cet échange par la remise de tirages des portraits pris. Dans le cas où j’oeuvre pour l’association dont je dépend à ce jour, je délimite avec les responsables les possibilités d’utilisation tant pour l’association que pour moi et celà, encore une fois, par écrit.

    Très bonne soirée et bon week-end à vous

    Posté par Vincent Binder | juin 16, 2012, 23:57
  48. Quel bel article!!!
    tout est dit!!
    je suis photographe amateur moi aussi et me sent bien diminué par certains photographe pro!!!je suis bien contente que vous ayez pu mettre le doigts dessus!!
    bonne journee
    marie

    Posté par marie | juillet 16, 2012, 14:29
  49. L’article est très bien fait mais n’oublions pas que la photographie est un métier reconnu et que c’est un des rares où l’on n’a pas l’obligation de justifier d’un diplôme pour cela.
    Alors essayons de comprendre les professionnels qui eux, ont fait des études pour en faire leur métier.

    Posté par Manu | juillet 21, 2012, 9:25
  50. Excellent article Mme Jacquart.

    Je me donne le titre d’artiste photographe, par crainte que photographe amateur ne fasse pas assez sérieux et que photographe professionnel implique que je gagne mon pain avec la photographie.

    En effet je tire mon chapeau aux photographes qui vivent de leur art. C’est aussi la même chose pour bien des arts: le chant, la musique, la peinture…

    J’aime voir des professionnels qui travaillent bien autant qualité d’images que commercialement.
    Je suis triste parfois de voir des gens qui se disent professionnels, avec de belles images, mais qui commettent des erreurs de débutant (des erreurs que si moi je les faisais, je pourrais au moins dire, que je ne me suis pas prétendu professionnel!)
    Faire de belles images c’est bien, mais répondre à des commandes, offrir un service complet et satisfaire la clientèle c’est bien plus demandant.

    Refusant le statut de professionnel j’essaie aussi d’assumer en refusant des travaux qui seraient mieux réalisés par un professionnels.
    Pour un mariage, j’hésite longtemps; je dois avoir le goût de le faire, d’avoir un lien affectif avec les mariés. Je leur rappelle mes longs délais de post production et la quantité d’alternatives professionnelles à leur disposition.

    J’essaie de limiter mes choix à des contrats qui me permettront d’avancer un peu plus loin mon art tout en rendant service à des amis n’auraient de toutes façons pas fait appel à un professionnel.

    J’ai décidé de toujours garder le plaisir à faire un contrat ou un shooting. Si les conditions deviennent commerciales, je suggère de s’adresser aux pro.
    La majorité de mes photos serviront à l’usage de mes amis, à celui d’organisme de charité ou pour mon simple plaisir. (Ex. Couverture d’évènements sportifs ou sociaux sans budgets de publicité)

    Finalement, je ne cesse d’adminer la maîtrise technique et artistique démontrée par les photographes professionnels, visible dans leur porte-folio. Selon moi, ils continuent de faire avancer l’art de la photographie bien plus que nous les amateurs même avertis.
    Le fait d’être tous les jours confronté à produire des images toujours plus excellentes, forge sans aucun doute l’artiste à devenir une bête créatrice difficile à égaler.

    Félicitations à tous les professionnels et bravo à tous les amateurs qui cherchent à être professionnels dans leurs créations.

    Luc Dallaire (nom d’usager internaute: Luke088)

    Posté par Luc Dallaire | août 31, 2012, 20:58
  51. bonjour

    Et bien ; voilà un sujet passionnant et passionné ! vu le nombre de réactions ; celà s appelle taper dans le mile !

    Je pense que la base du problème est la notion d amateur . Que ce soit dans la photos ou dans d autres secteurs ; la vision d amateurisme à beaucoup évolué ce qui peut parfois nous perdre . Voyons ce qui se passe dans le cinéma , la chanson ou bien le sport …………………………………… Prétendre aujourd hui que amateur ne rime pas avec qualité est une hérésie pour ne pas dire une c……. !
    il y a de tout dans l amateurisme , bien sur mais tout de mème ! Le nombre de sites ou blogs de photos ( de qualité ) dit d amateur est là pour l attester ! Mon plaisir à regarder leurs oeuvres est le mème que des photos de professionnels et je pense que c est celà qui compte !

    Je fais partie de ces amateurs ; mème pas de haut niveaux ! Je sais donc reconnaitre le talent , l originalité , la personnalité des photographes et personnellement , que celà vienne d un pro ou d un amat , je m en fout un peu ! Pour moi ; il y a deux plaisir : travailler sa photo et en découvrir le résultat .

    Il y a un autre aspect perturbant . C est l arrivée de la technique informatique et numérique . C est impressionnant les possibilités de retouche accessible à tous ! De quoi la encore se perdre ………………………………………………… non ? Finalement pourquoi a tous prix chercher les différences . Reconnaitre le beau travail n est il pas suffisant ?

    Allez qui que vous soyez , quelques soit votre talent ; munissez vous de votre appareil et amusez vous !

    sylvain

    Posté par sylvain | septembre 30, 2012, 22:51
  52. Bonjour,

    et merci pour cet article qui m’éclaire un peu !

    Cette notion m’a toujours mis mal à l’aise… Je suis moi-même photographe amatrice.

    Tant que mes sujets de prédilection étaient la nature ou les scènes de rues, je n’ai eu aucun problème de conscience. Je ne faisais que partager mes photos sur un blog, sans les vendre ni les donner. Juste le plaisir de shooter et de montrer le résultat.

    Seulement je me suis découvert une passion pour la photo de live.
    Et là, je ne sais plus comment faire. Je ne considère pas que la qualité de mes photos mérite une rémunération, surtout que, comme vous le décrivez fort bien, je bosse déjà 35h par semaine et j’ai une vie sociale, ce qui donne des délais très aléatoires. Seulement pour avoir une accréditation en festival ou concert, il faut la plupart du temps s’engager à ne pas tirer profit des clichés et les donner aux organisateurs.
    Dans ce cas précis, est-ce que je pique du boulot aux professionnels ?! Dois-je renoncer à la possibilité de me faire plaisir en faisant de la photo de concert ?

    En théorie, je suis à 100% d’accord avec vous. En pratique, ce n’est pas toujours aussi simple…

    Céline

    Posté par Céline | décembre 20, 2012, 16:00
  53. Céline, je sais bien qu’en pratique ce n’est pas toujours aussi simple… D’où cet article et nos échanges pour essayer d’y voir plus clair même si, de toute façon, il n’y a pas de règles !

    Effectivement, on ne facture pas forcément de la même manière une prestation amateur avec des délais et un investissement plus aléatoires et une prestation professionnelle pour laquelle on peut avoir toutes les exigences.

    En ce qui concerne les photos de concert que vous faites, je trouve cela assez choquant qu’on vous échange une accréditation contre le fait de « donner les photos aux organisateurs » ! Quelle utilisation des images peuvent-ils se permettre derrière ?
    Cela se fait parfois, selon un accord tacite, dans le cadre d’une bonne entente, mais le présenter comme une monnaie d’échange, presque un chantage, cela me semble assez gênant !

    Comme je l’ai souvent répété sur ce site (et en particulier dans cet article), avoir la possibilité de faire des images ne doit pas donner lieu à une cession de droits comme contre-partie ! L’échange n’est pas du tout « équitable »…

    Posté par Anne-Laure Jacquart | janvier 11, 2013, 10:25
  54. [...] La scission photographes professionnels / amateurs est à l’origine de discussions sans fin, de polémiques interminables… Mais que les choses soient claires, selon moi, cette opposition se base sur des raisonnements erronés !  [...]

    Posté par Photographes professionnels et amateurs… même combat ! | Au Présent du Subjectif | Fingerprint | Scoop.it | février 18, 2013, 1:01
  55. Bonjour,
    en résumé si j’ai bien compris rien n’est figé,mais le principal est le respect de l’autre et surtout de sa photo.cela est le plus dur!!
    Pour mon compte je ne me considère pas comme amateur dans le sens ou vous l’entendez, mais plutôt comme un oeil qui s’ouvre de temps en temps.
    Lors de mes photos (en trail) je ne vend pas je donne et tout libre de droit (je reste dans l’esprit trail « l’entraide »)
    Pour que les photographe pros qui sont sur le circuit ,j’ai pris l’habitude d’attendre 10 jours avant de publier.
    Quand pensez vous

    Merci à vous Madame

    Posté par Michel Bonnet | avril 13, 2013, 17:30

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