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Souvent les photographes amateurs (ceux qui aiment et font de la photo, mais n’en font pas leur activité professionnelle principale) voient d’un mauvais oeil les revendications des professionnels. Ils pensent que les pros leur reprochent de faire de bonnes photos et de leur prendre leur boulot !! Les photographes professionnels, eux (ceux qui veulent vivre de la photographie), s’insurgent parfois contre ceux qui donnent gratuitement leurs photos, ou les vendent peu cher… Résultat, une scission professionnels / amateurs, à l’origine de discussions sans fin, de polémiques interminables… Mais que les choses soient claires, selon moi, cette opposition se base sur des raisonnements erronés ! Petite mise au point tout à fait subjective sur ce thème… |
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AMATEURS / PROFESSIONNELS : IL NE S’AGIT PAS D’UN JUGEMENT DE VALEUR ! Pour commencer, une chose doit être énoncée clairement : la distinction pro/amateur ne correspond pas à un jugement de valeur sur la qualité des photographies ! On oublie souvent que l’amateur est tout simplement “celui qui aime”, et parfois pratique… Il ne s’agit absolument pas d’un terme dévalorisant désignant ceux qui s’essayent vaguement à une discipline sans arriver à grand chose d’honorable (sous entendu « sans parvenir à gagner des sous par ce biais ») !!
Nous, professionnels, pourrions espérer que nos photos soient les meilleures, mais il faut avouer que ce n’est pas toujours le cas. - Si certains amateurs font des photos splendides, allons-nous nous en offusquer ? Le leur reprocher ?! Les professionnels vont-ils obliger les amateurs à faire de moins bonnes photos qu’eux ?! Cela me semblerait assez risible ! - Le travail du photographe professionnel n’est pas, contrairement à ce que l’on pourrait croire, de faire les meilleures photos possibles. Son travail consiste à réaliser les meilleures images POUR son client, selon ses besoins ! Et cette nuance est de taille ! - Dans le même esprit que la remarque précédente, l’objectif d’un professionnel, c’est de vendre.
De même, au niveau “éthique”, faut-il penser que les amateurs sont de ceux qui se contentent de la photo de famille et de vacances, quand les professionnels, du haut de leur statut flatteur, sont des artistes qui monnayent leurs créations ?! Faut-il pour autant en conclure que les amateurs sont les vrais créateurs, désintéressés, poussés uniquement par le désir de créer, tandis que les professionnels ne sont que de vulgaires commerciaux, qui prostituent leur photographie ?! Hum, j’en suis aussi peu convaincue !! A nous de ne pas voir l’opposition amateurs / professionnels comme un jugement de valeur, mais comme une différence de statut. |
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LA DEMOCRATISATION DE LA PHOTOGRAPHIE Au cours de ces dernières années, le numérique a contribué à brouiller les limites, donnant plus de possibilités aux amateurs pour affiner leur travail (s’entraîner en numérique n’est-il pas, finalement, gratuit ?), et le présenter. Je me réjouirais encore davantage de cette démocratisation de la photographie, si elle n’était pas synonyme de banalisation ! Selon moi, le seul motif d’opposition entre amateurs et professionnels, en photo, ce sont les conditions de cession des photos, les tarifs. Le marché de la photo est dévalorisé par des images cédées gracieusement (sans mauvaise arrière pensée dans la tête de l’amateur) ou des tarifs défiants tout concurrence et à des années lumières de ceux pratiqués par des professionnels (qui reversent de la TVA, doivent y prélever des cotisations sociales, faire fonctionner leur activité…). C’est ce que l’on appelle “casser le marché“, et si ce phénomène n’est pas spécifique à la photographie, notre discipline en est particulièrement touchée à cause (ou grâce !) à sa démocratisation grandissante. Cela dit, si un amateur vend une photo de manière légale (déclarée), au tarif en vigueur à un client que j’aurais pu avoir, eh bien c’est que son image est meilleure que la mienne ! C’est de la concurrence loyale !
UN MANQUE D’HUMILITE ? Vient parasiter quelque peu cette déclaration un autre élément majeur de notre profession : le réseau, le contact… sans doute devrais-je dire le piston ! Cela influe beaucoup sur le choix du prestataire, souvent davantage que la qualité du travail présenté… A ce niveau, il me semble que certains amateurs manquent cruellement d’humilité… (eh bien, j’avais dit que chacun allait en prendre pour son grade ! ;) ) Souvent, ce sont eux qui ont le bon contact, et quand on leur parle d’un besoin en photographies, il y a cette petite jalousie enfouie qui ressort, cette envie de faire les photos qui écrase le reste et qui les poussent à se proposer eux-même. Je ne dis pas que tous les amateurs qui se proposent pour une prestation photographique ont tort de le faire ! Pour moi, il faut faire les choses dans le bon ordre. Apprendre, s’entraîner, évoluer en photographie (en demandant des conseils sur un forum si on le souhaite…) PUIS accepter une prise de vue SI l’on s’en sent capable ! Personnellement, cela m’est arrivé de refuser des prestations qui ne me correspondait pas même si mon statut de professionnel implique que toute somme gagnée est bonne à prendre… |
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LES COMPETENCES DES PROFESSIONNELS Comme je le disais précédemment, le professionnel n’est pas seulement celui qui fait la plus belle photo. Son travail consiste, le plus souvent, à créer un bon outil de communication. Le photographe professionnel est au service d’un client, d’un produit (ce peut être un lieu, un objet, une manifestation). Car le bon photographe professionnel se doit, selon moi, d’avoir sa patte et de promouvoir une marque, un édifice, avec personnalité.
Voilà quelques raisons pour lesquelles, souvent, l’amateur aurait intérêt à orienter son contact vers un professionnel : |
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- La disponibilité. - Le respect des exigences. - La neutralité. - L’expérience.
Bien entendu, cet ensemble de points n’est pas exhaustif, et ne constitue pas, je le rappelle, une manière de discréditer les amateurs. Mais, si dans certains cas, on demande à un pote de nous ouvrir le capot, dans d’autres cas (en fonction du problème rencontré, du véhicule en jeu…) on préfère amplement amener notre véhicule au garage. C’est une sécurité.
En guise d’illustration, quelques photographies réalisées malgré certaines contraintes clients, ou démontrant la nécessité d’outrepasser parfois sa demande. |
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VIVRE DE LA PHOTOGRAPHIE C’est le fait de vouloir vivre de la photographie qui fait la différence entre l’amateur et le professionnel… Sans m’étendre trop longuement sur ce point, je dirais que même si, en théorie, je ne souhaite pas voir d’un mauvais oeil les amateurs qui arrondissent leurs fins de mois en faisant des photos, je ne peux m’empêcher de penser, aux périodes de baisse de régime et de découragement, qu’il s’agit là, forcément, de contrats perdus pour ceux qui ont bien du mal à obtenir un revenu correct de la photographie… Souvent, les gens ont l’impression que la photographie, c’est gratuit ! Alors, en effet (et d’autres en ont parlé plus longuement que moi), gagner moins d’1€ pour une photo dans ce que l’on appelle les microstocks, c’est absolument intolérable. Car on ne peut pas vivre de cette manière. Pour conclure ce passage épineux, amateurs, vendez vos photos et vos prestations si vous le souhaitez… c’est votre droit le plus strict. Mais vendez-le au prix du marché, renseignez vous ! |
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MÊME COMBAT ? QUEL COMBAT ? Ainsi, si j’ai intitulé cet article «photographes professionnels et amateurs, même combat», c’est que malgré nos différences, nous avons tous à coeur, je pense, de promouvoir la photographie. Loin d’être en opposition, nous nous devons, même, de collaborer pour défendre nos images, les faire respecter; pour défendre, aussi, la photographie comme un moyen d’expression et non comme une technique d’illustration facile ! C’est pour cette raison que je déclare : photographes amateurs et professionnels, même combat: Ce respect passe par une prise de conscience du travail effectué (il ne suffit PAS d’appuyer sur le bouton ! Ce n’est pas gratuit !), une acceptation mutuelle de la démarche de chacun, et le maintien d’une qualité haute des productions photographiques. Face à la quantité gigantesque d’images qui nous inonde chaque jour, essayons de répondre par la qualité ; dans les images que nous faisons mais aussi dans les images que nous utilisons. A nous de respecter nos propres images en défendant nos droits patrimoniaux (une rémunération correcte) et moraux (le respect de la photographie et la mention du nom de son auteur). |
2700 mots => j’imprime pour lecture….
En vrac :
Un autre effet pervers du numérique qui contribue à dévaloriser le travail photographique : chacun peut appuyer sur un bouton et s’imagine que c’est à la portée de tout le monde. Et je ne parle pas de ceux qui pensent que les photos ne sont bonnes que parce qu’on a un super appareil. L’ignorance fait des ravages et ce dans tous les domaines.
Je te suis sur la différence amateur/professionnel. Venant du monde du conseil je retrouve les mêmes contraintes : qualité d’écoute, analyse des besoins, proposition adéquate, ne pas hésiter à aller à contre-courant dans l’intérêt du client…
Il y a aussi une autre dimension: l’aspect purement artistique. C’est de là que vient la confusion. Un artiste (au sens large) n’est pas nécessairement professionnel mais tout le monde aime se voir comme tel…
Merci pour cet article !!!
Très bon article, qui répond à pas mal de questions que je me posais.
Je ne vend pas mes photos, du moins pas encore. Je pense un jour pouvoir le faire, mais pas sur commande. J’ai un job, et je photographie à côté parce que je ne peux pas m’en empêcher ^^ en revanche, je ne me vois pas faire des contrats. Si je n’ai pas choisi cette voie, c’est justement pour m’éviter toute contrainte, quitte à ne pas en vivre du tout.
Le fait est que j’ai été contacté (pour réaliser l’artwork d’un album). Et il ne m’est pas venu à un seul instant l’idée de faire payer pour ça. D’une part parce que l’artiste est autoproduit – et que je veux l’encourager, pas le plomber ; d’autre part parce que finalement, je ne m’estime pas encore suffisamment expérimenté pour prétendre à une quelconque rémunération. Et loin de moi l’idée de vouloir prendre la place d’un professionnel, je me dis juste que s’il m’a contacté moi, c’est que mon style s’y prêtait.
Tout ça pour dire que même si je comprend la problématique des photographes professionnels vis à vis du marché, je ne peux pas pour autant prétendre vendre mes photos au même prix qu’eux. Simple question d’humilité. Et pas question de les vendre cher pour le principe non plus. D’ailleurs, quand peut-on savoir qu’on « mérite » de vendre ses photos au prix du marché ?
Le tout, c’est peut-être de simplement, comme tu le dis, de continuer à ne pas jouer sur le même terrain ?
Je suis curieux de voir les autres réactions.
Anne-Laure,
je prendrais de lire ton article avec plus de temps car je suis entre deux commandes . Comme tu dis « amateur » est celui qui « aime l’image » mais aujourd’hui en tant que professionnels, nous assistons à une grande braderie des prix orchestrée par les microstock, par des jeunes confrères ou consoeurs qui cassent les tarifs de production (j’entends ici ou là des journées de prise de vue à moins de 300 euros alors qu’il y a une post-production,des charges, un amortissement…) et une valse des statuts où chacun s’autorise à faire ce qui ne lui est pas autorisé (tel auteur-photographe va faire un mariage alors que c’est illégal avec ce statut lié aux Agessa notamment) sans oublier le dernier truc à la mode : auto-entrepreneur où plus d’un photographe s’engouffre (pros comme amateurs souhaitant arrondir ses fins de mois) avec une fois de plus la vision réaliste que les tarifs vont être bradés… Tant à dire mais ce sont des débats essentiels qui nous animent notamment à l’UPC
Allez, j’y vais de mon petit et modeste témoignage.
Je te rejoins complètement (après une lecture rapide, certes !).
D’abord parce que je me considère effectivement comme un amateur pour toutes les raisons que tu cites : je n’ai pas envie d’essayer de vivre de la photo (j’ai un métier qui me plaît), et encore moins répondre à des commandes.
Pourtant, je vends des photos depuis quelques temps, via une agence. On pourrait considérer que j’empiète sur le domaine des pros. Mais c’est l’agence qui propose, le client qui choisit, et les cotisations sont les mêmes pour tous. Le choix ne se fait que sur l’image. Et je peux te dire qu’à chaque vente, j’ai une petite bouffée d’orgueil, un sentiment de reconnaissance de la qualité de mon « travail », puisque des gens sont prêts à le payer.
C’est un peu pareil pour les expos. J’expose irrégulièrement, dans des lieux très modestes, mais c’est pour moi une façon irremplaçable de faire vivre mes images, et les rendre « utiles ». Les retours sont bons, et pas une fois je n’ai vu le regard des gens changer selon qu’ils croyaient que j’étais professionnel ou non. Pas plus qu’ils n’ont été choqués quand j’ai dit que je vendais les images, pas à un tarif exorbitant (restons modeste), mais à une valeur que j’estime juste. Ce qui signifie que j’en vends peu, mais qui fait que je pense être cohérent.
Mais je crois que comme tu le dis bien, c’est la façon de voir notre activité qui donne la ligne que l’on suit. Perso, je préfère vendre une photo et savoir qu’elle est vraiment appréciée parce qu’elle est de qualité (estimée comme telle en tout cas !), plutôt que 10 000 photos à 1 euros parce que le numérique c’est super fun… Sans doute la nostalgie de l’argentique et de la belle ouvrage…
Très bon article que je devrai relire avec attention! Merci Anne-Laure de contribuer à des réflexions que j’ai déjà…
Pour moi, la frontière ne se situe pas au niveau de la différence entre photographe professionnel et photographe amateur, mais au niveau de l’artiste et du commerce. En fait, la différence est le processus qui a mené à la création d’une image. Est-ce que cette image est issue d’une démarche artistique ou est-elle une commande pour un client? J’ai beaucoup de difficulté à mettre art et commerce sur le même palier. Si une photo artistique amène comme résultat un revenu, c’est secondaire. L’art se situe dans le geste créatif et non dans le résultat…
Je me permettrai peut-être d’autres commentaires après une lecture plus attentionnée de ton article!
Euh … En fait je suis d’accord. Tout cela est fort bien dit !
je fais des photos en amateur, je fais les photos que j’ai envie de faire, je les exposent gratuitement sur mon blog, j’en vends très peu car je les vends très chères… et je ne travaille pas (homme au foyer) ! je me situe où moi ? c’est grave docteur ?
Juste mon avis, amateur/professionnel, la comparaison n’existe que sur le plan commercial. Etre pro on gagne des sous (même un peu) avec ou sans talent, l’amateur pratique avec ou sans talent. La cagnotte ne fait pas la qualité.
La valeur (autre que financière) d’un travail photographique ne permet pas de créer des catégories, en l’occurrence ces deux là….
Mieux tu gagneras, meilleur professionnel tu seras…
Bonjour,
Nouvelle arrivée dans le monde des photographes amateurs qui souhaitent partager leurs images (merci Anna-Laure pour cette rencontre du hasard … et de la nécessité … -oui, oui, je sais, c’est facile …), je découvre les difficultés que vous pouvez rencontrer pour défendre votre métier. Il n’en est pas moins vrai que les points que vous soulevez concernent bon nombre de métiers, et notamment ceux qui touchent le monde des idées et de la création.
Il est vrai que l’avènement de la technologie numérique à laquelle le grand public a désormais accès pose de nouvelles questions quant à la frontière entre l’artiste, l’amateur et l’artisan. Pour ma part, si je devais gagner ma vie en étant photographe (ce qui ne risque pas de devenir le cas …), je crois que je me présenterai plus comme artisan.
Et comme partout, chez les photographes, il y a des bons et des moins bons artisans, il y en a qui sont de véritables artistes – au delà de leur savoir-faire, ils ont une pâte, un regard, une sensibilité uniques. Et généralement, pour être plus prosaïque, … ils sont chers. Et il me semble qu’un amateur n’est jamais un artisan, parce que précisément ce n’est pas sont métier. Par contre il peut être un artiste !
Pour finir, j’espère que ce n’est pas mon message de l’autre jour où je vous demandais des conseils en vue de ce voyage en Côte d’Ivoire. Pour lever toute ambiguïté, je suis totalement bénévole dans cette association et comme chacun d’entre nous, j’y apporte un peu de mes talents. Ayant l’étiquette « amatrice de photos », on m’a demandé d’en faire de belles, que je donnerai totalement gratuitement. Mon seul objectif étant : plus les photos auront de l’impact, plus les gens seront sensibilisés, plus on aura les moyens financiers pour tenter de ramener au moins un tout petit peu cet équilibre entre gens riches et gens pauvres.
Et je crois qu’un artisan, un amateur ou un artiste partageant cette idée ferait de même dans ces circonstances, non ?
En tout cas, bravo pour votre implication dans votre métier !
Attention : attaque pavé à lire
Eh bien Anne Laure, en voilà un article qui promet des débats passionnés. Concrètement, je pense que tu aborde le sujet très sainement, de façon très réfléchie. Une bonne dissertation en somme.
Tu abordes plusieurs points qui selon moi (qui suis amateur) sont extrêmement importants pour la sauvegarde de notre art.
Je cite : « Simplement, prendre un engagement professionnel (ou même proposer ses photos gratuitement à quelqu’un qui en a besoin pour faire sa promotion), cela ne se fait pas à la légère. »
Pour moi ce point est certainement le plus important!! Il m’est arrivé souvent (encore très récemment) de refuser un « contrat » (pour ne pas citer, un mariage) car je ne m’en sentais pas capable… Je sais pertinemment que mes photographies de cet évènement seront bonnes, peut être même très bonnes… mais quid de la pression? quid de l’attente de l’ami qui te fait confiance. Cette pression sur les épaules engendrera forcément un stress qui dans certains cas (le mien souvent) va diminuer de façon drastique la perception et la liberté pour shooter.
Lorsque tu es pro, c’est ton métier de gérer cela, au delà même du simple fait de réaliser les prises de vues, ce qui au final est assez automatique quand tu as l’habitude.
Cette pression et ce DEVOIR DE NON DECEVOIR est à mon sens le plus lourd à gérer au delà même de la technique… et pour le moment, je préfère laisser ce boulot pour des évènements aussi important pour le « client » à quelqu’un dont c’est le métier, même après 10 ans de photo amateur.
2° point hyper important : la « non braderie » de notre travail. Selon moi, quitte à chercher la reconnaissance par des publications gratuites, pourquoi ne pas réaliser des expos dans des bibliothèque, œuvres caritatives etc… que de donner son boulot à des gens sans scrupules, qui génèrerons de l’argent à l’aide des clichés durement construits.
Oui, il est très tentant en tant qu’amateur de se voir publier, même gratuitement, c’est certainement très gratifiant. Ceci vient de l’envie presque viscérale qu’a chacun au fond de soit de vouloir être reconnu dans son activité. Mais ne cédons pas à cette tentation. Si des gens souhaitent publier nos images ou les utiliser, c’est que celles ci ont une valeur… ne cassons pas cette valeur pour nos émotions les plus primaires.
Pour finir (il n’est pas facile de faire une suite à une dissert sur le pouce comme cela sans plan), le débat entre pro et amateur est selon moi un faux débat, qui malheureusement est lui aussi dû à des émotions primaires que nous possédons tous au fond de nous. Ce besoin constant dans notre société d’établir une hiérarchie. De ce fait, naturellement, nombre de pro considère les comme des « sous » rivaux avide de leur piquer leur travail ; et à l’inverse les amateurs considère trop souvent les professionnels comme des parvenus, ceux qui ont eu le piston (ce qui est parfois vrai). Rarement les pro imaginent le travail colossal que peut abattre un amateur sur son cliché. Mais à l’inverse beaucoup d’amateurs envient les professionnels de vivre de leur art, sans s’imaginer la montagne d’administration, de promotion, de relations qu’il faut se coltiner pour avancer et gagner 3 sous… Et je pense sincèrement que peu d’amateurs supporterai cette charge de travail qui au final n’est pas de la photographie… donc souvent très ennuyeux vis à vis de ce qu’ils imaginent.
Pour conclure et résumer mon pavé en 3 point, je dirais que :
Être pro, c’est gérer une commande, une pression, un stress, une que n’a pas l’amateur sur le dos. Être pro c’est répondre à une demande puisque c’est bien connu : pas de commande, pas de sous.
Ne pas brader son boulot, que l’on soit pro ou amateur. Mettons de coté notre ego pour la sauvegarde de notre art.
Etre pro c’est se palucher un boulot pas marrant d’administratif, vivre avec un salaire souvent bas et instable…etc. En tant qu’amateur, il serait idiot d’idéaliser l’activité en tant que métier.
Voilà, c’est tout pour moi. Même si je ne fais peut être qu’enfoncer des portes ouvertes par Anne Laure, je souhaitais témoigner de mon regard d’amateur.
Très intéressant comme débat! Il peut s’appliquer à tellement de professions de l’ère numérique (designer graphique, concepteur Web, blogueur/journaliste, etc.). Je serais intéressée à lire une déconstruction plus poussée des sites de microstock… En tant qu’ex designer de site Web, j’ai souvent fait affaire avec ce genre de site, parce qu’il aurait été tout à fait impensable pour le budget des projets sur lesquels je travaillais d’utiliser les services d’un professionnel pour créer une image sur mesure… D’ailleurs, les projets n’ont pas toujours besoin d’images sur mesure. Parfois on a simplement besoin d’une illustration générique, et alors je trouve « normal » de ne pas payer trop cher. Et puis, il y a des professionnels qui gagnent leur vie avec les sites de microstock!
L’éthique est important pour moi, et j’aimerais en lire plus sur l’envers du décor…
Pour une déconstruction plus poussée des sites de microstock, je peux te conseiller l’excellent blog de Cédric Girard : aube-nature.com.
Sans être caricaturale sa position est clairement engagée contre ce type de système et il s’en explique très bien.
Après je pense qu’effectivement chacun défend ses billes et dans notre système actuel du tout au moindre cout, il n’est pas étonnant que certaines sociétés d’éditions y trouvent leur compte.
Je vais lire ça, merci beaucoup pour la suggestion!
Superbe, tu apparait là où je ne t’attendais pas et avec moult arguments et des convictions plein la besace !
En tout cas un article polémique qui a le mérite de poser les éléments du problème de façon quasi exhaustive !
Merci à tous pour vos réactions, votre participation !
Je pourrais, sans doute, écrire encore des kilomètres pour répondre à chacune de vos remarques, mais j’ai déjà beaucoup bavardé d’entrée de jeu, alors voilà juste quelques éléments en vrac en réaction à vos interventions.
Je crois que ceux qui pensent que la facilité technique est une facilité « tout court » ont décidément bien peu de jugement. Pour jouer du piano, il suffit d’appuyer sur les touches. Même un gamin de 2 ans sait le faire… Et pourtant, il n’est pas de notoriété publique qu’être pianiste soit plus facile qu’être guitariste ou trompettiste ! J’aurais même envie de dire au contraire ! Car justement, la facilité technique nous aveugle et nous rendu paresseux… Tout comme le sujet facile en photographie : qu’il est difficile de faire de vraiment bonnes photos lorsque nous sommes en position de touriste, émerveillés par tout ce que nous voyons !
Comme je l’ai bien souligné, la distinction professionnel / amateur découle des revenus à obtenir. Un professionnel peut donc être un artiste, ou ne pas l’être, tout comme un amateur.
L’idée qu’ont les amateurs qu’ils ne peuvent pas vendre leurs photos au même prix des professionnels provient d’un raisonnement erroné… Malheureusement, dans notre société de consommation, le prix ne dépend pas de la qualité du produit ou de la prestation… Il est directement lié à l’offre et la demande.
Par conséquent, si quelqu’un est intéressé par vos photos, il y a une demande et les personnes concernées peuvent payer un prix convenable. A contrario, et là, on tombe un peu dans l’absurde, si un professionnel est dans le besoin et n’a pas de demande, il peut avoir tendance à baisser ses tarifs pour rendre son offre plus attirante… Conclusion : un amateur est bien mieux placé pour tirer un bon prix de ses images car il ne vend ses photos que sur une demande et n’a pas peur de perdre un client, contrairement au professionnel…
Hum… et si je redevenais « amatrice » ?! ;)
Pour les collègues artistes (pour les pochettes de CD par exemple), on fait parfois quelques exceptions tarifaires par amitié et connaissant les difficultés de ce genre de métier. Mais l’on n’obtient pas toujours de la gratitude… (Samuel, si tu me lis, j’attends toujours l’envoie de ta pochette CD que j’ai illustrée… ça me ferait plaisir de la voir après tout ce temps…)
Et puis, attention tous les artistes ne sont pas fauchés ! Si le CD en question est financé par une maison de disque, il est normal que l’on soit rémunéré normalement !
Je suis tout à fait d’accord pour dire qu’il est cent fois plus gratifiant de vendre une image à 300€ que 300 images à 100€ ! Dans le premier cas, la valeur du travail est 300, dans le second c’est 1€…
Vendre est en effet une forme de reconnaissance… bien plus que pouvoir se vanter d’une publication ou avoir son nom ! Est-ce que j’en rajoute une couche en disant que seul l’argent donne de la valeur, même si je le déplore ?
Bon, être exposé, ou être publié pour un ouvrage entier, c’est aussi une belle reconnaissance… mais cela ne vaut que lorsque cela présente un travail complet, avec une belle mise en valeur !
Personnellement, je pense que la distinction art / commerce ne doit pas être confondue avec la distinction amateur / professionnels. On peut répondre à une commande par de l’art !
D’ailleurs, l’art ne nait-il pas de la contrainte ?
Nombreux artistes photographes ont fait de leurs travaux commerciaux des oeuvres d’art, ce n’est pas du tout incompatible (Sarah Moon est un bon exemple… c’est même la commande qui l’a poussée à développer son art photographique).
Au contraire, quand un amateur fait des photos d’anniversaire ou de mariage par exemple, ne répond-il pas en quelque sorte à une commande des circonstances, des amis de la famille ? De nombreuses photos nous sont dictées par une sorte de « commande sociale »…
Alors on peut être en commande que l’on soit professionnel ou amateur, de même que l’on peut faire de l’art, que le travail soit rémunéré, soit le fruit d’une demande à la prise de vue ou non. Tout dépend aussi, du dégré de liberté que laisse la commande.
A lire à ce sujet,le texte de Didier Verreck « Art et commerce font-ils bon ménage ? » : http://vereeck.romandie.com/post/13253/142975.
Le statut d’artisan existe aussi pour les photographes. Contrairement aux auteurs-pohotographes, les artisans peuvent avoir un magasin photo, peuvent vendre leurs tirages en éditions non numérotées au delà des fameux 30 exemplaires… C’est un statut différent tout simplement.
Il est vrai qu’avant de vendre son travail, et en particulier de l’offrir ou le brader, il est important de se demander quel argent est généré derrière.
En effet, si c’est pour une oeuvre caritative, la raisonnement n’est pas forcément le même… Cela dit, les oeuvres caritatives ont aussi leur salariés. Pourquoi certaines professions seraient-elles forcément rémunérées et d’autres non ? Pourquoi ceux dont on n’a pas besoin à temps plein et dont le travail est souvent considéré comme accessoire devraient-ils être moins payés, ou offrir leur travail ?
De plus, se méfier aussi des structures qui semblent ne rien gagner… Cherchez l’anguille sous roche !
Être pro, c’est en effet avoir à gérer des contraintes administratives, de prospection, de comptabilité, de rentabilité que n’ont pas tous ces amateurs qui travaillent au noir ! (cela m’étonnerait bien que ceux qui gagnent quelques euros par les microstock déclarent cette source de revenus !)
Ceux-là ne payent pas non plus de charges. C’est donc non seulement déloyal, mais en plus, cela fait un manque à gagner pour l’Etat… donc pour nous tous…
Personnellement, je suis toujours un peu outrée qu’on me parle de magazines, ou de sites qui n’ont pas les moyens de s’acheter des photos… ils ont les moyens de payer un technicien pour créer le produit, de payer un designer, etc etc (j’en passe…), mais pas les photographes !
Eh bien quand on crée un site, on ferait bien de prévoir la photo au budget ! Cela nous éviterait d’entendre chaque fois que comme les personnes bossant déjà sur le projet ont avalé les quelques milliers d’euros disponibles, il ne reste plus que 200€ pour les photos !!!
A force, je suis réellement outrée d’entendre sans cesse cela !
Le fait de vouloir utiliser ou non des photographies sur mesure influe assez peu sur le prix en fait. On trouve les photos qui ne sont pas faites sur mesure en banque d’images. Le prix d’une photo est tout de même de plusieurs dizaines voire centaines d’euros en fonction de son utilisation.
Si l’on veut une photo sur mesure, on engage un photographe.
Cela ne revient pas forcément plus cher ‘à la photo » car pour le prix de la prise de vue, on obtient plusieurs images, dont les tarifs sont en quelque sorte dégressifs. C’est un prix de gros en quelque sorte. Et puis quand le photographe répond à une commande, il ne prend aucun risque. Il a reçu un acompte (normalement) et sait que son travail va être rémunéré. Il y a une ristourne « sécurité » !
Lorsque l’on fait les photos de notre propre chef (soit pour une banque d’image soit parce que quelqu’un nous a laissé entendre qu’il serait peut-être intéressé mais sans nous commander une prise de vue et que l’on souhaite faire quelques images pour lui montrer ce que l’on a à proposer), c’est une prise de risque. Ce travail est une sorte d’investissement… pas toujours rentable ! Dans la plupart des cas, ces photos ne seront jamais vendues ! On a donc besoin d’une « prime de risque » incluse dans le prix de la photo pour « retomber » un peu « sur nos pattes » quand on en vend une.
C’est pour cela que personnellement, je ne trouve pas qu’une illustration dire « générique », non spécifique doive nécessairement coûter moins cher…
Selon moi, les professionnels qui gagnent leur vie avec les microstocks, cela tient de la légende. Un vrai mythe ! Si celui-ci estime que gagner sa vie correspond à gagner 2000€ (dont il doit déduire ses frais de matériel et de fonctionnement bien sûr), il lui fait donc vendre 4000 photos à 0,50€ par mois… je lui souhaite bon courage ! Imaginez vous combien il faut de photos dans le stock pour avoir tant de ventes ?
Je pense que cela devrait au moins frôler les 100 000 photos… bien entendu de qualité, variées, calibrées selon les besoins des éventuels acheteurs…
No comment !
En effet, Vincent, j’ai pensé également au site de Cédric Girard en lisant le commentaire de Maryse. Merci pour cette info transmise ! Je n’aurais pas fait mieux ! En faisant une recherche sur son site avec « microstock« , on obtient ces différents articles : http://blog.aube-nature.com/?q=microstock.
Comment ça, j’ai écrit tout de même un roman finalement ? (un peu de « gras » distillé par ci par là devrait rendre cela plus lisible…)
Bien que nous ne soyons pas tombés dans la polémique (ouf !), ce sujet fait couler beaucoup d’encre !
N’hésitez pas à réagir encore et nous faire part de votre point de vue sur la question !
Anne Laure, je suis entièrement d’accord avec ce que tu dis!!
ça fait même du bien de voir que des gens pensent la même chose que l’on pense dans son petit coin!!
Merci pour ton intervention joliment écrite!
Bon courage
En fait ce que tu décrit (et que tu décrie) à propos des microstocks est le contraire de ce que toute bonne entreprise fait.
Je bosse dans la chimie, et dans notre milieu si un marché existe, le premier principe quand on veut s’introduire dedans est de … ne pas casser le prix de vente, sous peine de casser le marché.
Quand je parle de casser le marché je parle de diviser un prix de 8€ du kilo par 2… pas de diviser par plus de 50… Ce que font les microstocks.
En même temps, ils s’en « tapent », ils gagne de l’argent, le client aussi. Le seul qui n’est pas content, c’est celui qui bosse pour leur fournir le produit, mais ça… c’est pas dramatique puisqu’il y a des milier de photographes plus ou moins bons, avides de voir leur image quelque part.
Ca me fait souvent franchement penser à ceux qui sont prêts à s’humillier devant des million de gens pour passer à la télé.
Bonjour Anne-Laure
Excellent article, un poil « fouilli » de prime abord mais qui aborde finalement bien des choses très proches de la réalité !
Pour répondre à Maryse, je pense que je suis plutôt bien placé étant donné que je viens de créer une agence web ;-)
De fait, il existe une « exception » si j’ose dire dans le monde de la photographie, concernant le marché de l’image pour le web. La profession n’a pas vu venir ce marché en particulier, et ce sont les microstocks qui se sont engoufrés dans la brèche… surfant sur la vague de leurs tarifs au ras des pâquerettes pour aller aussi taper dans le marché traditionnel de l’édition, avec les conséquences que l’on connait !
(il y a d’ailleurs une surenchère massive sur les tarifs en abonnement… avec des prix qui sont passés sous les 0.10€ récemment pour les achats de masse !)
La réalité est qu’effectivement, le marché du web ne peut par nature pas se plier aux règles qui étaient jusqu’alors établies pour le marché de l’édition : un site web est par nature « mondial », et peut être vu autant par 50 personnes par semaine que par 5 millions. Cela ne dépend pas de la volonté du diffuseur mais du contenu dudit site !
Par ailleurs, les tarifs pratiqués en matière de web design ont fondu comme neige au soleil ces dernières années, ce qui a expliqué aussi l’engouement pour les banques d’images discount pour tous les designers qui désiraient par ex. une photo de télévendeuse souriante avec son téléphone sur l’oreille. Il y a 10 ans, il fallait faire appel à un photographe professionnel, un mannequin, une maquilleuse, etc… Coût total : quelques centaines d’euros pour une photo !
Inimaginable sur une prestation de web design qui sera vendue au plus quelques milliers d’euros, un site ne se limitant jamais à une photo ! De fait les barèmes existants (UPC en tête) sont assez « décalés » de la réalité sur ce point précis.
La difficulté de ce marché est aussi le fait qu’une image diffusée et non « intégrée » dans une charte graphique, pourra être reprise par n’importe qui dans le monde, n’en eut-il pas le droit (allez donc faire payer un russe ou un chinois pour une image qu’il vous aura volé et qu’il utilisera sur des dizaines de sites !)
Ajoutons à cela quelques margoulins de l’édition qui montent des magazines « torche-c.. » uniquement montés sur du contenu web volé (j’en ai été victime, et pas qu’un peu, avec l’un de ces mags qui aura construit la moitié d’un numéro complet à partir de l’un de mes sites web !) ; ce grâce aux procédés actuels d’impression, qui permettent de sortir des impressions offset en demi page « correctes » à partir d’images de 600 ou 700 pixels de large (vécu) !
L’équation de la tarification des photographies est tout sauf simple, et c’est l’un des points névralgiques qui « oppose » si j’ose dire amateurs et professionnels. Quand un pro explique qu’une photo ne se brade pas et qu’il a en face un microstock qui propose des photos souvent équivalentes de qualité (soyons honnêtes) à 1 €, que pense le néophyte ?
Là est la question.
Merci pour cet article qui reprend tant de questions qui me trottent dans la tête depuis que je me suis mise à la photo: je suis peintre au départ: un autre « art de l’image » où il me semble que le débat amateur/professionnel est beaucoup moins violent (à part sans doute dans quelques salons parisiens…) Et en peinture, comme en photo, certains bradent des oeuvres pour quelques euros dans nombre de marchés de printemps ou brocantes d’automne, alors que d’autres vont vendre en galerie et laisser une grosse commission à la galerie (des prix qui ne sont absolument pas liés à la qualité, tout comme en photo). En fait, je suis vraiment d’accord sur toute la ligne avec cet article, en particulier sur les relations art/artisanat. Alors, inutile d’en dire plus, et un grand merci pour ce texte.
fort bien dit !
peintre digital, et écrivain chroniqueur, en plus ?
quel talent !! ;o)
tres bien ecrit. je suis pro, et j’ai du mal à vivre de la photo. je me demande si il ne faut pas que j’arrete et que je passe à autre chose. mais c’est plus fort que moi, je m’accroche. Il faut arreter de brader les photos. les amateurs doivent vendre et non donner, sinon on va à la mort professionnel d’une grande partie de la profession (photographe, agence etc…)
il faudrait faire diffuser ce texte pour que les gens prennent conscience de notre problème…
merci
Daska > Oui c’est l’intérêt de ce genre de « billets d’humeur » : partager son point de vue, qui est aussi celui de nombreuses autres personnes qui ne savent pas forcément comment le formuler !
Vincent > Le principe de respecter le prix du marché est valable dans tous les domaines ! Quand tu dis que le stock est content et le client aussi, c’est en partie vraie, mais j’y mettrais un bémol ! Le client CROIT qu’il est content mais en fait, il a une photo pas terrible récupérée sur une plateforme pas terrible avec un suivi loin d’être terrible et qui ressemble d’assez loin à ce qu’il aurait souhaité… alors il se console en se disant que c’est pas cher. Le stock lui nivelle la qualité de ses images par le bas en le convainquant avec des prix ridicules !
Personnellement, de plus en plus souvent, je me dis, en bouffant mon fromage pasteurisé de supermarché à 10€ le kg, en voyant la gueule d’une fringue faite en Chine au bout de 2 lavages, qu’on nous prend vraiment pour des cons et que payer 2 fois plus cher pour avoir une qualité 3 fois meilleure, c’est quand même la meilleure solution !
Et pourtant, on a du mal à changer nos habitudes…
Mais, peut-être que la société de conso est un peu en train de changer, avec les préoccupations écolos, les gens qui veulent retrouver de l’authentique, de la qualité ? Je l’espère en tous cas.
Car je pense que certaines personnes commencent à se rendre compte du bourrage de crâne que l’on subit et de l’arnaque du super moins cher (et à racheter l’année prochaine). J’espère qu’ils s’en rendront compte pour la photo comme pour le reste et que nous arriverons à changer nos mentalités et nos habitudes…
Oh là ! Mais je deviens rebelle moi !! ;)
Cédric > Une agence web ?! Eh bien ! J’ai hâte d’en savoir plus !
Cédric Girard VS Microstock, Acte 2 !!
Personnellement, j’ai du mal à me faire une idée définitive sur les différences à prendre en compte entre le marché web et le marché de l’édition…
Il semble être une idée répandue qu’une image présentée sur le web doit coûter moins cher qu’une image imprimée… or je ne sais pas trop quoi en penser…
Car la diffusion peut-être largement plus importante et puis… n’est-ce pas une pensée un peu conservatrice, un peu rétrograde, que de considérer le web comme une sous-édition ? Le web ne génère-t-il pas plus d’argent actuellement que l’édition papier ?!…
Je m’interroge…
Cathy > Eh bien, je suis contente que mes petites bafouilles puissent apporter des éléments de réponse à des questions qui nous tournent dans la tête à tous !…
Cela va peut-être être un peu choquant ce que je m’apprête à dire, mais est-ce que l’opposition pros / amateurs ne serait pas plus violente dans la photo que dans le domaine de la peinture parce que les gens ont encore plus de mal à différencier une bonne photo d’une mauvaise qu’un bon tableau d’un mauvais ?
On admet plus facilement qu’un bon peintre a besoin non seulement d’une bonne technique mais aussi (et surtout !) d’un style personnel ! Alors qu’en photo, la plupart des gens ne voit que la technique et la photo, parait-il, c’est facile ! Il suffit d’appuyer sur le bouton ! Alors on demande au premier venu et ça ira bien…
Alain > Que de dénominations flatteuses et harmonieuses à l’oreille !
Pas sûr que tout cela soit adapté à mon cas personnel, mais photographier, écrire, chanter, imaginer, analyser, tout cela fait partie de la même démarche sans doute… cette démarche que j’ai tant besoin de comprendre et de faire partager !
Serge > Que de tristesse dans ton intervention… Cela me fait de la peine bien sûr, et je m’y vois en miroir dans les moments de découragement…
Si malgré tout tu t’accroches, c’est qu’il y a quelque chose ! C’est que c’est sans doute ce qui te convient même si c’est dur…
Je crois qu’il faut de plus en plus repenser notre métier avec sa partie contacts, défendre sans cesse cette plus-value du photographe par rapport à la photo de microstock… Réfléchir toujours davantage à ce que l’on peut proposer en plus…
Quant à diffuser ce texte (ou d’autres dans le même esprit), c’est en effet nécessaire pour une prise de conscience de notre situation !
Puisque tu en parles, je précise que bien sûr, tout relais d’article est le bienvenu ! N’hésitez pas à le faire si vous souhaitez faire passer le mot, l’info, la mise en ligne d’un extrait et un lien et le tour est joué !
Merci encore à vous pour vos visites et vos commentaires !
Anne-Laure, je suis d’accord avec tout ce que tu dis, ainsi qu’avec bien des commentaires, mais il me semble que dans l’affaire, tu oublies la notion d’auteur et surtout, sa diversité.
Parmi les auteurs, certains acceptent régulièrement des commandes (ta définition et ta pratique), d’autres pas souvent (mon cas) ou jamais. Certains ont juste des photos en agence et exposent de temps à autre.
Bref, la distinction amateur/pro n’a pas de sens dès lors qu’on considère la notion d’auteur car beaucoup d’auteurs sont au choix des semi-pros ou des amateurs professionnalisés, car ils n’en vivent pas complètement mais gagnent parfois pas mal d’argent, et font une compta.
C’est l’idée même du réseau sur lequel nous bossons en ce moment.
Sinon, depuis toujours je milite pour une utopie : imposer un prix minimum des photos, qui que soit qui les fournisse. Ça réglerait bien des questions même si ça semble irréaliste…
Bonjour Anne-Laure,
voila un article qui de bon matin fait du bien a lire, j ai ce meme discours depuis des annees, aussi bien vis a vis d amateurs que de collegues pro, mais cela fait du bien de le voir ecrire aussi bien.
Cordialement :)
excellente analyse, je l’avais lu avant de partir, mais n’avais pas eu le temps de mettre un mot. J’aime beaucoup ce que tu dis là !
Etant jeune amateur débutant (ça fait beaucoup) dans la photographie, ce « petit » sujet arrive au bon moment, ou je me pose tant de question sur la photo, et tout particulièrement le métier en lui-même. Merci d’y avoir apporté quelques réponses.
Bonjour,
Jeune papa qui s’est volé de 500 euros par une société qui a pignon sur rue dans les maternités, je souhaiterais surtout faire la différences entre deux natures de pro. Il y a les pros qui aiment leur métier, connaissant leur matériel et un peu d’info (indispensable malgré tout avec les raws par exemple) et ceux qui n’ont qu’un talent : celui de commercial. Malheureusement ces derniers devraient disparaitre car ils polluent votre métier et n’apportent rien à leur client. Amateur moi même je pratique cet Art 1000 fois mieux qu’eux. Utiliser des D50 avec des flashs moisis sans même retoucher les photos pour des prix exhorbitants est une honte. Le marché est efficient et se régulera par lui même. Les abus se paieront. Il faudra espèrer que ce soit les pros-amateurs (ce qui aime) qui survivent au détriment des bons commerciaux. Aujourd’hui il est facile pour des amateurs de s’équiper avec du matos haut de gamme (genre D300 avec filtre, flash(s) et faire bien mieux que des pseudos pros. Je vous dirais mettez vous à jour et ainsi vous gagnerez bien votre vie.
J’espère ne pas frosser les vrais pros car nous, amateurs, avons besoin de vos conseils. Votre site est très très bon.
PS : Je ne monnaie pas mes services car j’ai les moyens que ma technique reste désintéressée.
Bonjour,
Il y a beaucoup de discernement, d’argumentation dans ton exposé. Je suis en partie d’accord avec toi sur le fait qu’il ne faille pas opposer amateurs et professionnels. Et qu’il faille changer l’impression qu’a le grand public actuellement. L’ère du numérique a bouleversé l’image. Effectivement, le digital a tout accéléré et simplifié les choses d’une certaine façon. Mais comme pour la musique, tout le monde pense que l’on peut disposer assez facilement et gratuitement d’oeuvres photographiques. De l’autre côté, certains sont « devenus » photographes par l’approche technologique de la chose (retouche photos à outrance)… Beaucoup ont aussi des prétentions, à mon goût, déplacées. Comme tu le dis, certains ont le « réseau » mais pas le talent Quand je vois le travail de certains pros en photo de mariage par ex, j’ai honte pour eux… D’autres ont aussi un peu oublié que la photo c’est un peu de technique pour beaucoup d’observation, de patience. On ne changera pas les geeks qui se feront plaisir avec un D3 pour faire des photos de famille ou de petites fleurs… :-)
Aujourd’hui, c’est une réalité chiffrée, tout le monde s’achète un reflex. Tant mieux pour les fabricants mais effectivement, le risque est la banalisation de l’acte photographique. La qualité risque aussi de se diluer dans une quantité astronomique de clichés… Je regrette parfois le temps où les tirages étaient numérotés…
Bonjour,
Votre intervention me semble très intéressante et judicieuse. Photographe amateur, je fréquente régulièrement les salons, festivals et forums sur internet, et c’est vrai que cette question est récurente.
Je pense cependant que la différence se fait surtout entre gens honnêtes et gens malhonnêtes.
D’un côté, les amateurs, pour peu qu’il aient quelque talent, penvent vendre leurs photos (et s’ils en vendent on peu penser qu’ils en ont un minimum), mais il ne peuvent le faire QUE s’il sont déclarés comme auteur-photographe, affiliés aux Agessa (sinon, ils sont « hors la loi » puisqu’ils recoivent des revenus et… ne les déclarent pas !- c’est du travail au noir, comme vos le soulignez ci-dessus) et, dans se cas (sous ce statut), ne peuvent répondre à des commandes.Un auteur-photographe qui fait un reportage de mariage est là encore hors la loi; c’est plus compliqué pour une pochette de disque, car comment faire la distinction entre le groupe qui va passer une commande précise pour une photo d’illustration, ou le groupe qui a repéré une photo d’un photographe et qui correspond à son projet ?
Il y a donc des amateurs honnêtes et des amateurs malhonnêtes.
De même, chez les professionnels, comme le souligne ci-dessus zepouet, il y a le vrai professionnel, qui apporte son talent et sa compétence, et celui qui se dit professionnel en achetant un reflex bas de gamme et un flash, et qui vend de la M…
Il y a des professionnels honnêtes et des professionnels malhonnêtes
malheureusement, si le statut d’un photographe peut facilement se vérifier juridiquement, le talent, lui, n’est pas mesurable mécaniquement, et il n’y a que le bouche à oreille qui peut opérer.
Par contre, pour fixer le prix d’un tirage photo, ce n’est pas toujours facile. Si les droits de reproduction se retrouvent assez facilement dans des barêmes (voir l’UPC ou certains professionnels, voir certains groupes de presse), les prix des tirages sont très fantaisistes, même chez les professionnels; une recherche sur internet m’a donné une fourchette entre 60 et + de 1000 € pour un tirage 30 x 45 !!!
Pour les prix pratiqués par les microstocks, je pense qu’ils sont dans la plus grande illégalité vis à vis de nos lois… d’ailleurs ces sociétés ont toutes un siège social à hors de France, souvent hors d’Europe.
Je terminerai en vous félicitant pour votre site, très intuitif, et pour votre travail. On sent chez vous une véritable… amateur !
Bonjour,
Je suis venu sur votre site par le biais du site UPC que je consulte de temps en temps, surtout pour des questions de droits d’auteur. Je ne suis pas pro, heu… disons que je ne suis plus pro. En effet, j’étais photographe professionnel salarié dans une multi-nationale et, depuis 1 an, eh bien je suis à la retraite comme on dit. Je me retrouve donc à pratiquer pleinement ma passion : la PHOTOGRAPHIE, en amateur ! Je ne vends pas de photos, sauf en agence ; mais bon, c’est plus un jeu. Par contre, ce qui me « branche » et qui me permet de m’éclater dans ma passion, ce sont les concours internationaux (FIAP, PSA, RPS, etc…). Le fait d’avoir quelques bons résultats me permet de lier des liens avec de nombreux photographes étrangers, pro et amateurs. Et là, je constate que la notion de pro et d’amateur (au sens digne du teme bien-sûr) n’est pas la même partout et entre autres aux USA. Alors, je dirais que votre propos Anne-Laure, est juste et objectif ; mais que la pseudo-concurrence pro/amateur, en France, est surtout liée à une affaire d’argent et non une chance réelle laissée à l’art photographique. Enfin, merci pour votre site et merci pour cette étude que bon nombre de photographes n’osent pas aborder.
Cordialement.
Roger JOURDAIN Photographe amateur
Membre de la Fédération Photographique de France
Active member of the Photographic Society of America
Member of the United Photographers International
and this year : Winner in Portrait amateur section of the Photography Masters Cup 2009
[...] qui ont souvent bien du mal à se comprendre de part et d’autre (voir l’article “amateurs et professionnels, même combat”)… A travers ce suivi, certains amateurs prendront conscience que les professionnels ne leur [...]