|
Depuis que j’ai commencé la photographie, je nage à contre courant de la photo souvenir. Pour tout dire, la « photo souvenir » a toujours correspondu à ce que je ne voulais PAS faire en photographie. De mon côté, j’avais particulièrement en tête de révéler les caractéristiques visuelles et symboliques des sujets que je photographiais tout en m’en détachant suffisamment pour le mettre en valeur de manière personnelle et esthétique. Mais cette démarche est-elle vraiment aux antipodes de la photo souvenir ?!
En découle un second paradoxe, intimement lié au premier. Une personne visionnant une image ne peut pas dire s’il s’agit de « photo souvenir » ou non. Nous le supposons parfois mais seul le photographe lui-même peut faire le lien entre photo réalisée et souvenir associé et ainsi être conscient du rôle de « photo souvenir » que tient l’image correspondante… Ainsi, la photo souvenir est profondément personnelle et pourtant, nous avons la sale manie (!) de vouloir toujours la faire partager ! Cela part d’un bon sentiment, bien sûr, mais engendre trop souvent des projections interminables d’images ayant peu d’intérêt pour ceux qui n’ont pas vécu les évènements, les émotions correspondantes. |
|
Afin de m’immerger personnellement dans le sujet, j’ai choisi de lancer ce « photodiary » que vous pouvez retrouver en page d’accueil du site : un instantané, chaque jour. Il ne s’agit pas juste de présenter une photo par jour comme je l’ai fait à une époque sur un blog d’un autre temps, ou de partager la meilleure photo du jour. Ma démarche correspond, en quelque sorte, à prendre des « photos souvenirs du quotidien ». |
|
La problématique de la photo souvenir, c’est, de plus, qu’elle est fortement liée au temps qui passe. Et c’est peut-être bien cet aspect qui est le plus susceptible de nous poser problème. Comment savoir au jour le jour si notre pratique de la photo souvenir n’est pas un leurre ?! Et si tous les efforts que nous faisions pour capter la « substantifique moelle » de notre quotidien étaient vains ?!
Ainsi, cette réalisation d’instantanés de la vie quotidienne correspond à la fois à une production photographique et à une introspection, je crois. Il s’agit aussi d’une réflexion sur la vie et sur la photographie. |
|
Et vous, comment, quand, pourquoi faites-vous vos photos souvenir ? |
Pas fastoches tes états d’âme … et forcément, ils nous parlent, ou tout du moins, ils nous murmurent un tas de choses à l’oreille.
Je crois que pour ma part, avant d’avoir découvert la photo pour de bon – et ce n’est pas si vieux malgré mon grand âge ! – je ne prenais que des photos souvenir que je ne montrais surtout à personne parce que je savais qu’elles ne pouvaient ne parler qu’à moi où au cercle restreint des personnes présentes !
Aujourd’hui, les choses ont changé, et heureusement ou malheureusement, je ne peux pas le dire, je m’applique tellement que je n’ai plus jamais l’impression de faire des photos souvenirs. Je dis heureusement ou malheureusement car je sens que je passe parfois à côté de la simplicité du moment, je me traite toute seule de snob à m’obstiner à ne pas vouloir utiliser le flash, mais d’un autre côté, la plupart des photos que je mets dans l’album familial ou amical ont vraiment un côté sincère et captent un moment privilégié que je n’aurais pas su retranscrire avant.
Par ailleurs, j’ai la chance d’avoir un mari et des enfants qui aiment photographier et pour les événements petits et grands, je sais compter sur eux quand je ne me sens pas de prendre l’appareil photo. Car c’est ça le truc, prendre le gâteau d’anniversaire de la petite dernière, il faut que je le sente, que j’en aie envie car je n’arrive plus à ne pas m’appliquer …
Pfiuuu, dur dur la vie de photographe en herbe !
Continues de nous proposer tes belles images, souvent intemporelles, c’est vrai, mais chez toi, classe-les bien par date, car pour toi, elles sont aussi le temps qui passe !
Je me suis depuis toujours poser cet question du souvenir,et même l’après souvenir pour avoir fréquenter pendent 10 ans la benne a papier de la déchetterie de mon ancien domicile.
On trouve des vies entières en photos,en négatifs en albums, jeter par les héritier,ou par haine suite a un divorce,ou parfois il manque un personnage déchiré qui lui ne mérite pas la poubelle.
On trouve également les photos sans souvenir,je crois que c’est ce qui m’attend un jour, il y aura le papier d’un coté et dans la benne informatique le disque dur, ou peu être aux bout du monde quelqu’un trouvera mes photos. ainsi va la vie.
Belle série et, encore une fois, j’aime beaucoup lire tes réflexions.
Pour ma part je photographie énormément le quotidien familial, pour à la fois figer quelques instants de ces moments qui me glissent entre les doigts et aussi fournir une sorte d’état des lieux photographique de la famille aux parents plus éloignés. Et oui, la magie des réseaux numériques permet de conserver un lien minimum entre les grands-parents oncles, tantes et cousins …enfin, parfois.
Bref, je me rends compte par cette pratique acharnée du reportage familial que ma pratique a évolué (et a y regarder mes images des débuts, heureusement :-). Mais je me retrouve avec un stock de photos tellement volumineux et mal trié que chaque plongée dans les archives devient fastidieuse. Par peur de rater la bonne expression du bout de chou j’ai souvent multiplié les prises de vue sans compter, tâtonné dans les réglages, etc … mais je n’ai pas réussi à m’astreindre à la discipline du tri par la suite. Or c’est tellement plus agréable de naviguer dans un ensemble de photos épuré, où ne reste que de bonnes images, qui parlent et racontent des histoires que nous avons vécu, sans redondance.
Même si aujourd’hui je me force à limiter mes prises de vue, et à écrémer au maximum les rushs photos depuis le boitier ou une fois derrière l’écran, cet exercice reste pour moi le plus difficile.
Bonjour Anne-Laure,
Une réflexion intéressante que tu nous propose!
Les photos journalières que tu pratiques sont, je trouve, très personnells
et elles me font penser à un journal de bord que tu écrirais en image.
Le problème est qu’en général ce type de document est en général plus ou moins
secret. Peut-on faire des photos secrètes et ne pas les partager … paradoxe.
Il me semble que la photo souvenir est une photo partage, prise avec un ou plusieurs témoins et leur complicité.
En ce qui me concerne, je ne suis pas le même « photographe » si je témoigne d’une fête ou réunion de famille ou si je recherche la photo à laquelle j’attribuerai le qualificatif d’artistique. La vision et le regard sont différents.
Photo souvenir, le sujet est bien intéressant.
La photo souvenir est pour moi quelque chose qui évolue avec le temps. Et je pense qu’avec l’âge mes habitudes changent.
Souvent, je demandais à ma fille de réaliser ce type de cliché ou alors je passai en mode « souvenir » et je prenais des photos sans trop réfléchir.
Je me suis posé cette question de ce type de photo à l’occasion d’une rencontre familiale. Je reste attaché au portrait et je savais que je ne voulais pas faire poser les gens d’une manière classique.
J’ai essayé de photographier chaque personne, dans sa meilleure attitude en prenant soin d’avoir 2 ou 3 clichés de chacun. Finalement, ce fut un exercice intéressant que je recommencerai à d’autres occasions. Il m’a obligé à me préparer avant cette rencontre, à imaginer comment je souhaitais montrer chaque personne.
Le résultat est intéressant car j’ai passé un agréable moment avec le doigt sur le boitier et chaque membre de la famille est ravi d’avoir son portrait.
La principale caractéristique de la photo souvenir (ou la photo de famille), c’est qu’elle n’interesse que la personne qui l’a prise, et la ou les personnes qui sont sur la photo ou dans leur cercle proche (je crois que c’est la sociologue Susan Sontag qui l’a ennoncé).
Dans ce cas, le vécu personnel l’emporte sur l’intérêt artistique de la photo. Grand-père depuis peu de temps, je vois les parents s’extasier devant les photos de leur petite fille que je prend, alors qu’elle n’ont absolument rien d’exceptionnel. Ces photos n’ont pas vocation à sortir du cercle familial.
De même, lorsque je prend des photos lors de mes voyages, je distingue celles qui feront l’objet d’une publication (internet, exposition…), des photos « souvenir » qui ne dépasseront pas le tirage 10×15 et resteront dans l’album personnel.
En fait, c’est peut-être la destination que l’on donne à nos photos qui permet de les classer en « photo souvenir » ou en « photo artistique ».
Tu as décidé, Anne-Laure, de te lancer dans un « photodiary » de tes photos souvenirs. Cette démarche relève bien d’un « projet photographique », et ces photos souvenir (personnelles ?) vont pouvoir être vues de tous.
Sont-ce alors toujours des photos souvenir ?
En tout cas, nous qui ne partageons pas ton quotidien, nous les percevons comme une « création » relevant d’une démarche artistique annoncée, et non pas comme des photos souvenir.
Merci à tous pour vos ressentis, vos avis et ces échanges concernant la « photo souvenir » ! Vos interventions me font dire qu’effectivement il y a autant de manières de considérer et d’aborder la photo souvenir que de photographes… plus ou moins du dimanche !! J’ai bien l’impression que cette catégorie de photos va bien au delà des quelques photos d’anniversaire, de famille et de vacances que nous avons spontanément en tête, non ?
Francis, pour réagir directement à ton intervention… Pourquoi, à partir du moment où une photo est artistique, recherchée, réussie en fait, devrait-elle sortir de la catégorie des photos souvenirs ? Personnellement, c’est un peu comme cela que je considérais les choses avant. L’expression « photos souvenirs » n’était qu’un terme péjoratif pour évoquer les photos sans intérêt que l’on fait juste pour mémoire ou pour envoyer aux proches. Même si elle est cela à 95%, j’ai l’impression qu’elle ne s’y limite pas et que c’est dommage d’en avoir une vision aussi restrictive ! Pourquoi tes photos de vacances qui font l’objet d’une publication ne sont-elles plus des photos souvenirs ? Pour les autres personnes, elles n’en sont pas (tout comme mes instantanés ne sont pas vraiment considéré comme des photos souvenirs par les autres) (bien que quelqu’un m’ait fait remarquer que cela faisait plus « description de mon quotidien » et « blog perso ») mais, pour nous, certaines d’entre elles sont tout de même des « photos souvenirs », non, même si elles sont réussies ?!
Philippe, je crois aussi que les photographes à qui on assigne la corvée de « photos souvenirs » lors des évènements familiaux ne sont pas vraiment dans leur élément et retombent en mode « non-photographe » par défaut pour effectuer leurs prises de vue. De mon côté, j’ai aussi un mal fou à faire des photos de famille… Il faut dire que c’est un sujet vraiment très difficile ! Gérer l’humain « en quantité », spontanément, généralement avec une lumière pas adaptée à la photographie, c’est bien souvent décourageant dès le départ… d’où l’idée sans doute de n’avoir aucune prétention autre que celle de la photo souvenir ?!
C’est intéressant, Philippe, que tu aies testé la photo souvenir autrement. Je pense aussi que le portrait plus ou moins en situation mais assez soigné peut être une bonne alternative à l’écueil de la photo de famille désordonnée !
Jym, Tu as tout à fait bien résumé la situation en ce qui concerne mon « photodiary » : un journal de bord en images.
Je me suis aussi posée la question du partage… Je trouve cela bien plus intéressant et motivant de le partager ! Il me semble que cela crée un lien plus fort avec les visiteurs du site, même ceux qui ne me connaissent pas. Et ceux qui me connaissent retrouvent des bribes qui leur sont familières, des lieux, des visages, des objets qui portent l’aspect souvenir sans que, j’espère, l’intérêt et la qualité des photos soient aussi réduites que dans 95% des photos souvenirs classiques.
Ronan, j’ai remarqué moi aussi cette évolution vers le « déclenchement compulsif » lorsque je suis devenue photographe professionnelle. En reportage pro, pas le droit à l’erreur, il faut capter l’instant et le bon, éviter les clignements d’yeux et les ratés dus aux conditions de prises de vue qu’on n’a pas toujours le temps de bien gérer !!
Pour cette raison, une photo souvenir moins orientée vers l’humain (même si je le déplore pour mes images) est un bon pas vers des prises de vue plus appliquées, des déclenchements plus modérés, et des photos qui vont au delà de l’aspect mémoire. Par la suite, peut-être suffit-il d’y réintégrer un peu d’humain (ce que j’essaie de faire en ce moment même si personne jusque là n’apparait, je l’ai remarqué, à visage découvert !) pour parvenir, peut-être, à un autre type de photos de famille ?
Le tri est une lourde problématique ! Moi-même, je suis toujours plus motivée à sélectionner des photos qui me plaisent qu’à supprimer toutes celles qui sont à jeter ! Je parle un peu de cette problématique dans mon livre…
Orépuk, quel commentaire plombant ! ;) C’est vrai que cela doit remettre en question que de côtoyer ainsi la benne à papier… Trier, jeter et déménager fait aussi se poser ce genre de questions, dans le même ordre d’idées…
Laurence, c’est tout à fait vrai que la photo souvenir est une photo plus spontanée, plus décomplexée. Personnellement, photographier au compact m’a beaucoup aidé à envisager ma pratique autrement, à photographier d’autres sujets d’une manière qui ne m’était pas habituelle.
Ceci dit, il y a encore des photos que je n’ai pas envie de faire ou que je fais parfois « pour le souvenir », pour ne pas regretter de manquer de visages sur mes images plus tard mais que je regarde à peine une fois prises… justement ces photos réalisées lors de réunions familiales, anniversaires etc. Et pourtant, il y aurait sans doute de bonnes photos à y faire !!
Aaaaah, comment faire de bonnes photos de famille ?! Si certains d’entre vous ont des éléments de réponse, cela serait passionnant !
Je rejoins le sentiment de Laurence à l’égard des photos souvenirs : je cherche en toutes circonstances à faire une photo artistique, qui aura donc un intérêt à être partagée et qui sera probablement appréciée, un peu comme un geek de l’appareil photo, l’oeil toujours derrière le viseur à la recherche de LA photo. A l’inverse, je n’ai plus envie de prendre de photos souvenirs, d’évènements familiales, je préfère laisser s’amuser les présents avec leur compact ou téléphone portable immortaliser les scènes. Lorsque je parcours mes archives, qui sont pour les plus anciennes que des photos souvenirs, je n’y vois que les défauts et je n’ai qu’une envie, c’est de les supprimer, mais finalement je les conserve par nostalgie !
Il en résulte une certaine déformation de l’esprit, de snobisme, comme dit Laurence et on finit par ne plus profiter de l’instant présent. C’est pourquoi parfois, je fais exprès de ne pas prendre mon appareil… Je terminerai par une citation de Jean Delacour : « Les touristes découvrent sur leurs photos les sites qu’ils avaient renoncé à regarder pour trouver le temps de les prendre ». Je la trouve très pertinente et malheureusement je suis le premier concerné , c’est grave, Docteur ?
Si l’on part d’un certain point de vue, disons celui du photographe, toutes ses photos sont des photos souvenir, puisqu’elles le ramènent forcément à une situation que lui seul (ou très peu de personnes) a connu et peut reconnecter à son vécu (tous les grands photographes ont des tas d’annectotes à raconter, reliées à leurs prises de vues, et qui n’en changent pas l’attrait pour le public que nous sommes).
Par ailleurs, pour moi, la notion de « photo souvenir » n’est pas péjorative; comme je le dit souvent aux personnes que je me permet de conseiller, il vaut mieux faire une bonne « carte postale » qu’une mauvaise photo artistique.
Mais l’état de « photo souvenir » ou de « photo artistique » ne dépend pas seulement de la photo, mais aussi et peut-être surtout de son récepteur.
Je ne voulais donc pas dire qu’une photo « artistiquement réussie » sortait forcément de la photo souvenir; si je prend en photo qq de ma famille avec une lumière et une composition particulièrement réussie, elle restera une photo de famille pour les personnes proches, qui reconnaitront d’abord cette personne, même « si la photo est belle » ! Par contre, je pourrai la montrer au cercle extérieur, qui pourra l’apprécier, sans pour autant connaitre la personne photographiée.Alors qu’une photo moyennement réussie de la même personne sera également appréciée de cette personne, mais ne pourra intéresser le cercle extérieur.
Il en va de même pour mes photos de voyages; quand je suis avec des personnes de mon entourage, pas spécialement « photographes », ils rigolent toujours de me voir plus intéréssé par une vielle porte pourrie dans laquelle je vois des indications graphiques intéressantes, qu’au portail clinquant et monumental du chateau royal, que des milliers de touristes photographient et qui existe sur de nombreuses cartes postales. Toutes deux sont bien évidemment des photos souvenir, mais si je propose à une galerie d’exposer mes photos de voyages, il est fort à parier qu’elle choisira la vieille porte, même si la photo de la porte de chateau me rappelle une anecdote forte de mon voyage !
Par contre, je me pose la même question que toi, pour réussir mes photos de famille… je n’ai pas non plus encore la réponse !
Beaucoup de photos de mes enfants (avec les mêmes difficultés de tri que citées plus haut!)… Des ballades, et sorties un peu exceptionnelles.
Mais peu il est vrai du quotidien « banal », de la routine journalière, et encore moins la mise en image de mes idées, envies, projets,… Tiens si j’essayais cette semaine?! Si je ne me contentais pas de sortir mon appareil pour immortaliser tel premier pas, ou tel paysage-carte postale ?
Comment faire de bonnes photos de famille? En essayant de faire un bon reportage comme le ferait journaliste couvrant un évènement d’actualité ? Ou au contraire en essayant de profiter au maximum de l’instant quitte à se résigner à quelques instantanés sans prétention artistique. Comment concilier une approche esthétique plus réfléchie avec l’aspect émotionnel ? Et les portraits ? Portraits volés pour fixer un regard ou une expression, quitte à se transformer en chasseur ? Ou alors portrait posé, accepté et partagé ? Un peu des deux ou les deux à la fois ?
;)
Reflexion tres juste et bien posée.
Au final, ce qui compte (à travers la photo ou autre chose), c’est faire du lien. Faire du lien entre le personnel et l’universel, l’intérieur et l’extérieur.
Ce lien pouvant être de nature émotionnel, esthétique, symbolique, etc…
Tu dois connaitre le projet ADaM de Timothée Rollin : http://www.adamproject.net/
Il va complètement à rebrousse poil de ta réflexion :
objectif, prendre des photos de sa vie personnelle du matin au soir, de tout, sans démarche esthétisante.
Prises individuellement, ces images n’ont aucun interêt. Rassemblées sous forme de vidéo, projetées au rythme de 24 i.s, il s’en dégage une nouvelle perspective, et du coup un nouveau sens.
Mais s’agit-il encore de photo ?
Du coup, je pense que ta réflexion n’est juste que dans le cadre d’une pratique purement photographique.
Ce qui amène à la question suivante : qu’est-ce qu’une pratique photographique ?
J’aime les mots de Touzalin « «Une photo ? C’est l’instant qui s’arrête, les sentiments qui demeurent et la vie qui s’en va.» Et puis vous écrivez « La problématique de la photo souvenir, c’est, de plus, qu’elle est fortement liée au temps qui passe. »
Et oui, une fois que l’obturateur se referme, que la pellicule est impressionnée, le moment est passé.
Dans mon esprit, chacune de mes images est fortement liée à un souvenir, une sensation, un espoir ou un désir. Je regarde « la nationale 12″ et je me rappelle quelque balades. Un autre réagira différemment. Et chacun d’aller chercher dans son histoire, sa mémoire, son éducation, ses instant passés. Et mettre en images notre futur souhaité ne fait jamais référence qu’a une histoire, obligatoirement ancienne. Une image n’est jamais intemporelle, et la plus conceptuelle des photos a toujours une référence dans le temps. Oui le temps passe, le quotidien fuit parfois. Volonté peut être parfois vaine du photographe de figer l’instant, ce leurre dont vous parlez. Rassurez vous, nous voulons tous laisser une trace avant de disparaitre, vous n’êtes pas la seule. La photo souvenir à ce mérite. Et j’apprécie les souvenirs de mes congénères.
Aaaaah, comment faire de bonnes photos de famille ?! Si certains d’entre vous ont des éléments de réponse, cela serait passionnant !
Existent-ils seulement des réponses en dehors de soi-même ?
La question n’est-elle pas déjà la réponse ?
Est-il besoin de trouver une réponse ou suffit-il de laisser nos questions nous questionner et de voir ce que ladite question a fait bouger en soi.
Votre livre a commencer à faire bouger tant de choses en moi que ce serait indécent de pas ne pas vous répondre.
Mes souvenirs me dirigent vers une autre porte, celle que m’avait ouvert un professeur de philosophie qui nous avait appris en son temps que la solution se trouvait bien souvent en dehors du carré mental que l’on explore. Il faut alors savoir en sortir. Si votre question portait sur la photographie, je me sentirais mal à l’aise pour oser vous répondre, aussi vais-je changer de plan de réflexion et vous parler sur le plan de l’humain. Les émotions sont humaines. Les photos n’en ont pas. Celui qui appuie sur le déclencheur et celui qui regarde la photo sont des êtres sensibles et émotionnels. Le mental pourrait alors laisser la place au coeur, la famille serait remplacée par des êtres ordinaires dans leur lumière d’êtres ordinaires. Nous ne vivons pas dans un monde de concepts, le monde est peuplé de fleurs, de chaises, de chats malades et de mariages, de fêtes et de vent doux ou glacial. Vous avez si bien assimilé la technique et posé les régles de votre univers photographiques que seul des aspects affectifs peuvent causer ce type de question photographique.
Et si vous oubliiez le temps des photos, que vous n’avez pas en face de vous des membres de votre famille, mais des hommes, des femmes et des enfants, des gâteaux, des lumières, des décors, des détails et des rêves, alors vous seriez libre.
Et si la fête de famille n’était plus qu’une nationale, un oiseau sur une branche ou une silhouette dans la nuit, vos yeux oseraient-ils alors, s’ouvrir sans peurs et sans reproches ……
Lorsque parle le coeur, qui donc peut vous arrêter ….
Bonsoir,
pour moi la photo souvenir ce sont des paysages que je veux conserver et pouvoir revoir à volonté (exemple lever de soleil derrière le Mont Blanc) ou des monuments avec des détails insolites. Ce peut être aussi plus instantané: une mante religieuse en position de combat dressée sur ses pattes arrières prête à boxer…
Pour moi, la photo souvenir c’est avant tout des portraits ou photographier des proches dans un lieu ou un paysage. C’est aussi bête que ça, je photographie mon fils devant la mer, c’est une photo souvenir, je photographie la mer c’est une carte postale !
Mais rien qu’en captant des expressions, variant les cadrages, guettant les éclairages, cadrant serré, photographier les mains, les regards, parfois en mettant un peu en scène les personnes, il y a de quoi faire de bonnes photos souvenir ! On peut faire des photos de famille, avec des proches sur la photo, dont le sujet n’est pas la famille, mais qui fera une photo souvenir.
Comme une photo gagne toujours en intérêt avec une présence humaine, ne nous privons pas de la facilité de photographier la famille.
Toute photo n’est-elle pas le souvenir d’un instant passé ?
Bonjour
J’ai connu, comme vous le dites ces soirées diapos « interminables » , ces présentations d’albums souvenirs de voyages d’un oncle, d’un cousin… mais avec un regard d’enfant et je trouve ce constat important.
Dans les années 60, nous n’avions pas beaucoup d’occasion de voyager, voire même pas du tout, ces soirées photos étaient pour nous l’occasion de découvrir avec émerveillement, le monde, même si ces photographies n’étaient sans doute pas des chefs d’oeuvres en la matière.
De ce fait il est important à mes yeux de comparer les époques. Actuellement la jeunesse a plus souvent accès à la culture au voyage de part les magazines papiers ou internet et celà fait toute la différence.
Je le constate moi même, lorsque je montre à mes enfants nos photos réalisées dans le cadre d’un voyage, elles s’intéressent ou font semblant(elles sont bien élévées!!!) de s’intéresser aux dix premières mais se lassent rapidement.
Elles n’ont pas vécu ce voyage mais surtout, Il ya une différence de génération. La photo souvenir effectivement n’est plus perçue de la même manière.
Ce concept de photo souvenir « travaillé » est intéressant et divertissant mais quelquefois difficilement applicable lorsqu’il s’agit de de saisir un instant familial. J’avoue que je ne suis pas un fan de la photo de famille, quelque soient les occasions, je préfère nettement la photo de voyage. C’est tant mieux, il y en a pour tous les goûts, les sujets sont tellement nombreux.
Je viens tout d’abord sur votre site pour vous dire merci : composez reglez et declenchez est exactement ce qu’il me faut pour mieux organiser et omposer mes photos.
Pour la photo souvenir c’est un exercice difficile surtout la photo familiale qui integre une part emotionnellepas simple a gerer.
Ensuite developper ses photos en petits nombres . Elles sont valeur de souvenirs quelque fois bien plus tard ; apres le deces de la personne ou apres l’envahissement d’immeubles d’un coin nature.
Bonne soiree
La photo souvenir est pour moi une photographie impulsive qui prend ce qui me paraît symboliser une visite, le voyage etc…Je shoote en mode automatique sans me prendre la tête. Je réfléchis quand même avec de prendre les photos de tout et n’importe quoi… Il vaut mieux quelques photos évocatrices qu’un tas de photos dont « on ne se souvient plus ». Après il y a le temps que je réserve à faire de la photo (versus « faire des photos » souvenis). En voyage je prends quelques heures pour faire des photos plus pensées et réfléchies. Après si on ne manque pas de créativité et que les photos souvenirs sont capables de comporter une bonne lisibilité du sujet, du moment et de l’activité avec un cadrage sympathique et une esthétique particulière, là c’est l’idéal qui est atteint (en tout cas au niveau de l’usage que je fais de la photo).
Je ne suis pas d’accord sur un point : je trouve que les photos souvenirs sont toutes les mêmes. Par exemple il y a des milliers de photos de personnes photographiées devant la tour Eiffel ou mettant le doigt par effet d’optique sur la pyramide du Louvre. Quand je suis revenu d’Irlande j’ai regardé les photos de blogueurs sur l’Irlande et j’ai trouvé qu’elles se ressemblaient toutes.
Il est intéressant et amusant de voir (et lire !) que la nature humaine aime faire un choix : noir ou blanc ? Photo souvenir ou photo artistique, esthétique ? Dans ma pratique photographique, je ne m’interdits rien du tout et c’est un réel bonheur !!! Quel plaisir de pouvoir tout photographier, photos souvenirs ET (pas ou !) photos bien composées (artistiques pourrait-on dire par opposition à photo souvenir), sans jamais complexer en se posant des questions comme : est-ce bien intéressant de photographier mon fils qui souffle les bougies de son gâteau d’anniversaire ? Est-ce stupide de vouloir photographier ma femme près d’un monument célèbre que tout le monde a déjà photographié (sauf que me femme n’était pas sur leur photo, donc en quelque sorte elle est unique !!!) ? La réponse est simple : pour qui faites-vous de la photo ? Pour vous ou les autres ? Bien sûr, on a envie de partager quelque chose au travers de nos photos mais est-ce que cela doit se faire au travers de TOUTES nos photos ? Je ne le pense pas. Pour ma part, la simple photo souvenir (que je ne partagerai sans doute pas,…) cohabite parfaitement et en pleine harmonie avec mes photos plus artistiques, celles qui peuvent avoir un véritable attrait pour les autres et que je partagerai. Je suis un photographe amateur heureux qui ne s’interdit rien, qui s’amuse avec sa passion et qui la partage de temps en temps. N’est-ce pas simple ?