Billets d'humeur Photo

Comment se faire chiper ses droits d’auteur en 7 leçons

Êtes-vous auteur ?

Allez, je me permets de répondre à votre place… Oui !
Si vous venez sur ce site, c’est sans doute que vous avez au moins une fois déclenché avec un appareil photo, ce qui correspond à un acte de création.
On appelle cela une « oeuvre de l’esprit« , et elle fait de vous un auteur, quels qu’en soient son sujet et sa qualité.

Art. L. 111-2. L’oeuvre est réputée créée, indépendamment de toute divulgation publique, du seul fait de la réalisation, même inachevée de la conception de l’auteur.

 

Et cela, forcément, ça fait des jaloux !
Il y a toujours quelqu’un pour convoiter ce dont vous êtes l’auteur et pour tenter de vous faire oublier les droits qui en découlent.

Alors, comme on n’a rien contre de se faire exploiter par plus puissant, plus riche et plus malin que nous, on offre généreusement (et béatement) le fruit de nos compétences.
Comme vous vous en rendrez compte bien vite, les arguments présentés sont absolument imparables, résolument convaincants, surtout pour celui qui les énonce.

Ci-dessous, donc, un petit guide pour vous aider à mettre toutes les chances de votre côté pour vous faire déposséder de vos droits les plus stricts. ;)

 

Le premier argument choc : « AMOUR, GLOIRE ET BEAUTE ».
Votre photo est vraiment top (beauté). On s’est pâmé en la voyant, on ne se lasse pas de la regarder, on est super admiratif, et on l’apprécie à mooort (amour) ( en [ mode léchage de bottes = ON ] ).
Y’a un truc qui est génial quand on va utiliser votre photo, c’est qu’il va y avoir votre nom à côté.
Et là c’est la notoriété assurée, le monde à vos pieds. Fierté sur 5 générations (gloire).

Le trouble-fête : Ce qu’il faut savoir, c’est que la mention du nom de l’auteur n’est pas un cadeau, une monnaie d’échange, c’est un droit. Donc, si vous êtes payés, vous aurez à la fois une rémunération justement gagnée et votre nom d’indiqué (normalement… hum!).
Comme vous le savez, on a tous, à un moment dans notre vie, notre petite heure de gloire.
Pas besoin de se faire arnaquer pour cela ! Vous aurez votre heure de gloire. C’est statistique. Soyez patients !
Et sachez que, dans notre société, la rémunération constitue la seule vraie reconnaissance pour votre travail.
Sans rémunération, ignorance et mépris sur 5 générations… de clients à votre gratuité.

Art. L. 121-1. L’auteur jouit du droit au respect de son nom, de sa qualité et de son oeuvre.

 

2ème arme à bout portant, LE DENIGREMENT.
De toute manière, votre photo est loin d’être exceptionnelle.
Vous n’êtes sans doute qu’amateur, ou alors un professionnel parmi tant d’autres. Votre image, il suffit d’avoir un appareil semblable au vôtre pour la faire. Alors, bon, faudrait pas trop en demander non plus.
C’est déjà bien sympa qu’on la prenne et qu’on la montre votre photo, afin que vous puissiez accéder enfin à votre heure de gloire. Alors vous n’allez tout de même pas réclamer plusieurs dizaines d’euros pour cette image sans intérêt.

Le trouble-fête : Il ne faut pas oublier que la qualité ou la créativité d’une image, ce n’est pas ce qui prime dans l’évaluation de son prix. Ce qui compte, c’est l’offre et la demande.
Un client potentiel veut ces photos donc elles valent quelque chose !
Notez quand même que, par la suite, en cas de litige en cas de contrefaçon, un tribunal examinera si l’auteur a imprimé sa « patte » à la photo avant de lui conférer la protection découlant du Code de la Propriété Intellectuelle. Efforcez-vous donc de faire des images personnelles mais ne bradez pas pour autant vos photos classiques.
Ainsi, c’est l’intérêt que l’on porte à votre image qui fait sa valeur. Voilà pourquoi on essaie toujours de vous faire croire qu’elle n’est pas mieux qu’une autre !
N’est-il pas étrange que l’on insiste tant pour utiliser votre image (bien sûr à moindre frais) alors qu’elle n’a justement aucun intérêt ? Il y a comme un hic, c’est sûr, et forcément une belle hypocrisie dans l’air.

 

3ème méthode assez prisée : LE CONCURRENT IMAGINAIRE.
J’ai remarqué que mes clients potentiels ont toujours à disposition un autre photographe qui peut faire le boulot à notre place ou livrer des photos aussi bien. Le tout selon des conditions ultra avantageuses.
L’autre, le concurrent, il a des tarifs défiant toute concurrence et file ses images en « libre de droits » bien sûr (cf la 6ème leçon). Il est sympa, arrangeant, (beau, musclé, il sent bon le sable chaud).
Généralement votre client éventuel n’a pas encore rencontré ce concurrent imaginaire. Ils ont rendez-vous la semaine prochaine et l’autre va lui exposer en long, en large et en travers tout ce qu’il va lui offrir gratuitement.
Alors, un conseil, alignez-vous sur ce type formidable pour obtenir le contrat !
Ainsi, vous aurez l’ultime satisfaction d’avoir gagné la partie en larguant tous vos droits pour des clopinettes. Cooool.

Hum, je veux bien croire que certains photographes, qu’ils soient amateurs ou professionnels cassent le marché. Mais ce n’est pas une raison pour tomber dans un panneau aussi gros. La première et la deuxième fois, parfois on y croit. Mais à force, on doute. Il vit comment ce photographe fantôme ? Et que fait-il comme photos ?
Car c’est là votre argument phare. Le spectre a des conditions soit-disant défiant toute concurrence, mais il ne fait pas vos photos à vous. Et là, justement, on négocie pour VOTRE travail.
Et, vos images, elles ne se bradent pas sous la pression d’un concurrent imaginaire.
Celui-ci a d’ailleurs une bien faible considération de son propre travail pour céder les images comme il le fait (de manière supposée). Vous pouvez donc en déduire que ses photos sont beaucoup moins bien que les vôtres sinon il les défendrait mordicus comme vous êtes en train de le faire. Non mais !

 

4ème truc à tenter : LA CONTRE-PARTIE.
Ils ne sont vraiment pas gênés ces photographes. Prendre en photo tout et n’importe quoi de cette manière : des bâtiments architecturaux créés par d’autres, des gens qui se sont faits beaux le matin et dont ils vont, sans aucun scrupule, exploiter le charme et le mode vestimentaire, une voiture dessinée par un génial ingénieur, des rues nettoyées par les services municipaux, etc.
Des vraies pies voleuses.
En fait, ça ne crée rien un photographe ! ça ne fait que prendre ce qui a été réalisé par quelqu’un d’autre ! Ben voyons, et en plus ça se prend pour un artiste. Pffff…
Du coup, en manoeuvrant un peu, on peut toujours leur faire croire qu’on est en droit d’utiliser leurs images !!

Le trouble-fête : Hum, qu’est-ce que c’est que ces bêtises ?! « Rien ne se perd, rien ne se crée » a dit Lavoisier. Et c’est valable en chimie comme dans toute autre discipline. Mais est-ce que l’on peut destituer un compositeur de son acte de création sous prétexte qu’il utilise les mêmes notes et ryhtmes que tout le monde ? ou un peintre parce qu’il interprète ce que Dame Nature nous a généreusement offert ?!
Pourtant, certains organismes s’efforcent à vous faire croire que leur faire cadeau, purement et simplement, des droits d’utilisation de vos images est une juste contre-partie pour vous avoir permis de les faire, ou de les utiliser.
Offrir quelques tirages à un modèle en contre-partie du temps passé en pose se fait assez couramment.
Mais personne ne peut mettre de conditions à l’utilisation de vos images si elles ne présentent pas elles-même une oeuvre protégée reconnaissable ! Un animal élévé, une fleur cultivée, même photographiés dans un parc privé ne peuvent raisonnablement être sous le coup d’un droit d’auteur !
Est-ce qu’Alain Souchon doit offrir une bière ou un CD, ou même une rémunération pour citer Sulitzer ?!
Impose-t-on à Vincent Delerm certaines conditions pour chanter « Châtenay-Malabry » ?!

 

5ème astuce pour des sans-scrupules : Des promesses ! Toujours DES PROMESSES !
Lors d’une réception, vous faites une prise de vue pour votre client. Vous êtes un prestataire au même titre que le traiteur, le fleuriste, le décorateur. Et vous mettez en valeur, dans vos images le travail de tout ce petit monde.
Du coup, le traiteur voudrait bien utiliser pour sa comm des photos dont il n’a pas payé la réalisation ! Il aimerait beaucoup ne pas vous rémunérer non plus la cession de droits correspondante.
Alors il fait valoir ses arguments (infaillibles !! hum…).
Vu qu’il a plein de contacts en lien avec ce genre de réceptions, à coup sûr, il va pouvoir vous recaser quelque part ! Parfois même il organise lui-même des réceptions et du coup, vous auriez peut-être la chance de devenir son photographe attitré si vous lui filiez gentiment les jolies photos qui traînent sur votre ordi. C’est sûr, vous ne pouvez pas refuser une telle offre pour l’évolution de votre carrière !
Des contacts facilement obtenus, une collaboration sans doute régulière, des contrats juteux par dizaines !! C’est l’opportunité du siècle, vous vous en rendez-compte dans l’instant.

Le trouble-fête : Mais que vaut cette promesse au fait ? Des photos existantes contre des contrats supposés ?! Non non non ! Comment croire à ce genre de proposition, dont on décèle toutes les ficelles ?!
Et pourtant, le désarroi dans lequel votre situation personnelle, professionnelle ou financière peut vous plonger peut vous faire perdre toute clairvoyance.
Ne tombez pas dans le panneau ! On veut juste vous extorquer des photos.
Pas de promesse qui tienne sans accord contractuel.
Si, réellement, votre contact peut jouer les intermédiaires et vous apporter des contrats, alors il est possible « d’échanger » ces opportunités contre quelques droits photos. Le pourcentage correspondant à un travail d’agent contre une cession de droits… et cela doit être bien réfléchi pour être équilibré. Mais exprimez clairement le fait que cela ne peut être envisagé que pour les contrats à venir et non contre des promesses.

 

En numéro 6… l’argument choc du fameux LIBRE DE DROITS
ça y est, on va vous acheter vos images. Le monde de la photographie professionnelle ouvre ses portes devant vous. Par contre, votre client exige du « libre de droits ».
Déjà qu’il n’est pas facile d’estimer le coût d’un travail photographique et d’une cession de droits, mais en plus, si cette cession est valable pour des années en publicités au format quatre par trois, en produits dérivés vendus (livres, cartes postales, packaging…) … quelle galère pour envoyer un devis !
Mais comme on débute et l’on n’ose pas réclamer une trop haute rémunération, malgré le caractère déraisonnable de ce qui nous est demandé, on fait en sorte que la facture ne soit pas exorbitante tout de même.

Le trouble-fête : Grave erreur ! Non seulement vous vous faites voler purement et simplement vos droits pour une somme modique, mais en plus, vous vous mettez dans l’illégalité totale !
Comme en témoigne l’extrait du Code de la Propriété Intellectuelle présenté ci-dessous, le concept de « libre de droits » ne respecte pas la loi française.
La cession de droits, pour être valide, doit comporter la mention précise de toutes les utilisations possibles de votre image, limitées dans l’espace et dans le temps. Une cession qui ne respecte pas ces conditions peut être considérée comme non valide.
Faites-le bien comprendre à votre client ! Souhaite-t-il se retrouver avec une cession de droits non valide ?! Ses exigences pourraient finalement avoir un retour de bâton bien douloureux…

Art. L. 131-3. La transmission des droits de l’auteur est subordonnée à la condition que chacun des droits cédés fasse l’objet d’une mention distincte dans l’acte de cession et que le domaine d’exploitation des droits cédés soit délimité quant à son étendue et à sa destination, quant au lieu et quant à la durée.
Art. L. 131-4. La cession par l’auteur de ses droits (…) doit comporter au profit de l’auteur la participation proportionnelle aux recettes provenant de la vente ou de l’exploitation.

Imaginez cependant que vous vouliez accédez à sa requête.
Vous vous voyez donc dans l’obligation de lister toutes les cessions éventuelles que pourra souhaiter utilisez votre client, le tout sur une durée de… admettons 70 ans, dans le monde entier (voire les nations extra-terrestres prochainement colonisées), puis d’additionner tous les tarifs correspondant.
Croyez-vous vraiment que votre client soit susceptible de payer une telle somme, tout ça pour avoir le plaisir de devoir éviter de vous recontacter et de débourser à nouveau par la suite ce qu’il vous doit ?!!
Ainsi, n’hésitez pas à expliquer à votre client que c’est pour ne pas avoir à lui faire débourser une somme aussi déraisonnable que vous lui proposez une cession de droits bien spécifique !
C’est pour qu’il fasse des économies !

 

7ème argument : Le pack AVEC LA PRISE DE VUE
C’est vrai quoi. Votre client a déjà payé la prise de vue (plusieurs centaines d’euros car vous coûtez un prix fraaaanchement exorbitant). Il ne va pas, en plus (!), dépenser pour une cession de droits !
Puisqu’il les a payées ces photos ! Enfin quoi, elles lui appartiennent, non ?

Quand je disais que le fait d’être « auteur », cela fait des jaloux !
Faisons simple, de votre vivant, vos photographies vous appartiendront toujours.
Le droit d’auteur est « perpétuel, inaliénable, imprescriptible ». Vous ne pouvez pas le vendre. Il ne peut vous être volé.
Que vous ayez fait une prise de vue pour le compte d’un client, photographié ses biens, son visage… cela ne remet pas en cause cet état de fait. Vous êtes propriétaire de l’image et vous jouissez de vos droits.
Les clients ont souvent bien du mal à penser qu’il leur faut payer pour faire faire les images puis pour les utiliser. Mais il s’agit bien de deux choses très distinctes !

La prise de vue correspond à un temps de travail.
Le client rémunère le temps passé, l’utilisation d’un matériel coûteux, la possibilité d’avoir des photographies sur mesure de ses propres produits (et non des images impersonnelles de microstocks !).
La cession de droits correspond à une contre-partie contre l’utilisation de vos images.
Tout comme un musicien touche des droits sur ses compositions lorsqu’elles sont diffusées à la radio, à la télé, utilisées dans une publicité, comme un écrivain touche des droits lorsque son livre est vendu, traduit, quand ses écrits sont reproduits, il est normal que vous touchiez quelque chose (cf barême UPC) lorsque vos images sont montrées et qu’elles servent commercialement à une entreprise. Que ce soit pour son site, ses brochures, ses publicités, ses produits dérivés, vos photographies servent l’image de marque de votre client.
Pour qu’il puisse les utiliser, vous lui cédez un droit de reproduction, contre rémunération.

Art. L. 111-1. L’auteur d’une oeuvre de l’esprit jouit sur cette oeuvre, du seul fait de sa création, d’un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous.
Ce droit comporte des attributs d’ordre intellectuel et moral ainsi que des attributs d’ordre patrimonial, qui sont déterminés par les livres Ier et III du présent code.
Art. L. 111-3. La propriété incorporelle définie par l’article L. 111-1 est indépendante de la propriété de l’objet matériel.

Art. L. 121-1. L’auteur jouit du droit au respect de son nom, de sa qualité et de son oeuvre.
Ce droit est attaché à sa personne.
Il est perpétuel, inaliénable et imprescriptible.
Il est transmissible à cause de mort aux héritiers de l’auteur.
L’exercice peut être conféré à un tiers en vertu de dispositions testamentaires.

 


Nous voilà au bout de nos leçons ! Sept… consédéré comme chiffre parfait… un symbole d’universalité… hum !
Ces arguments pour nous embobiner sont universels, à ne pas en douter… :(

Si cet article me tient à coeur, bien que rédigé sous forme humoristique histoire de dédramatiser un peu des situations parfois vraiment difficiles à vivre, c’est que tous ces types de pression, je les ai vécus, expérimentés.
Les gens sont sans scrupules. Chacun pour sa pomme.
Ils profitent de votre manque de confiance en vous, de la naïveté du débutant, d’un éventuel besoin d’argent de la personne qui est en face d’eux pour arriver à leurs fins et faire économiser plusieurs centaines voire milliers d’euros à leur entreprise déjà extrêmement lucrative (on comprend pourquoi).

Je dois vous avouer que moi-même, je suis parfois tombée dans le panneau de certains de ces arguments.
Enoncées clairement, certaines choses semblent évidentes, mais dans le flou d’une carrière professionnelle non balisée, dans le cadre d’une négociation stressante, ces moyens de pression peuvent être efficaces.
Je ne suis donc pas en train de vous faire la leçon. Je tiens juste à vous mettre en garde.
Maintenant que j’ai les idées plus claires à ce sujet (mais cela prend des années…), j’ai voulu vous faire partager, sur un ton léger, des tas de petits trucs qui peuvent vous servir pour négocier vos contrats.
Repérez bien ces arguments et la manière de les déjouer !
A votre tour, faites-nous part de vos réponses aux sollicitations souvent « limite » de vos clients effectifs ou éventuels.

Cet article vient en réponse des dizaines de demandes qu’on lit chaque jours sur les forums photo.
Combien dois-je vendre mon image ? On me demande de la céder définitivement, que dois-je faire ?
Alors une fois n’est pas coutume, je vous encourage à diffuser cet article ( Sur votre blog, les forums que vous visitez, en lien sur facebook, en twitt etc…) si vous pensez qu’il peut constituer une bonne réponse à ces problématiques et aider amateurs et professionnels non aguerris à y voir plus clair dans le jeu de leurs clients.

Le jeu…
La négociation peut être prise comme un jeu, parait-il… « Gagnant-gagnant » qu’ils disaient !
J’espère de tout coeur que les photographes sauront mettre toutes les chances de leur côté pour sortir « gagnants », effectivement, de ces confrontations dans un milieu où sévit la loi du plus fort.
Prenons conscience que, sans aucune doute, 2 contrats perdus pour de bonnes raisons (ne pas se faire arnaquer !) sont rattrapés par un contrat bien négocié (et rémunéré correctement) ! :)

 

Pour terminer à nouveau sur une note d’humour, je vous conseille vivement le visionnage de cette video.
Même les peu-anglophones comme moi en comprendront suffisamment pour réaliser à quel point les sollicitations que l’on vous fait pour céder vos images sont ridicules et hors de propos dans le cadre d’une collaboration commerciale correcte.
Cherchez-vous une contrepartie à offrir à votre opérateur téléphonique pour éviter de régler le coût de votre abonnement ?
Négociez-vous le montant de vos courses au supermarché ou la note du garagiste ?
Y’a-t-il une carte d’abonnement « libre de droits » (servez-vous gratos !!!) dans votre boulangerie la plus proche ?!

Alors pourquoi accepter de telles pratiques pour la vente de nos images ?
Un prix, c’est un prix, même quand il s’agit de photographie.

Les citations encadrées correspondent à des textes de loi tirés du Code de la Propriété Intellectuelle.
Le contenu de l’article ci-dessous est purement subjectif et ne dispense pas tout auteur l’ayant survolé de faire preuve de dicernement dans la négociation de ses contrats.
Ainsi, chacune de vos décisions vous est personnelle ; aucune ne peut m’être reprochée. :)

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Discussion

38 commentaires pour “Comment se faire chiper ses droits d’auteur en 7 leçons”

  1. L’article est très intéressant, c’est bon de connaître les revers de la profession, par contre je sais pas si c’est la fatigue, mais l’italique rend le tout difficile à lire.

    Posté par Lluciole | octobre 21, 2009, 20:05
  2. Tellement vrai. (malheureusement)
    extra cet article et la vidéo en conclusion j’adore!

    c’est devenu tellement difficile de justifier l’action de notre index sur le déclencheur.
    en oubliant le travail de la lumière, le cadrage, le choix de la pdc, le makeup pour les portraits…

    Posté par Arnaud | octobre 21, 2009, 22:47
  3. Je reconnais dans cet article certains thèmes dont nous avons pu débattre dans un sujet dont j’étais à l’origine sur un forum photo ;-)

    Je suis entièrement d’accord avec toi sur toutes les leçons et ceci même en ce qui concerne les photographes amateurs (dont je fais partie) : la seule évaluation tangible de la valeur d’une image est le prix que le « client » est prêt à y mettre (c’est comme la musique : on est prêt à écouter plein d’artistes dont on télécharge gratuitement les morceaux et on devient beaucoup plus sélectif quand il s’agit d’acheter les CD).

    Pour la leçon 4, le sujet est plus litigieux : si les lieux et la personne ne sont pas reconnaissables OK. Mais un photo d’un bâtiment peut être soumis aux droits de l’architecte. On en arrive à des situations hallucinantes (du type la vue depuis un parc dans une ville de banlieue soumise aux droits d’auteur ou l’éclairage de la tour eiffel). Mais ce sont aussi des « auteurs » et ils ont la loi pour eux.

    Heureusement, on tombe aussi souvent sur des personnes n’ayant pas encore été complétement perveties par le système (ou plus naïves que nous ???) et avec qui les transactions se passent en bonne intelligence.

    Bon courage pour la suite …

    Posté par SebJ | octobre 21, 2009, 23:10
  4. Ahhhhh un article au TOP Anne-Laure :-)

    Pour le coup je le twitte derechef !

    Posté par Cédric | octobre 22, 2009, 7:24
  5. C’est tellement vrai tout ça…!!!
    Je mets en place mon activité et je suis déjà confronté à ce genre d’attitude, et avec des petits clients…

    Posté par Jérôme DURENNE | octobre 22, 2009, 7:33
  6. Le trouble fête à souvent raison :)
    Merci pour ce passage en revue de ces articles et ces explications.
    Un beau travail de partage.

    Posté par Pierre | octobre 22, 2009, 7:54
  7. Merci pour cet article très intéressant !
    Même si je n’ai pas encore été confronté au problème, ça permet de réfléchir au sujet !

    Posté par Thomas | octobre 22, 2009, 9:37
  8. Effectivement, voici un guide intelligent à mettre entre les mains de tout débutant….. et valable pour beaucoup d’activité !!!
    Il faudrait rajouter que les clients les plus négociateurs sont aussi les plus mauvais payeurs, et que plus la somme est petite, plus elle a de chance d’être payé en retard.

    Posté par Christophe | octobre 22, 2009, 10:00
  9. Très bon article, assez instructif pour une débutante comme moi à qui l’on a déjà proposé d’utiliser les photos, sans que je saches trop quoi répondre… Je viendrais m’y référer à l’avenir. Merci!

    Posté par Foley | octobre 22, 2009, 10:18
  10. Article enrichissant !

    Comme Thomas, je n’ai pas encore été confronté au problème, mais ça permet de réfléchir au sujet !

    Posté par Le P'tit Nicolas | octobre 22, 2009, 11:09
  11. Merci Anne-Laure pour ce texte. Dans la série article du CPI, je me permets de rappeler celui-ci (pour le 2ème argument) :
    Art. L. 112-1. Les dispositions du présent code protègent les droits des auteurs sur toutes les œuvres de l’esprit, quels qu’en soient le genre, la forme d’expression, le mérite ou la destination.

    Er pour les barèmes UPC, ne pas oublier qu’ils concernent que les oeuvres préexistantes et qu’il y a à la fin du PDF le barème à points pour les œuvres de commandes, un peu compliqué mais intéressant pour évaluer des prix.

    Posté par Henri | octobre 22, 2009, 11:25
  12. Ah ah ah !! C’est bien vu !!!
    Je me suis fait avoir aussi au début avec descréas publicitaires !!
    D’ailleurs j’expliquais hier à une jeuen graphiste que ce n’était pas une bonne idée de travailler pour les sites de créa de logos qu’on trouve sur le net et qui cassent les prix !! Vu ce qu’ils donennt aux créatifs et vu combien ils revendent leur travail c’est de l’escroquerie pure et simple !!!

    Posté par Anbleizdu | octobre 22, 2009, 12:05
  13. Merci beaucoup.
    Je continu à penser qu’une photo mise en ligne sur le net est perdu…
    Impossible de la suivre à la trace, le monde est trop grand !
    Cependant j’ai mis un lien, de ton article, sur ma page aujourd’hui.
    C’est simplement expliqué et il il y une grande place au vécu..
    Amitiés.

    Posté par JCBiker | octobre 22, 2009, 13:20
  14. Je n’ai jamais eu à me confronter à de telles situations (peut-être un jour, pendant euh … mon heure de gloire :-) ) cependant je trouve ta prose édifiante et amusante. Le contenu est criant de vécu et l’humour bien mené est le bienvenu. J’en apprends toujours un peu plus quand je viens sur ton blog, merci pour ça.

    Posté par ronan | octobre 22, 2009, 14:08
  15. Je vous invite à lire le blog de Destroy pour vous rendre à quel point un photographe peut être soumis à de gros connards…
    http://destroyphoto.blogspot.com/2009/04/pas-cher.html

    http://destroyphoto.blogspot.com/2009/05/entreprise-visage-humain.html

    Posté par Riri | octobre 22, 2009, 17:32
  16. Merci beaucoup pour toutes ces réactions passionnantes !

    Je vois qu’il y a ceux qui ont vécu les mêmes choses que moi, et ceux qui n’ont pas encore eu cette chance !! ;) J’espère que dans les deux cas, ces quelques arguments vont serviront.

    Je me demande même si au prochain coup de fil client, je n’ouvrirai pas la page de cet article sur mon navigateur, histoire de me donner du courage et d’avoir bien en tête pas mal d’arguments utiles.

    Bon, sans vouloir être pessimiste, il faut bien se dire que, même avec les meilleurs arguments du monde, la plupart du temps, votre client dira « oui oui, je comprend bien. Et donc, pour du libre de droit ?! » (et idem pour les autres arnaques probables)….

    SebJ, tu tombes souvent sur des personnes avec qui la collab se passe bien et qui te payent le prix correct ?! Va falloir me filer tes contacts ! eh eh !

    Henri : merci pour ces rappels. :)

    JCBiker, y’a des moments où tu te demandes si ce que tu files à tes clients n’est pas aussi perdu… grrrr !

    Riri, j’ai bien ri (jaune bien sûr !) en lisant ces articles et en découvrant Destroy Photo. C’est partout pareil hein…

    Un grand merci à tous ceux qui ont relayé cet article !

    Posté par Anne-Laure | octobre 22, 2009, 23:39
  17. Très très interessant ton article.
    Même si je ne suis en rien « pro » j’ai déjà ressenti le sentiment d’être dépossédé de quelque chose, en rretrouvant certaines de mes photos reprises sur le Web, au fil de petites annonces, d’en-tête sur You tube, d’en tête sur certains forums…
    Souvent j’ai fait la démarche de m’inscrire sur le forum concerné juste pour signaler que j’aurais apprécié d’être prévenu que ma photo se baladait par là…..
    Au plaisir de te retrouver sur le fil Ricoh GR !
    Francesco

    Posté par Francesco | octobre 26, 2009, 14:59
  18. Je me joins aux précédents coms pour applaudir! Flatterie, « gagnant-gagnant », et tout le reste: On s’y retrouve…
    Bonne semaine

    Posté par cathy B | octobre 26, 2009, 17:13
  19. génial ! Rien de moins !

    Posté par Alex | octobre 27, 2009, 23:13
  20. Un bien bel article !
    Et ravi au passage de découvrir votre site via une plateforme communautaire d’un opérateur téléphonique…
    Je parcours plus dès qu’un peu de temps, car beaucoup de choses et réflexions intéressantes par ici.
    @ bientôt
    Lyr!C

    Posté par Lyr!C | novembre 2, 2009, 17:46
  21. Merci Anne-Laure, cet article est fort intéressant et instructif. Savoir coment ça se passe de « l’autre côté »…

    Posté par Viviane | novembre 7, 2009, 2:24
  22. Merci beaucoup pour toutes ces infos très intéressantes.

    Posté par manu | novembre 18, 2009, 12:58
  23. Le 1er argument m’a fait penser à Schmap

    Posté par rikyu | novembre 18, 2009, 21:59
  24. Très bon article, très complet !! Rien de pire que de se rendre compte a posteriori qu’on s’est fait « dépossédé »…
    Et pour lutter contre ces pratiques scandaleuses, en être conscient est un excellent début !
    Merci encore !

    Posté par Christophe | novembre 24, 2009, 12:04
  25. Merci pour cet article tres bien construit et tres instructif.
    Je vais me coucher ce soir mon ignorant et ca n’a pas de prix.

    Posté par pinkbOnO | janvier 8, 2010, 14:07
  26. [...] article intitulé « Comment se faire chiper ses droits d’auteur ». Un article (qui a inspiré celui ci) à lire et à relire. Je vous recommande d’ailleurs la lecture de [...]

    Posté par La Photo Live » Blog Archive » Les droits d’auteur | juillet 22, 2010, 18:07
  27. Tres bon article d’une rare qualité ! Trés interessant et malheuresement un trop bon reflet de la realite

    Posté par Michael vauclare | juillet 27, 2010, 7:52
  28. Je viens de lire quelque chose sur les petits clients. Ceux sont justement ceux-la qui ne connaissent pas (ou ne veullent pas payer à) la juste valeur des photos (les grosses structure, de part leur visibilité et la perennité de leur image de marque, sont bien plus soucieuces de jouer le jeu. Les moyens le permettent aussi surement …)

    Posté par Michael vauclare | juillet 27, 2010, 8:00
  29. Cas vécu :
    je précise que je ne suis pas photographe professionnel.

    Pour les 24h ___ de Paris (évènement sportif), j’ai demandé à l’organisateur une accréditation, en contre-partie, de quelques photos (pas question de rémunération ici)…
    Précision : à l’époque, l’organisateur travaillait dans la même grosse société que moi et je l’ai connu à travers les activités du comité d’entreprise.

    Celui-ci m’a accordé l’accréditation, en me précisant que des photos de ___, ils en avaient largement assez (et faites par des « vrais » photographes), mais que, par contre, ils manquaient de photos des coulisses.
    Comme ils étaient souvent sollicité par les concurrents, ils seraient ainsi possible pour l’organisation de leur offrir des souvenirs…
    Soit, accord amiable mais verbal.

    Pendant 24h donc, j’ai fait de mon mieux pour à la fois, répondre à sa requête et me faire plaisir avec des photos de ___.
    Après quelques temps, je communique un CD à l’organisateur avec mes meilleures photos, à la fois des coulisses et des ___.

    Plus de nouvelles jusqu’à la nouvelle édition de la compétition dont je découvre l’affiche…
    L’affiche (format A3) était constituée presque en intégralité d’une de mes photos, non seulement sans mon nom, mais en plus, avec le nom de la société organisatrice en copyright !
    Je fais évidemment part de mon étonnement à l’organisateur, lui rappelle ses paroles, et aussi que les « vrais » photographes ne travaillent pas que pour la gloire…
    Je lui précise que la moindre des corrections aurait été qu’ils mentionnent mon nom dans le copyright, et que j’aurais été satisfait.

    Il le prend très mal et m’explique qu’ils ont toujours procédé de la sorte avec les photos.
    Il pousse même le vice jusqu’à me menacer de me dénoncer à mon entreprise pour activités rémunérées en utilisant le matériel du CE…
    La connerie n’a pas de limite.

    Posté par Christophe (un autre) | avril 16, 2011, 13:34
  30. Ah oui, j’ai oublié de préciser que sur l’affiche, il s’agissait d’une photo de ___.
    Normal.

    Posté par Christophe (un autre) | avril 16, 2011, 13:37
  31. Merci à tous pour vos réactions et commentaires ! J’espère que cet article vous aidera à avoir mieux en tête la valeur de vos images et les arguments de choc pour les défendre !!

    Michael, je suis loin d’être sûre que les gros clients soient plus réglo que les petits. J’aurais plutôt tendance à penser qu’ils se croient tout permis, on suffisamment de budget pour engager un avocat au cas où, et, ayant bien les moyens, ont encore plus envie de jouer les radins !! Je ne sais pas si l’on peut dire que j’ai vraiment eu affaire avec des très gros clients, mais mes gros clients ont souvent été moins respectueux que les petits…

    Christophe, malheureusement, ce genre de récit n’étonne plus et devient de plus en plus récurrent… Dans ces cas-là, la mauvaise foi est de rigueur et c’est vraiment rageant !! J’espère que cette mauvaise expérience vous poussera à être plus vigilant avant de donner vos fichiers une prochaine fois !…

    Méfiez-vous aussi des concours photo aux clauses vraiment abusives ! Voir sa photo utilisée alors que l’on n’a même pas gagné le concours ni été rémunéré pour cela, c’est inadmissible ! Parfois même, le concours est payant et votre photo sera utilisée par la suite gratuitement par l’organisateur voire ses sponsors, voire les entreprises de la même boîte etc !! Attention, ne vous faites pas avoir !
    Certains photographes appellent par exemple à boycotter « Terre Sauvage » pour cette raison…

    Il y a encore beaucoup à faire pour défendre nos images !

    Posté par Anne-Laure Jacquart | avril 18, 2011, 11:35
  32. Je suis d’accord avec toi, mais lorsqu’il y a des plaintes car on a copier une photo prise par un photographe où l’on est dessus, bien visible, je pense que les droits à l’image doivent être aussi misent en avant, et ne pas crier à de l’abus..

    Posté par MORGAN | avril 20, 2011, 22:08
  33. La règle, c’est le respect entre tous : pour le photographe, demander d’autorisation aux personnes qu’il photographie, en cas d’utilisation, même si elles n’ont pas de « mérite » dans la réussite des photos et pour le modèle, demander l’autorisation aussi pour utiliser les images sur lequel il apparaît.

    Attention, le droit à l’image ne stipule pas que le modèle peut faire ce qu’il veut des photos comme par exemple les mettre sur internet ! Il est une restriction pour le photographe plus qu’un gain pour le modèle.

    Posté par Anne-Laure Jacquart | avril 21, 2011, 23:53
  34. [...] Comment se faire chiper ses droits d’auteur en 7 leçons (un article très intéressant sur la propriété intelectuelle de l’image …) [...]

    Posté par Conseil de lecture photo : Anne-Laure Jacquart, un site à visiter absolument « climat63 | février 24, 2012, 18:06
  35. Bonjour Anne-Laure,
    Excellent article ! Je vais bientôt débuter mon activité professionnelle et c’est pas facile de déterminer ce qu’on peut faire avec les droits d’auteur. Merci beaucoup pour cet article !

    Posté par Aurélien Maillet | décembre 5, 2012, 14:15
  36. Merci Anne-LAure Jacquart pour ce partage. je suis débutant en passe de passer professionnel.
    J ais déjà fait se type de rencontre et je suis plié de rire quand je leurs met les textes de lois devant leur yeux sur les droits d’auteur, en leurs disant que je voudrais bien, mais les juges ils veulent pas.
    Je ferais une page sur mon blog pour relayer les connaissances que tu partages avec nous. merci.
    Je mettrais aussi un lien pour indiquer la source des texte utiliser sur mon blog
    encore merci

    Posté par rolmac | janvier 12, 2013, 1:29
  37. [...] Comment se faire chiper ses droits d’auteur en 7 leçons | Au Présent du Subjectif [...]

    Posté par Les liens photo - Juin 2011 | sfphotos.fr | janvier 16, 2013, 16:37
  38. Bien pensé, bien dit et la vidéo est assez efficace aussi.
    Il est difficile de vivre de son activité de photographe auteur, surtout au début car on en vient à douter. Ai-je raison de ne pas lâcher ? Cette lecture confirme et donne clairement des arguments qu’on a tendance parfois à oublier. Il faut s’armer, gentiment et batailler pour se faire rémunérer et que les droits soient respectés.
    Merci !

    Posté par Claire DEFOSSE | février 12, 2013, 11:16

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