J’ai remarqué, en particulier en donnant mes cours de photographie gastronomique, que certains photographes semblent avoir une certaine « crainte de leur sujet ».
Ils mettent une distance entre eux et ce qu’ils photographient.
Or je crois que les meilleures photos se font en « rentrant dans le sujet ».
Il faut croire que je dois être sensible aux pâquerettes !!
L’année dernière, à la même époque, je vous suggérais de vous coucher dans l’herbe, vous rouler dans les champs pour voir la vie au ras des pâquerettes…
Cette année, je vous les présente en vue plongeante et j’ai bien envie de vous suggérer :
Pourquoi ne pas voir le printemps… en noir et blanc ?
Je crois que l’on a trop tendance à être fatalistes, en photographie comme ailleurs.
Combien de fois j’ai entendu ou lu sur un site « Bien sûr le camion à l’arrière plan ne fait pas très chouette mais bon, je ne pouvais pas enlever le camion, alors tant pis ! ».
Quel dommage d’être aussi résigné sur le contenu de ses images !!
La Composition est une forme de mis en scène. lNous pouvons presque placer les éléments à notre guise tant les choix photographiques que nous avons sont riches et diversifiés.
Le contre-jour est l’une des situations lumineuses les plus riches pour le photographe.
Lorsque le soleil est derrière nous et qu’il éclaire ce qui nous fait face, la lumière semble tout envahir…
Peut-être montre-t-elle trop de choses…
Quand, au contraire, nous regardons le soleil en face, la lumière semble beaucoup plus dirigée. Le choix d’angle de vue est franc (face à la source lumineuse), ce qui nous conduit forcément à faire des images plus marquées, où notre intention est plus claire.
Transparence, brillance, ombres au premier plan, artefact lumineux, le contre-jour est plein de potentiel créatif !
J’évoquais hier, dans le cadre d’un suivi, la difficulté d’aller au delà de la carte postale…
Voici un des petits trucs qui peuvent, selon moi, nous aider à faire des photographies qui vont au delà de l’hommage à un lieu, un monument, une personne : Il s’agit de montrer moins pour exprimer plus !
Ce conseil me semble valable selon trois aspects.
Composer. Voici l’une des tâches les plus décisives du « créateur de photographies ».
Avons-nous vraiment conscience de tout ce que cela implique ?
La composition nous évoque bien plus souvent l’application d’une ou deux règles conseillées qu’un acte de création en tant que tel…
Et pourtant, COMPOSER, c’est former un ensemble à partir de différents éléments.
Associer, assembler.
J’aime travailler la matière.
La texture, le relief, c’est ce qui crée la plus forte accroche visuelle.
Bien sûr, un bel uni bien propre est passionnant également à travailler.
Cependant, cela n’a pas le même charme que la recherche d’une texture qui contribue à donner un aspect expressionniste à nos photographies.
Le concept même d’instant décisif, cher aux amateurs de photographie, hérité de la photographie humaniste et des photo-reporters est parfois trompeur.
Cette idée met l’accent sur une certaine instantanéité de l’image. Il s’agit d’un moment précis à saisir grâce à l’appui sur le déclencheur. Ainsi, nous nous percevons à l’affut, traquant le sujet et déclenchant dans la foulée sur un labs de temps proche du soixantième de seconde.
Or la photographie n’est pas une discipline aussi instantanée qu’on le pense. Elle est faire d’anticipation, de réflexion… de patience et de persévérance.
L’expressivité photographique est un domaine bien vaste.
Elle est étroitement liée à toutes les émotions que l’on peut ressentir devant une image, de la plus discrète à la plus ravageuse, de la plus intime à la plus étrangère, de la plus évidente visuellement à la plus ténue…
J’ai commencé une série de diptyques il y a quelques semaines avec l’idée d’exprimer quelque chose d’assez indéfinissable… Le genre de chose qui, justement, peut avoir besoin d’images quand les mots semblent un peu pris de court.
Comme promis, je vais vous parler un peu plus en détail de cette petite manie que j’ai de souvent photographier en conditions de lumière limite, voire quasiment dans le noir.
Parfois, j’ai même l’impression que les « bonnes lumières », celles qui ne posent pas de problèmes d’exposition, sont tristes et banales. Personnellement, je préfère bien souvent les lumières pourries !!!
Certains photographes gravissent l’Everest pour une image, d’autres partent en trekking en Alaska, les doigts gelés sous leurs gants, crispés sur l’objectif…
D’autres encore attendent 4 heures, immobiles, l’arrivée d’un oiseau, dans une planque à l’allure militaire…
Eh bien moi aussi, figurez-vous, je suis une photographe de l’extrême !!
Je photographie dans le noir.
A coup sûr, vous l’avez déjà entendue.
La fâââmeuse théorie de la focale fixe qui prouve par A + B qu’ « une focale fixe, c’est mieux ».
Mieux qu’un zoom, accessoire diabolique qui vous cimente les pieds au sol et vous change illico en un photographe paresseux et traînard ! ;)
Grosso modo, le principe s’énonce comme ceci : « La focale fixe, c’est mieux car ça nous oblige à bouger, à nous avancer, à tourner autour du sujet. »
Car, c’est bien connu, avec un zoom, il suffit de zoomer et la photo se fait.
Cette photographie a une histoire toute simple.
Elle est prise sur mon boulevard.
Je sors poster une lettre au coin de la rue, non sans avoir vérifié que mon petit compact, mon compagnon de tous les instants est bien au chaud au fond de mon sac.
Tiens, c’est sympa ces coulures blanches sur les parpaings !
Il faut dire que mon boulevard porte les stigmates d’un futur passage de tram.
Ce bout de rue que vous contemplez n’a plus que quelques semaines à vivre… un vrai instant décisif !! ;)
Maisons abandonnées, graffitis, fenêtres murées, mon boulevard se montre sous son plus mauvais jour pour que j’aie davantage envie de le photographier, moi qui aime les ambiances.
Au fur et à mesure de mes essais de cadrage, un mot apparait dans le champ…
Le choix du matériel est une problématique très présente en photo. Je commence donc ce nouveau thème par un sujet peu traité mais passionnant : la photographie au compact.
Ce petit appareil passe-partout et maniable a sans conteste de sacré avantages…
Arrêtons-nous quelques minutes pour en prendre conscience !
En photographie couleurs, l’une des propriétés à toujours garder en tête lors de nos prises de vue est la cohérence de teintes.
A nous de savoir repérer les véritables cadeaux qui sont sous notre nez !
Dans certains cas, vous en resterez bouche bée.
A croire qu’un petit malin s’est effectivement baladé avec un pot de peinture !! ;)
J’avais fait deux constats au départ…
De ces constats a germé une idée : le suivi photographique personnalisé que je vous propose aujourd’hui. Le principe est tout simple. Vous m’envoyez chaque semaine une photographie et je vous propose en retour une analyse complète de votre image ainsi que des conseils personnalisés pour progresser.
Parfois également une suggestion de recadrage ou de retouche, un petit « exercice photo » à faire, ou tout autre petite chose qui peut vous aider à évoluer, avancer dans votre pratique photographique.
Je préparais les illustrations de mon futur (et déjà célèbre !!) article sur la cohérence de couleurs quand je suis tombée sur cette photo datant de février 2005, assez adaptée au sujet. Cette image, pourtant considérée à l’époque comme aboutie, je la trouve à présent tordue, bancale et bien peu rigoureuse.
Ni une ni deux, je l’ouvre, effectue une rotation, une torsion, un recadrage (ainsi que quelques autres bricolettes que les plus attentifs d’entre vous remarqueront sans doute)… et voilà le travail !
J’avoue être toujours aussi impressionnée par ce genre de comparatif.
Avant / Après … presque une transfiguration non ?!
C’est incroyable le gain visuel que l’on peut obtenir avec un peu d’attention à la prise de vue et au post-traitement.
Le photographe aime chercher midi à quatorze heures et, le plus souvent, n’interprète pas de la bonne manière le potentiel dépaysant de cette activité.
Il rêve de contrées lointaines aux lumières incroyables, de filles superbes… Il veut Schumacher en personne au volant d’un bolide, un tigre blanc de Sibérie dans son 900 mm stabilisé ouvrant à 2.8 (!!) et pense que le jour où la vie lui donnera enfin l’opportunité de faire le tour du monde, il fera le reportage de sa vie.
C’est cliché, mais c’est un peu vrai !… ;)
Et pourtant, la bonne photo est à votre porte. Sans doute même, elle est chez vous !
Posée sur votre bureau peut-être, cachée dans votre cuisine, guettant entre votre domicile et la boulangerie la plus proche, elle espère que vous la remarquiez enfin, au bout du 3849ème coup d’oeil indifférent dans sa direction.
Il y a, en photographie couleurs, des images dont la teinte n’est que la caractéristique d’un objet, celles où elle est un révélateur d’ambiances… et puis il y a les autres.
Ces photographies où la couleur est notre véritable déclencheur, voire le sujet de l’image.
C’est ce dernier cas qui m’a donné envie de sortir mon appareil pour immortaliser un matériel de peinture tout à fait improvisé !
Comme pour chacun des actes de la vie, faire de la photographie signifie faire des choix.
N’est-il pas formidable d’avoir le choix ?!
N’est-ce pas ce qui rend nos photographies réellement… subjectives ?!
Les choix, facilement identifiables, que font les photographes constituent la partie émergée de l’intention photographique.
On ne le répète jamais assez, je crois : on est rarement assez près du sujet.
Pour la proximité, les fabriquants d’appareils nous ont mâché le travail, ils ont nommé « mode fleur » le mode macro, qui permet de s’approcher le plus près possible du sujet avec son appareil.
Mais la proximité ne fait pas tout.
Alors, mon conseil pour ce « printemps été » qui s’annonce pourrait s’énoncer ainsi : « Photographiez au ras des pâquerettes et jouez à fond « l’effet jungle » !! »
Le texte est partout autour de nous. Informatif ou publicitaire, il nous inonde et constitue un véritable atout pour nos photographies.
La manière d’intégrer le texte n’est pas non plus anodine : prépondérant dans l’image ou ne se découvrant qu’au second coup d’oeil, les mots prennent plus ou moins d’importance en fonction de notre cadrage.
Texte et image peuvent s’articuler de manières différentes, plus ou moins riches, plus ou moins complexes.
Comme vous le savez, je suis une fervente amatrice de forts contrastes…
Il me semble que le contraste donne une profondeur à l’image, que l’ambiance s’en trouve renforcée.
Mais il y a un hic dans cette histoire d’ambiance…
Le noir dramatise l’image.
La voilà donc renforcée, oui, mais presque toujours de sensations négatives.
Je regrette que cette profondeur dans l’image, cette intensité, ne puisse pas servir d’autres émotions que l’angoisse…
Ne pourrait-on pas trouver une autre expressivité dans ce fort contraste ?
De mon lieu de prise de vue de jeudi dernier, je ne peux malheureusement pas encore vous présenter les images… mais cet endroit m’a enchanté, de sa rivière brumeuse… à ses vestiaires !
Cet effet « ombres et lumières« , le graphisme des cintres m’ont donné envie de déclencher.
Cette photo n’a rien d’exceptionnel mais me donne l’occasion de vous confesser… mes obsessions graphiques !!
Je ne sais pas si vous ressentez également ce genre de choses mais, personnellement, j’ai remarqué que certaines formes m’attirent.
Le contraste d’un image correspond à l’écart de densité entre ses teintes les plus claires et ses teintes les plus sombres.
Le contraste d’une image dépend des circonstances de la prise de vue, en particulier de la quantité de lumière présente et de sa direction. On peut également le retravailler au post-traitement.
Notre choix de contraste sera déterminant pour l’impact de notre image et l’émotion transmise !
Eh bien, il est temps d’y venir !
Car photographier la féérie de Noël, se gaver de lumières étincelantes et les retranscrire en images, ce n’est pas une sinécure !…
Voilà quelques informations techniques et pratiques qui seront, je l’espère, utiles pour ceux qui ont peur de rater leurs photos à Noël. Vous trouverez également quelques idées et conseils pour réaliser un reportage varié et marquant de ces fêtes de fin d’année.
Hop ! Suivez le guide.
Aaah que Cartier Bresson et son liseré noir me pardonnent… moi, je suis une adepte du recadrage !!
Bon, je ne recadre pas beaucoup, hein ! Une petite bande par ci, un petit morceau par là.
Toujours en gardant le format homothétique de mon image
Je recadre peu… mais je me rends compte que je recadre presque toujours !
Rechercher une symbolique dans nos photographies, ce n’est pas seulement vouloir faire, une peu prétentieusement, de la photo à message, engagée…
Il s’agit, tout simplement, de donner davantage de sens à nos images.
Tout ce que nous pouvons voir sur nos photos, ce sont des choses concrètes : des objets, des lieux, des gens …
Cela signifie-t-il que nous ne pouvons que montrer, décrire ? Bien sûr que non !
La photographie peut, évidemment, exprimer des notions abstraites.
Sur une idée de Bernard, du très bon site Histoire de voir, je vous propose une réflexion sur le format carré.
En quoi ce format est-il particulier ? Quelles possibilités photographiques offre-t-il ?
L’article technique d’aujourd’hui traite donc du portrait.
Comme vous l’aurez peut-être remarqué, ce n’est pas mon sujet de prédilection !
C’est justement pour cela qu’il me semble intéressant d’écrire cet article, après une réflexion qui m’a permis de comprendre (en partie) mes réticences au sujet du portrait et m’a conduit à en faire davantage.