Me voici de retour ! Vraiment merci à tous qui êtes venus me voir. Quelles belles rencontres ! Merci aussi à ceux qui ont suivi le Salon à distance via Facebook. Voici une petite rétrospective, sous forme de « mosaïques photo ». :)
Eh bien, qui sait où cela peut nous mener, la photographie ?
Moi, cela m’a entraîné à me retrouver sur votre table de chevet ou de salon, ou dans votre sac photo, mais aussi dans un livre… de philosophie !
Cette fois-ci, la « Boîte à Photos », regroupement de blogs francophone parlant photographie, nous propose de réfléchir à ce qui se passe « Avant de déclencher ».
A cette occasion, je me suis rendue compte que j’avais oublié de relayer ici un article que j’ai écrit pour Questions Photo, il y a quelques mois.
Cet article traite justement de la conception d’image, de ce qui se passe dans notre tête avant de déclencher et qui détermine la qualité de la photo réalisée. Pour compléter cet article, je voudrais vous donner ce conseil tout simple : avant de déclencher, ayez une idée ! En effet, bien souvent on se contente d’une pensée du style « tiens, je vais photographier ça ! »… mais cela ne suffit pas pour attiser notre feu créatif ! ;)
NB : Pour mieux profiter de l’article, je vous conseille de le lire au fur et à mesure, tout en découvrant les images :)
Dans cet article, j’ai souhaité vous présenter différentes images issues d’une prise de vue sur un sujet précis, un parc dans lequel se trouve un château, un lac et un cygne, selon une gradation expressive.
Ce ne sera, je pense, une surprise pour personne, que de m’entendre dire que la perfection technique n’est pas mon dada. Non seulement elle est loin d’arriver au premier rang des critères qui font, à mon humble avis, une bonne photo, mais je suis convaincue qu’elle est parfois un frein à la vraie qualité de l’image. C’est dans ce contexte que je recherchais, depuis plusieurs mois, une stratégie technique, en réaction au rendu net, précis et un peu sans âme de nos photos numériques.
Un semblant de Holga, Diana, Pola (et caetera !…) dans mon boitier à carte mémoire ?! Je pense avoir trouvé un embryon de réponse à travers cet objectif minuscule, imparfait et léger dont j’ai doté mon Lumix GF1.
Il faut bien l’admettre, la plupart des images réalisées de par le monde sont descriptives. Elles ont alors pour but premier de montrer un sujet, bien souvent sans y apporter de plus-value : le souci majeur consiste au contraire à s’approcher au plus près de ce qui nous semble être la réalité. Bien entendu, de nombreux photographes vont plus loin et s’aventurent dans la photographie créative. Nous rendons ainsi hommage au sujet selon une approche personnelle, originale. Qu’en est-il, alors, de ce que j’appelle « la photo imaginative » ?! Cette fois-ci, il ne s’agit plus d’interpréter mais, au contraire, de détourner !
Je suis une fervente partisane du post-traitement.
Sans ce petit grain de sel, je trouve que nos images manquent souvent un peu de saveur… Pour moi, la vraie problématique n’est pas, encore une fois, technique. Bien retravailler une image ne signifie pas savoir utiliser un logiciel mais s’en servir comme tremplin : ce qui compte étant toujours l’expressivité qui en ressort !
Pour illustrer cela, voici deux retouche complètement différentes de cette image.
Je suis convaincue qu’il est essentiel de photographier avec intention. L’impact visuel de nos images s’en ressent ainsi que le sens qu’elles véhiculent. Est-ce que, pour autant, la signification de nos images s’avère limpide et définie ? Bien souvent, non, car chacune des personnes qui visionne l’une de vos photographies a un vécu différent, elle perçoit les choses avec sa propre sensibilité. Personnellement, j’aime que l’on interprète mes images et qu’on leur donne une autre vie, un autre sens que celui que j’avais imaginé au départ. Pour cette raison, il est délicat de donner un titre à ses photos car s’il propose un axe de lecture trop directif, il fait perdre un peu de rêve, de liberté et d’imagination au spectateur… C’est pourquoi j’aimerais vous proposer de choisir vous-même un titre pour cette image et de nous raconter l’histoire qui s’y associe.
Benoît Marchal, photographe et animateur du site Declencheur.com m’a fait le plaisir de me contacter, il y a quelques temps, pour une interview audio.
Nous avons donc parlé de « Composez, réglez, déclenchez ! La photo pas à pas » mais aussi et surtout, de photographie !
Ooops ! Juste après avoir photographié un contre-jour violent pour lequel j’avais fermé le diaphragme à f/11, je suis rentrée dans cette boutique et ait eu envie de photographier ce mannequin grandeur nature qui prenait une pose rêveuse au milieu des tissus…
Est-ce que, pour autant, j’ai pensé à changer d’iso et de diaph ?! Que nenni !! A vous, cela arrive aussi ?!
Eh oui, comme vous, j’ai mes moments de rêverie et parfois, comme ici, il s’accompagnent de poésie…Cette image me rappelle un mot de Bernard Plossu, il y a un an et demi, lors de son intervention au Salon de la Photo. « C’est vrai qu’il y a des photos ratées qui sont bonnes »…
Je photographie beaucoup de choses, mais, le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne suis PAS une photographe animalière ! J’aime pourtant photographier les petites bébêtes que nous côtoyons quand l’occasion se présente, souvent des insectes communs ou des animaux de compagnie mais je ne suis à la recherche d’aucune performance photographique. L’espèce [...]
Comment résister à un ciel flamboyant, au dessus de la mer ou de la ville ? Les couchers de soleil (voire les levers, pour les matinaux) constituent un sujet visuellement fort, coloré, contrasté… inimitable ! Ainsi, bien souvent on se laisse tenter, non ? Et fatalement, on retombe sur cette impression de vu et revu. Cette saturation agressive, pourtant naturelle nous conduit au cliché.
Je l’ai déjà affirmé ici. J’aime caractériser une personne de manière détournée.
De dos, en ombre, en silhouette… Je coupe les visages et apprécie particulièrement d’associer un regard à un geste.
Récemment, je me suis rendu compte qu’un cas particulier revenait fréquemment dans mes images : la présence d’un visage, en partie masqué, le plus souvent par un geste.
J’évoquais hier, dans le cadre d’un suivi, la difficulté d’aller au delà de la carte postale…
Voici un des petits trucs qui peuvent, selon moi, nous aider à faire des photographies qui vont au delà de l’hommage à un lieu, un monument, une personne : Il s’agit de montrer moins pour exprimer plus !
Ce conseil me semble valable selon trois aspects.
L’expressivité photographique est un domaine bien vaste.
Elle est étroitement liée à toutes les émotions que l’on peut ressentir devant une image, de la plus discrète à la plus ravageuse, de la plus intime à la plus étrangère, de la plus évidente visuellement à la plus ténue…
J’ai commencé une série de diptyques il y a quelques semaines avec l’idée d’exprimer quelque chose d’assez indéfinissable… Le genre de chose qui, justement, peut avoir besoin d’images quand les mots semblent un peu pris de court.
Comme pour chacun des actes de la vie, faire de la photographie signifie faire des choix.
N’est-il pas formidable d’avoir le choix ?!
N’est-ce pas ce qui rend nos photographies réellement… subjectives ?!
Les choix, facilement identifiables, que font les photographes constituent la partie émergée de l’intention photographique.
Le texte est partout autour de nous. Informatif ou publicitaire, il nous inonde et constitue un véritable atout pour nos photographies.
La manière d’intégrer le texte n’est pas non plus anodine : prépondérant dans l’image ou ne se découvrant qu’au second coup d’oeil, les mots prennent plus ou moins d’importance en fonction de notre cadrage.
Texte et image peuvent s’articuler de manières différentes, plus ou moins riches, plus ou moins complexes.
Comme vous le savez, je suis une fervente amatrice de forts contrastes…
Il me semble que le contraste donne une profondeur à l’image, que l’ambiance s’en trouve renforcée.
Mais il y a un hic dans cette histoire d’ambiance…
Le noir dramatise l’image.
La voilà donc renforcée, oui, mais presque toujours de sensations négatives.
Je regrette que cette profondeur dans l’image, cette intensité, ne puisse pas servir d’autres émotions que l’angoisse…
Ne pourrait-on pas trouver une autre expressivité dans ce fort contraste ?
Rechercher une symbolique dans nos photographies, ce n’est pas seulement vouloir faire, une peu prétentieusement, de la photo à message, engagée…
Il s’agit, tout simplement, de donner davantage de sens à nos images.
Tout ce que nous pouvons voir sur nos photos, ce sont des choses concrètes : des objets, des lieux, des gens …
Cela signifie-t-il que nous ne pouvons que montrer, décrire ? Bien sûr que non !
La photographie peut, évidemment, exprimer des notions abstraites.
J’ai découvert il y a quelques jours, « La cité des enfants perdus » que je n’avais (shame on me !) pas encore vu. Et, décidément, certains films sont visuellement aussi riches qu’une suite de photographies en mouvement…