Le concept même d’instant décisif, cher aux amateurs de photographie, hérité de la photographie humaniste et des photo-reporters est parfois trompeur.
Cette idée met l’accent sur une certaine instantanéité de l’image. Il s’agit d’un moment précis à saisir grâce à l’appui sur le déclencheur. Ainsi, nous nous percevons à l’affut, traquant le sujet et déclenchant dans la foulée sur un labs de temps proche du soixantième de seconde.
Or la photographie n’est pas une discipline aussi instantanée qu’on le pense. Elle est faire d’anticipation, de réflexion… de patience et de persévérance.
Il y a un an, j’entamais ce projet dont je vous ai beaucoup parlé depuis : l’illustration de l’ouvrage « L’école de cuisine aujourd’hui« . Ce livre destiné aux écoles hôtelières présente à la fois des photographies de plats gastronomiques, des pas à pas culinaires et des portraits de « grand chefs ».
C’est ainsi que je suis partie aux quatre coins de France rendre visite à Marc Haeberlin, Jacques Lameloise, aux frères Pourcel etc pour photographier ces chefs renommés en cuisine, faire quelques portraits, témoigner visuellement de leur expérience professionnelle pour les élèves en écoles hôtelières.
Ces photographies ne pouvant bien entendu pas être divulguées avant la sortie du livre, j’ai gardé ces reportages pour moi. C’est avec grand plaisir que je vous fais partager ces expériences passionnantes.
Aujourd’hui, cap sur Chagny en Bourgogne chez Jacques Lameloise !
Ces photos ont été prises en 2005 (comme le temps passe !) mais j’avais envie de les remettre au goût du jour pour vous les présenter.
Un peu à la manière de « L’histoire d’une photo », mais en mode « flash back », cela me permet de vous raconter quelques anecdotes photographiques de ces deux jours un peu fous en compagnie d’Adriana Karembeu, à l’occasion de la journée nationale de quête pour la Croix Rouge.
Cette photographie a une histoire toute simple.
Elle est prise sur mon boulevard.
Je sors poster une lettre au coin de la rue, non sans avoir vérifié que mon petit compact, mon compagnon de tous les instants est bien au chaud au fond de mon sac.
Tiens, c’est sympa ces coulures blanches sur les parpaings !
Il faut dire que mon boulevard porte les stigmates d’un futur passage de tram.
Ce bout de rue que vous contemplez n’a plus que quelques semaines à vivre… un vrai instant décisif !! ;)
Maisons abandonnées, graffitis, fenêtres murées, mon boulevard se montre sous son plus mauvais jour pour que j’aie davantage envie de le photographier, moi qui aime les ambiances.
Au fur et à mesure de mes essais de cadrage, un mot apparait dans le champ…